Dumpster diving, déchétarisme; éviter le gaspillage

À Montréal pour quelques jours et en train de penser aux projets que nous allons mener dans les mois à venir, j’avais pour mission d’aller chercher de la farine pour faire le pain ce soir. Je me promenais dans Villeray en direction de l’épicerie zéro déchet tout en me disant que je pourrais peut-être faire les ruelles en m’y rendant, passer derrière les commerces voir ce que je pourrais y trouver. Bonne pioche! 1 coin de rue avant ladite épicerie, une boulangerie à fait mon bonheur. J’y ai trouvé des caisses d’une tartinade aux noisettes qui fera le bonheur d’une demoiselle, mais aussi une quantité astronomique de pain! Puis soulevant le tout, j’y ai trouvé une poubelle remplie de légumes frais.

Des caisses de tartinades aux noisettes… la poubelle verte à droite en était remplie également

J’en ai rempli une caisse et me suis doucement dirigé vers l’appartement en me faisant une liste de ce que j’avais encore besoin pour ce soir. Tout d’abord, primordiale, du vinaigre blanc afin de laver les légumes, on en mélange un peu avec de l’eau et plein de légumes que l’on pensait impropres à la consommation sont comme neuf pour votre assiette! Il nous faudra des fruits également, il n’y en a plus. 

Du pain pour la semaine! On remet un peu d’eau dessus et au four!

 

 

 

J’ai déposé les légumes à l’appartement et me suis dirigé au Provigo à quelques rues d’ici. Afin de continuer sur ma lancée, je suis passé par-derrière voir si les poubelles étaient accessibles. Pas de chance un compacteur à déchets… Je passe mon chemin, mais juste derrière je vois une poubelle avec des chaines. On peut soulever un peu et là…. une mine d’or 🙂 Je n’aurais finalement que du vinaigre et de la confiture à acheter. 

Dumpster diving en anglais, déchétarisme en français

dumpster diving, poubelle légume

Une poubelle de supermarché, triste…

Le gaspillage alimentaire est une des grosses problématiques de notre mode de consommation, il est plus avantageux pour un magasin de jeter que de donner. Nous produisons tellement qu’il y a un surplus d’invendus qui finisse dans les poubelles. Depuis des années maintenant, dans les milieux urbains surtout, de plus en plus de monde profite de tout ce gaspillage pour se nourrir gratuitement. Une revendication politique, pourquoi consommerions-nous alors que vous gaspillez? Nous le faisions parfois à Québec, il y a quelques magasins, quelques supermarchés qui ont les poubelles accessibles, il faut en profiter. Cela peut rebuter, car ça vient des poubelles, mais une fois lavé, il n’y a pas à s’en faire. Il faut toutefois rester vigilant, car des magasins mal intentionnés ont la fâcheuse manie de mettre de l’eau de javel dessus afin que personne ne puisse les consommer. 

45 % de ce qui est produit au Canada sera destiné à finir dans une poubelle

Alors que dans les pays pauvres et en voie de développement le gaspillage est souvent à la source, dans les pays riches, c’est au niveau des consommateurs que se trouve le gaspillage. Notre mode de consommation nous pousse parfois à tellement accumuler que nous ne savons plus ce que nous avons et des choses peuvent arriver à pourrir. 

Glanage et grappillage

Ce n’est pas un phénomène nouveau, même si lorsque l’on parle de « dumpster », c’est l’image plus urbaine qui nous vient. Il existe même deux mots bien distincts en français pour parler de cela. On fait du glanage lorsque l’on ramasse les légumes laissés par les agriculteurs dans leurs champs et on parle de grappillage quand on va cueillir les fruits restant sur les arbres. Alors que l’on s’occupe de ce que l’agriculteur a laissé sans forcément le vouloir, c’était quelque chose d’apprécié, car le glanage permettait de nettoyer le champ avant de pouvoir ressemer.  Agnes Varda en a fait un excellent documentaire : Les glaneurs et la glaneuse.

Glaner sa nourriture dans les poubelles ce peut être pour des raisons économiques, mais ce peut aussi être comme un acte politique. Voir la montagne d’aliments jetés peut parfois donner la nausée quand on sait le nombre de personnes qui souffrent de maltrunition ou alors qui n’arrive pas à se nourrir correctement. Chaque tomate prise dans une poubelle, c’est comme une petite victoire, encore une qui aura une chance de faire du compost!

Un groupe d’étudiant de l’université Laval se réunit une fois par semaine pour faire les poubelles dans Québec et cuisiner ensemble. Cela afin d’offrir gratuitement un repas aux étudiants. C’est environ 60 à 80 étudiants qui peuvent ainsi profiter d’un bon repas. Pour plus d’infos, allez voir la page du Collectif de minuit.

L’escargot et Horizon iront voir dans les autres villes si la pratique du dumpster est aussi courante que cela et quelles sont les facilités pour. Ce pourra surement être une bonne entrée en matière pour découvrir de nouveaux projets de transition.

Lien pour marque-pages : Permaliens.

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