A la rencontre du groupe de transition Cowichan, île de de Vancouver, Canada

Le samedi 13 octobre dernier, nous rencontrons Sandy et Jane, deux femmes passionnées qui sont engagées dans le groupe de transition Cowichan. Assis à la table d’un petit café local, à côté du farmer’s market qui a lieu tous les samedis matin, nous explorons à travers diverses questions le développement de ce groupe de transition.

Présentation de Sandy et Jane

Cowichan valley transition group
Jane à gauche et Sandy à droite

Aucune condition climatique n’effraie Sandy, à 67 ans, de se déplacer à l’année longue en vélo dans la vallée de Cowichan. Même en voyage, les vélos pliables sont prêts pour l’expédition, et pour cette année, le déplacement s’est réalisé en cargo, plus d’une dizaine de jours de traversée, avec son conjoint! Elle vit à quinze minutes en vélo du centre ville de Duncan dans une belle maison qui se veut la plus passive possible. Dans un autre article nous reviendrons sur les aménagements réalisés par son conjoint et elle-même, car nous avons eu la chance et le bonheur de partager un souper et un breakfast avec eux.

Il en est de même pour Jane, qui habite à la maganifique Cowichwan Bay, ville qui par ailleurs a été la premiere ville Citaslow du Canada, un mouvement né en Italie. Jane a une expérience de facilitatrice et de coaching pour les personnes, les groupes et les communautés qui souhaitent construire et naviguer dans la transition dans leur vie ou les aider à se mouvoir dans le champ complexe de la collaboration des communautés. Son expertise est alimentée aussi par un background en communication, en soin, en environnement et le développement communautaire.

Les changements climatiques et l’appauvrissement de nos écosystèmes inquiètent nos deux femmes activistes. A la suite des accords de Copenhague* en 2009, Jane n’a pas vu de réels changements de la part des politiques, et décide d’agir elle-même, au niveau local, dans les actes quotidiens de la vie et des choix personnels. Comment faire une différence dans cette société de consommation ? La transition est-elle une solution pour faire la différence ?

biogaz digesteur
Aménagement du digesteur à biogaz de la maison de Sandy

Prise de conscience, Sandy s’est rendue compte à la suite d’un exercice de groupe qui consistait à écrire ses cinq priorités dans la vie, qu’avant la famille, la nourriture, elle pensait à la planète terre et son bien-être. Cette prise de conscience l’a menée à toujours plus s’investir et s’engager dans sa communauté à travers divers actions, divers groupes comme le groupe zéro déchet et le groupe de transition.

 

Avant de poser quelques questions sur le groupe de transition Cowichan, nous avons aussi voulu savoir selon elles, quelles étaient les bonnes avancées de ces dix dernières années qu’elles ont pu voir.

Selon Sandy, il y a eu un gros pas de fait contre les OGM et tout le mouvement contre Monsanto.

Pour Jane, le travail réalisé avec les premières nations est une belle avancée. Une des particularités de la région de Cowichan est que les communautés des premières nations représentent plus de 45% de la population. Maintenant le gouvernement des premières nations et la province de la Colombie Britannique travaillent ensemble sur les questions environnementales, particulièrement les problèmes de l’eau et la nourriture. Par exemple, il y a eu une réintroduction des saumons dans les rivières qui est une des nourriture principale des premières nations.

Origine du groupe de transition Cowichan Valley

En 2009, un groupe de cinq personnes motivées à créer un groupe de transition dans la vallée de Cowichan est allé dans une formation offerte par le groupe de Transition Victoria. A partir de là, le groupe de Transition Cowichan a pris son essor.

C’est une des bases du mouvement en transition: pour démarrer un groupe dans une ville, un village, une communauté il est essentiel d’aller à une formation organisée par une autre ville en transition.

Cowichan bay
Cowichan Bay

En 2010, il y a eu un activité phare qui a propulsé le groupe de transition Cowichan : le 10.10.10. Le 10 octobre 2010, une journée mémorable où plus de 500 arbres fruitiers et noisetiers ont été plantés dans des espaces publics avec l’aide et la participation d’organismes locaux et d’habitants. Par exemple, la SPCA (société de protections des animaux) a planté quelques arbres sur leur terrain. A partir de ce moment là, ils se sont engagés à s’occuper de ces arbres fruitiers. Il n’est pas rare de trouver des arbres fruitiers dans les cour d’église, dans le jardins commaunautaires…qui sont entretenus par les bénévoles des organismes, les résidents des quartiers. La plupart des arbres sont encore en vie. Il y en a seulement certains qui ont été détruits par des cerfs ou asséchés car ils n’étaient pas planté à la bonne place. Cette action a été très pertinente et a consolidé un mouvement en marche, en solidarité, basé sur la bonne humeur et la festivité de ce moment unique.

C’est aussi en 2010 que le groupe de transition Cowichan a développé une charte de développement durable avec différentes organisations et signées par toutes.

Afin de faire un lien entre le social et l’écologie, le groupe de Transition Cowichan a proposé des rencontres pour créer un moment d’échange et de partage d’informations entre les groupes communautaires, travaillant sur les questions sociales et de justice et les groupes environnementaux. Assis autour d’une même table, ils ont pu échanger et partager de l’information sur ce que c’est la pauvreté et les problèmes environnementaux. A travers les différentes rencontres, un questionnaire a été proposé aux résidents de dix différents quartiers pour comprendre si les enjeux climatiques étaient considérés par eux. Il a révélé un fort intérêt et des inquiétudes face aux enjeux climatiques. A la suite de cette enquête, il a été proposé à la population de ces quartiers de mettre en place des actions collectives et individuelles. A la grande satisfaction du groupe de Transition Cowichan, au mois d’octobre dernier, tous les groupes de personnes impliqués continuent leur action à l’échelle de leur quartier. La personne en charge de ce projet a présenté la démarche et les premiers résultats au conseil municipal. Elle a ainsi demandé un budget supplémentaire à allouer au projet expliquant l’intérêt de poursuivre en montrant que le social et le climat sont intrinsèquement lié. Chacun doit avoir sa part de financement de la part du conseil municipal. Ce lien n’était pas évident pour le ce dernier, ce qui interpelle aussi sur l’éducation à apporter autour de ces enjeux sociaux et climatiques à nos politiques.

Voici quelques éléments que nous vous relatons de cette rencontre qui nous a permis de tester aussi nos questions à poser lors des prochaines rencontres et entrevues. Jane et Sandy se sont prêtées au jeu, nous parlant d’elles, de leur préoccupations, leur engagement au quotidien, ce qui les animent. Nous apportant des clés de compréhension, des ressources documentaires à connaitre, elles nous ont permis d’alimenter notre réflexion et d’avoir eu le plaisir de partager un moment avec elles.

La question aux autres groupes :

-Qu’est ce que vous avez trouvé qui a fonctionné pour engager les gens dans votre communauté de manière pérenne et que vous ne vous y attendez pas ?

-Qu’est ce qui a fait de nouvelles connections dans votre communauté ?

 

Boite à outils d’Horizon

Thématique économie – communauté – local

Westholme ferme à thé
Westholme, la seule ferme à thé du Canada

Sandy et son mari ont créé le Cowichan ares local Lending, un système de prêt monétaire pour aider des entreprises locales à démarrer leur projet. Ce sont des prêts individuels proposés par la communauté et chaque personne qui souhaite prêter de l’argent au démarrage de l’entreprise fixe elle-même son intérêt. C’est ainsi que la première ferme de thé, Westholme, au Canada a pu démarrer son entreprise. C’est un réseau basé entièrement sur la confiance et la communication et à ce jour cent pour cent des prêts ont été remboursés depuis le démarrage de ce systeme de prêt monétaire.

 

*Les Accords de Copenhague en 2009 :

L’accord de Copenhague est un accord politique dévoilé par un petit groupe de pays, dont les États-Unis et les pays émergents, au terme de la conférence de Copenhague de 2009 sur le climat. Comme il n’a pas été adopté par celle-ci – 15e conférence des parties(COP15) à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques –, qui s’est contenté d’en « prendre note », l’accord de Copenhague n’a aucune valeur juridique et les pays sont invités à s’y rallier sur une base individuelle.

L’accord de Copenhague contient deux appendices ou seront colligées les cibles de réduction d’émissions des parties à l’Annexe I (les pays développés) et les mesures d’atténuation nationales appropriées des parties non-Annexe I (les pays en développement). Bien qu’il ne contienne aucune cible de réduction contraignante, l’Accord de Copenhague reconnaît l’importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de façon draconienne afin de limiter la hausse de température à 2 °C. Il prévoit par ailleurs la mise en œuvre immédiate de la REDD+ et la création d’un Fonds vert pour le climat devant mobiliser 100 milliards $ US par an d’ici 2020. Source Wikipédia

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