A propos Laurent

Après des études de philosophie, il s’est perdu et s’est retrouvé en Amérique du Sud pendant 2 ans. De retour à Québec, il passera par plusieurs emplois où il ne se retrouva pas. Membre de l’Accorderie de Québec il finira aussi par y travaillé pendant 2 ans. C’est à ce moment-là qu’il commencera à s’intéresser aux monnaies locales et sera un des initiateurs du projet à Québec. C’est aussi à ce moment qu’il sera impliqué au comité Décroissance et Transition des AmiEs de la Terre de Québec et à l’atelier collaboratif La Patente. C’est au cours des ces rencontres et implications que le désir de vouloir faire émerger ces mouvements naitra.

La Patente, un atelier collaboratif à Québec

La PatenteIl y a des endroits où l’on va parce qu’il y a un but précis, il y en a d’autres c’est par habitude, puis finalement il y a ceux où l’on va car on s’y sent bien. Pour moi, La Patente est successivement devenue ces endroits au fur et à mesure de ces deux dernières années. Au départ, sortant d’une courte formation de menuiserie au Centre Jacques-Cartier, je voulais continuer à essayer de créer, c’était le moment où je cherchais à ne plus rentrer dans un bureau. Les premiers résultats apparurent, créer de ses mains, savoir répondre à ses besoins en créant soi-même, c’est un sentiment gratifiant. Avec le temps, les mêmes visages, on commence à discuter un peu plus, aller prendre un verre à la fin de la journée, on se fait des connaissances, des amis. Une envie de créer, d’être entouré de personne que l’on connait, briser parfois la solitude morne de son atelier dans son garage, alors on se dirige vers ce lieu habité, on s’y sent bien.

La Patente

En plein travail!

La Patente est un atelier collaboratif, un makerspace, c’est-à-dire que c’est un lieu où l’on peut se rendre pour aller y travailler en utilisant les outils mis à dispositions. Il y a deux ans c’était le troisième du genre au Québec ; il y avait la Fabrique qui débutait à Sherbrooke et La Remise à Montréal, mais c’était le premier dans la région de Québec. C’est aussi le plus grand. Situé dans le vieux Limoilou, aux abords de la rivière Saint-Charles, limitrophe à Saint-Roch, c’est un atelier en plein centre-ville. Tout a commencé lorsque des amis, pour la plupart étant dans l’organisme communautaire Vélocentrix, cherchaient un local pour celui-ci. Puis, quelqu’un est arrivé avec des outils à donner, l’emballement s’est pris, l’occasion d’avoir le local s’est présentée et voilà qu’une coopérative est montée avec un local et plein d’outils. On résumant rapidement l’histoire, on peut la voir comme cela, je n’étais pas là à cette époque, ce qui est certain par contre c’est qu’il y a eu un temps humain investit important.

Coopérative de solidarité depuis le départ, il faut payer 30 $ de part social afin de devenir membre de La Patente et ainsi d’avoir accès à l’ensemble des 4 ateliers. Une formation de sécurité d’une durée de 2 h est aussi obligatoire avant de pouvoir commencer à venir travailler. Un tour est fait des locaux, une explication des principales machines de l’atelier de bois, ainsi qu’une explication de ce qu’est La Patente. La formation aux outils est bonne pour les personnes complètement novices, mais elle est bonne également pour ceux plus experts, qui ne sont pas habitués à travailler dans un atelier collectif.

4 ateliers

Bois

La Patente

L’atelier le plus fréquenté est l’espace de menuiserie, où une dizaine de personnes peuvent travailler simultanément. Il y a à peu près tout ce que l’on peut espérer trouver pour travailler, certaines machines plus spécifiques ou de précisions peuvent également être apportées par les membres durant leur période de travail. L’atelier est divisé en deux espaces principaux, l’un où se fait le montage et les finitions, les choses plus manuelles, puis une autre partie où se trouve les machines et les outils à poussière (ex : sableuse).

 

Métal

La Patente

Fabriquer ses pièces en métal, un art!

Le deuxième atelier important en terme de taille, c’est l’atelier de métal. Moins utilisé aux débuts de La Patente, il est de plus en plus utilisé, la présence d’un soudeur à temps partiel qui peut vous aider dans vos projets n’y est pas pour rien. La mode est au bois pour sa facilité de travail, le métal est peu utilisé, mais l’usage de La Patente peut permettre de changer cela car tous les outils sont présents.

L’atelier de textile

La Patente

On peut en faire des choses en couture!

Un atelier plus petit, mais qui a des habitués, c’est l’atelier de textile ; machines à coudre, surjeteuse et des tonnes de tissus sont présent afin de vous aider à réaliser votre projet. Certains y font des habits, tandis que d’autres font la finition de leur camion ou la suite du projet débuté dans un autre atelier. (Un banc, ça lui prend des coussins !).

L’atelier d’électronique

La Patente

Côté rangement de l’atelier électronique

Peu utilisé, l’atelier d’électronique est pourtant là. Il ne demande qu’à réhabilité, lors de notre départ un groupe se formait afin de travailler sur les puces Arduino. Une technologie apparemment simple qui permet de faire plein de projets intéressants et pouvant s’intégrer avec les créations en bois et en métal. Mais il y aussi tout ce qu’il faut pour faire son système électrique si vous faire une lampe ou tout simplement pour réparer vos objets qui finiraient aux ordures si on ne sait les réparer.

Peinture

Il existe aussi un cinquième atelier que nous ne comptons pas, mais qui est la salle de peinture. Même si vous avez tous les outils à la maison, c’est rare d’avoir une pièce dédicacée afin de faire du travail au pistolet à peinture. Encastrée dans l’atelier de bois, une pièce close loin de toute poussière et avec l’aération adéquate vous permet de réaliser le travail parfait.

Formations

La Patente

Formation d’initiation à La Patente

La Patente est le lieu du Do It Yoursel à Québec, mais ce n’est pas seulement un énorme espace pour ceux qui savent déjà faire. Une panoplie de formations allant de la fabrication d’un couteau à la création d’un plan en 3D peuvent permettre à ceux moins expérimentés de s’initier à de nouveaux savoir-faire. Et c’est là un des points forts de La Patente, car avec ses centaines de membres, c’est une ressource inépuisable de savoirs qui est présente dans la communauté.

La bibliothèque d’outils

La Patente

Soirée d’inauguration de la bibliothèque

Le 9 mars, La Patente inaugurée la bibliothèque d’outils de Québec, après des mois de travail comme directeur à La Patente, Maxence a fait voir le jour à ce projet. (Nous avons la vidéo de l’inauguration sur notre page Facebook) Le principe de la bibliothèque d’outils nous l’avons vu dans cet article à Toronto. C’est une nouvelle branche que La Patente offre aux citoyens de la ville de Québec. Car bien que la plupart des projets pourraient se faire dans les locaux de La Patente, il y en a qui ne sont pas exportables, par exemple si vous faites des rénovations dans votre maison. Alors il est possible, pour 60 $ par année, de devenir membre de la bibliothèque et d’emprunter des centaines d’objets gratuitement. Que ce soit des outils pour vos travaux, mais aussi de l’équipement de camping ou de cuisine, pourquoi acheter alors que l’on peut emprunter en partageant ?

La Patente, économie coopérative ou modèle social ?

Bientôt 3 ans que La Patente a fait l’acquisition de son local, 3 ans que les membres ont commencé à faire les premiers travaux et aménagements afin de devenir un atelier coopératif. Plus de 2 ans après l’ouverture officielle des locaux et l’adhésion de plus de 400 membres dans la coopérative, peut-on dire ce qu’est exactement La Patente ?

Une coopérative, même si c’est une coopérative de solidarité, est une entreprise qui répond aux besoins de ses membres, c’est sa mission, mais c’est aussi sa mission qui est également le produit de vente qui l’a rend autonome économiquement. La mission de La Patente est de pourvoir un espace de travail à tous ses membres afin de rendre accessible le fait de créer soit même.

Volontariat

La Patente

Volontaires en train d’améliorer le dépouissiéreur

Le volontariat est une part importante de fonctionnement de La Patente, sans cela, elle n’existerait pas. On parle de volontariat, comme de bénévolat, mais en donnant son temps on en retire un avantage. Pour 16 heures données à l’organisme, on peut se rendre quelques jours gratuitement dans les locaux par mois. Même si avantageux, tous ne le font pas dans cette optique. Car donné de son temps c’est aussi une manière de le passer et de transmettre son savoir. Il est possible de faire du volontariat à La Patente directement dans les ateliers, mais aussi par le biais de formation, de réparation sur les machines, d’aider aux œuvres collectives, d’aider dans les bureaux, toute bonne volonté est la bienvenue. C’est la force de cet organisme qui est aussi un projet et une construction collective.

Un espace social, un lieu de rencontre

La Patente

Rencontre d’un comité

Après plusieurs jours de travail dans les locaux, on peut voir plusieurs dizaines de personnes travaillées en même temps que soi. Ce sera tout autant de profil différent que l’on pourra voir ; la jeune entrepreneure, le travailleur de bureau qui fait son mobilier de maison, le professionnel à la retraite, un groupe d’étudiants réalisant un projet scolaire, la personne donnant tout son temps en bénévolat ou alors d’autres cherchant un idéal de vie. À La Patente, on peut rencontrer des gens visant la simplicité volontaire et d’autres ayant tout en double, on peut trouver des gens avec une famille complète et heureuse, puis d’autres se sentant seuls chez soi. La mission première de La Patente est de fournir un atelier à toute cette diversité de population, c’est tout du moins la version officielle. Mais si derrière cela on n’y trouvait pas un organisme étant également un organisme social servant de lien, permettant une mixité sociale, mais aussi de permettre de se trouver une occupation quand on ne sait pas quoi faire ? Si c’était un lieu de passation du savoir, mais aussi un lieu pour quand on a moins d’argent on peut apprendre à faire soi-même pour économiser ? Et si c’était un lieu pour les curieux qui veulent comprendre comment ça marche ? Et si c’était un lieu qui permettait de combler une solitude quotidienne ? Et si c’était un lieu incubateur d’idées nouvelles et d’économie solidaire de demain ? Et si c’était une solution écologique à la consommation à outrance?

La Patente

Un projet d’aménagement public se construit

Une problématique de La Patente lorsque nous avons quitté était encore et toujours le financement. « Facile » de démarrer ; plein de bonnes idées, de soutiens et d’espoirs sont présents, mais le fil du temps avançant c’est plus compliquer de garder tout cela à flot. On attend de l’organisme un équilibre budgétaire, mais en même temps on se réjouit de son apport social auprès de la population. Or, un vrai organisme social, ne fais pas le commerce du pauvre, comme certains peuvent s’en draper. Comment avancée paisiblement quand sa personnalité reste à définir ? Entre le statut OBNL et coopérative, qu’est-ce qui représente le mieux pour cet organisme ? La Fabrique a Sherbrooke est Coop, les autres que nous avons rencontrés sont OBNL. Comment répondre adéquatement à tous ses membres et leurs profils diversifiés ? Est-ce que développer des activités qui rassemblent et renforcent la communauté serait une solution comme nous l’avons vu à Chicago ? Est-ce que la recherche de l’équilibre budgétaire n’amène pas des solutions adéquates avec son statut de coopérative, mais en contradiction avec sa mission sociale ?

La Patente

Un Laurent en réflexion sur son meuble bureau

L’atelier coopératif La Patente est un lieu incontournable pour tout curieux de la ville de Québec, une explosion d’idée peut nous tomber dessus lorsqu’on passe la porte. Un partage de savoir immense est présent entre les membres et le mot clés entre tous est collaboration. Travaillons sur nos projets, mais aidons nous à les faire. Des défis attendent cet organisme, mais sa présence est importante sur le territoire. Bravo et merci à tous les Patenteux rencontrés au cours de ces 2 dernières années. L’Escargot aurait bien eu du mal à se construire sans La Patente!

 

Workaway: première expérience dans un ranch

workaway horizon transition ranch

San Jose Catlle, le premier workaway que nous avons fait avec les récoltes de fraises avant de partir.

Lorsque nous avons pris la décision de partir, nous avions décidé que ce serait un voyage de découvertes. Que ce soit des découvertes de projets alternatifs, mais aussi de personnes et de lieux bien sûr. Ayant travaillé à L’Accorderie tous les deux, l’échange de temps ou alors être dans un principe d’échange de services nous tenait à cœur, nous ne souhaitions pas tout simplement être toujours dans une optique de travail. C’est en faisant quelques recherches et à la lecture de quelques articles que nous avons découvert Workaway ; un site qui allait répondre à nos trois objectifs.

 

Workaway : le principe

En s’inscrivant sur le site de Workaway, vous payez 35 $ pour une personne ou 50 $ pour un couple et cela vous permet d’accéder en tant que « workawayer » à l’ensemble de la liste des hôtes sur le site. Il y en à travers le monde entier. Cela peut aller de la garde d’enfants à New York, s’occuper d’une ferme en permaculture à Mayotte, aider dans un Bed and breakfast en Irlande ou bien dans une écocommunauté au Canada. Nous avons eu aussi un contact avec un hôtel en construction à partir de pièces de vélos, un éco hôtel à Détroit. Les possibilités sont larges, les lieux souvent inédits quand on est un touriste.

Le contrat entre l’hôte et la personne venant aidé est qu’en échange du gîte et du couvert la personne aide,5 h par jours à raison de 5 jours semaine. C’est ce qui est marqué sur le site, c’est une base, mais ce n’est pas toujours comme ça, c’est ensuite un arrangement entre les deux partis. Cela peut être plus une journée et moins l’autre, ou alors plus d’heures simplement ou alors encore des tâches moins prenantes tout au long de la journée. C’est variable et c’est un commun accord entre les deux parties sur ce qui se fera. Un contrat de confiance.

Du côté de l’hôte, ce principe permet à moindres frais d’avoir de l’aide dans la réalisation de son projet ; il faut permettre aux gens d’avoir un espace ou dormir et de la nourrir. Quant à la personne aidante, cela permet d’aider un projet dans ses valeurs, de découvrir de nouvelles manières de faire, mais cela peut aussi être des étapes dans un voyage plus long et d’être l’occasion de faire des arrêts plus longs pour découvrir des régions.

Il y a l’avantage économique, mais dans la philosophie des utilisateurs de Workaway, que ce soit de la part des hôtes ou des workawayers, c’est aussi de faire de nouvelles rencontres et de partager des expériences de vies. Les utilisateurs faisant un premier pas en allant vers cette formule, il y a déjà processus de sélection naturelle qui se fait, ce n’est pas tout le monde qui peut être dans un désir de rencontres, d’avoir des gens plus présents dans leur vie même pour une courte période, de fonctionner en dehors d’un système de rémunération monétaire. En recherchant des hôtes sur le site, il y a beaucoup de choix selon les régions où l’on cherche, on peut choisir le profil des personnes chez qui l’on va. Si cela ne marche pas, il est toujours possible de partir.

Est-ce que l’on parlera alors de « cheap labor » ou pas ? Avoir un travailleur au rabais pour les hôtes ? C’est difficile de se prononcer, cela va dépendre et être à prendre individuellement. C’est aussi beaucoup d’avantages pour la/les personnes venant aider, quand on considère le coût de vie sur place dans certains endroits et les avantages que cela peut représenter. C’est une question que l’on traitera à part, plus tard, avec plus de réflexions et d’expériences, mais c’est quelque chose à garder en tête peut-être pour mettre des limites. Tout comme la question est-ce que le workaway doit être utilisé uniquement pour des projets collectifs ? Est-ce juste de faire pour des projets d’entreprises ou pour répondre à des besoins individuel chez soi ? Ce sont toujours les questions qui se posent également dans les communautés d’échanges de services. Quelles sont les limites ? Ces questions se poseraient-elles vraiment en dehors du système monétaire ? Contraire à un système d’échange, il est possible de vivre de workaway puisqu’on est logé et nourris. C’est une pratique qui vient remettre en tête la question de la valeur travail et de l’importance qu’on veut lui donner. Ce n’est pas tout de suite que l’on aura la réponse, mais garder dans un coin de sa tête ces questions n’est pas une mauvaise chose.

Notre première expérience dans un ranch

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L’enclos, il a fallu soigner 2 vaches qui boitaient.

C’est mi-juin que nous nous sommes dirigés vers ce qui sera notre premier workaway ensemble avec Audrey. Elle avait déjà fait une première expérience où elle était seule, mais moi arrivant nous avions décidés de nous déplacer. Les parents de la personne chez qui elle était avaient justement besoin de deux personnes pour les aider quelques semaines avant qu’une famille s’installe chez eux pour 6 mois. Il y avait de la préparation au niveau du jardin pour être sûr de pouvoir nourrir l’ensemble des personnes qui allaient habiter là.

C’est ainsi que nous nous sommes dirigé vers la ville de Williams Lake, au milieu de la Colombie-Britannique afin d’aller vers faire notre premier workaway. Au San Jose Cattle, chez Karen et Clint Thompson.

Expérience de Laurent

Commençons par la fin ; avoir eu cette expérience avec Clint et Karen aura été pour nous, selon moi, la meilleure entrée en matière dans le milieu du workaway que nous pouvions avoir. Ils ont depuis quelques années l’habitude de recevoir du monde dans leur ranch et cela se ressent dans la facilité du partage et de la mise en confiance qui s’installe tout de suite.

Un peu d’histoire

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Une vue du troupeau

Le ranch qu’il possède appartenait avant au père de Karen, il n’en possède que le quart de ce qu’il avait, mais ils possèdent tout de même environ 400 hectares de terrain. Citadins que nous sommes, la possession de telles terres est dur à se rendre compte. L’histoire de l’Europe se fait depuis des centaines d’années, tandis que celle de la conquête du Canada n’a qu’environ 300 ans maximums et encore moins de ce côté-ci du continent. L’appropriation des terres était différente et le climat peu clément pour les premiers colons.

Depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années, Karen et Clint sont les propriétaires du ranch. Avoir un ranch, c’est élever du bétail. Ce que l’on entend par bétail en français, c’est des vaches destiné à la consommation humaine. Lorsqu’on est dans ce ranch, nous ne sommes pas dans l’élevage intensif comme on peut en avoir des images des grosses industries, nous sommes ici dans une production à échelle humaine en respect avec la nature. En fait, même plus que la petite production familiale, les Thomspons pratiquent l’élevage holistique.

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Bouger le sel en suivant le troupeau, cela fait aussi parti du travail. Les vaches ont besoin de suppléments d’iode qui n’est pas présent dans l’eau.

Alors qu’ils possédaient environ 300 vaches, il y a 6 ans ils ont fait le choix de les vendre et d’aller à la Ranching for profits school. Ils y ont alors vu une manière de faire différent. Une manière de faire qui amène une autre vision de son terrain et ses bêtes. Ils sont maintenant toujours propriétaires de leurs terres, mais les loues à des ranchers qui y mettent leurs vaches pour la saison. À ce que j’en comprends, l’élevage holistique pourrait s’apparenter à une forme de permaculture, car c’est un élevage qui se fait en harmonie vaches, sol, vie sauvage, ranchers et vie autour. Même les naissances des veaux sont faites pour être prévues pour qu’elles arrivent au moment où la nature est la plus abondante et qu’elle subvienne aux besoins.

La vie au ranch

On m’aurait dit quelques mois plus tôt que j’allais aller sur un ranch, j’aurais ri bien fort en disant que je n’irais pas dans ce genre d’endroit red neck. Et pourtant… j’y suis allé et je m’y suis plu. J’ai pu apprendre beaucoup avec Clint dans son quotidien au ranch. Quand on a l’image d’un ranch, tout du moins pour celle que j’en avais, c’est les grands espaces, ces plaines interminables ou des milliers de vaches broutent serrées les unes aux autres. Ce n’était pas le cas ici. Le ranch se trouve entre la ville de 150 miles et Williams Lake, dans la forêt ; il y a 250 vaches et 50 veaux et elles sont nourris à l’herbe fraîche tous les jours.

Les barrières

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Il faut parfois y aller avec la pelle mécanique pour refaire les poteaux.

Comme le ranch se trouve en grande partie sur la forêt, il y a des réparations à faire, car de vents violents frappent chaque année la région. Il faut aller réparer les barrières qui délimitent le terrain et les différentes zones de pâturages. On fera cela pendant plusieurs jours, réparer des barrières, arpenter le terrain voir si tout est correct, le cas échéant en replantera des poteaux, refaire les barbelés ou tout simplement enlever des arbres tombés. On s’y rendra en quad, en tracteur, en voiture ; on réparera à la main, à la tronçonneuse et on plantera au tracteur ou à la pelleteuse. Incroyable comment le terrain est grand, inimaginable toute les possibilités que l’on peut voir avec un terrain comme celui-ci ; une éco-communauté, des chalets pour faire comme à Kabania, des trails de courses à pied, tout garder en l’état pour s’y promener, un grand jardin et vivre en autarcie, etc. Inimaginable l’argent que cela pourrait prendre et à faire rouler avant de recevoir un peu de retour. Restons réaliste, c’est un ranch et ça le restera, pas toujours facile de ne pas être dans les nuages. Clint saura y faire lors de nos discussions en travaillant 🙂

Les vaches

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Clint observe des 100 nouvelles vaches après leur reception de la journée

Tous les deux jours ou parfois chaque jour, il faut aussi aller changer les vaches d’aires de pâturage. Il ne faudrait pas qu’elles viennent à être affamées, mais on ne veut pas non plus qu’elles mangent l’herbe au ras si on veut pouvoir en garder et que cela repousse un peu mieux. Il faut aussi faire attention à ne pas laisser une aire trop grande, sinon les vaches ne mangent que les herbes qui leur plaisent et délaissent le reste, alors qu’il faut que tout soit consommé. Des barrières faites de barbelés sont en place en permanences à certains lieux, mais maintenant ils utilisent aussi des barrières électriques, un simple fil électrifié, les vaches ayant eu une ou deux expériences le reconnaissant, cela ne prend pas plus. Cela permet aussi au gré de changer les barrières et de s’adapter au nombre et au climat selon ce qu’il faut nourrir ou abreuver.

Les vaches sont des drôles d’animaux un peu grégaires. Je ne pensais pas que c’était des animaux qui auraient peur des humains juste en s’approchant. Par contre, quand vient le temps du quad après un certain temps, c’est le signal pour un nouveau pré et de la nourriture fraîche, alors bien que méfiante, on peut être sûr d’attirer leur attention.

Le reste

Un nid installé en hauteur, loin des chats!

J’aurais eu le temps d’une journée où il n’y avait pas de barrières ou de vache à bouger à faire deux nids à oiseaux. Retravailler le bois était sympathique et je me suis initié au travail au couteau à bois afin de me servir de deux bûches de bois pour creuser et en faire des nids « naturel ». Au lieu de le construire, je me suis servi de cela.

C’était deux semaines intéressantes que nous avons passées là. Intéressant les discussions sur le principe holistique, les raisons de leur changement, la crise de la vache folle et comment elle a touché les ranchers canadiens. Intéressant de voir comment des clichés peuvent êtres brisés, mais aussi renforcés. Ça m’a donné envie d’avoir des poules, ça permet de faire encore du meilleur compost… 😉

Expérience d’Audrey

Un couple merveilleux qui nous accueillent les bras grands ouverts, un chat, un chien, des poules, des chevaux, des vaches, des prairies à perte de vue, un jardin…

Des souvenirs d’enfant qui remontent à la surface et le cœur d’enfant qui se réveille tous les jours lors de cette deuxième expérience de workaway.

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À chaque mouvement du troupeau il faut déplacer son sel également.

Pendant une quinzaine de jours nous avons donc aidé Karen et Clint dans leur ranch pour différentes tâches. Pendant les premiers jours, j’ai surtout aidé à l’entretien des espaces verts autour de la maison en tondant et du jardin en désherbant.

workaway horizon transition ranchDes le deuxième jour, Karen m’a proposé d’essayer un des deux ATV, sorte de quad, et nous sommes allés derrière chez eux, proche d’un petit lac ou une famille d’oies s’est installée pour l’été. Drôle de sensation de manœuvrer cet engin à 4 roues motrices mais finalement beaucoup de plaisir, je me sentais comme une enfant qui découvrait un nouveau jeu. Avec prudence, je l’ai essayé pour un petit quart d’heure.

Quelques jours après, j’ai aidé Laurent et Clint a enlevé des barrières électriques pour que les vaches aient un nouvel espace vert à brouter.

workaway horizon transition ranchIl a été impressionnant de voir l’empressement des vaches d’avoir accès au nouvel emplacement. Pause, le chien qui est venu avec nous ce jour là, est resté bien sage assis sur le ATV attendant l’ordre de Clint de bouger et d’aller voir s’il ne restait pas des vaches dans l’ancien emplacement.

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Audrey dans un des deux jardins dont elle s’occupait.

Au bout d’une semaine, Clint nous a délégué d’aller enlever quelques barrières et bouger le gros abreuvoir avec le sel grace à l’ATV. Nous nous sommes partagés la conduite de l’ATV et nous avons conduit donc les vaches à un nouvel emplacement grâce au changement de place de l’abreuvoir. C’est impressionnant de voir une centaine de vaches te suivre.

Pendant ces deux semaines, j’ai pris plaisir à aller voir les poules, récupérer leurs œufs et nettoyer leur espace de ponte de temps en temps ; les chevaux pour leur donner un poignée d’avoine, les brosser et leur faire un calin. Tout cela sous une belle température avec la compagnie d’une sorte de petite marmotte qui hiberne et qui émet un tout petit bruit aigu à longueur de journée! Ce n’est pas du tout désagréable et plutôt marrant!

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En plein brossage de chevaux

Tous les soirs, je jouais le répertoire Klezmer à l’accordéon pendant que Karen préparait le repas. Elle adorait! Il est aussi arrivé de jouer du piano dans leur beau salon et j’ai retrouvé dans le sous-sol un orgue électronique comme quand j’étais enfant. Je me suis donc amusée aussi un soir à jouer l’orgue électronique et retrouver des mélodies apprises enfant pendant que nos hôtes et Laurent prenaient un verre de bière!

Avec la machine à coudre de Karen, je me suis amusée à recréer une grosse pochette en toile de jute pour un rangement dans l’escargot, préparer quelques bouts de tissus pour faire des chouchous et surtout appris à partir d’un patron à réaliser une petite robe pour la petite fille de Karen grâce à l’aide de Karen.

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Tel un esprit de famille, nous avons beaucoup apprécié passer ces beaux moments avec Clint et Karen, entre apprentissage, détente, discussion avec toujours une bonne humeur et une ambiance des plus chaleureuses!

 

Barkerville; la création de la Colombie-Britannique

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Production du maréchal ferrant actuel

C’est à cause de son attrait que la conquête de l’Ouest américain s’est faite. Il valait tellement la peine que ça a permis d’avoir la construction d’une ligne de chemin de fer à travers tout le pays, cela a même suscité l’intérêt de milliers de migrants pour venir s’installer en terre californienne ! Mais alors et Barkerville ? Saviez que cette ville, tout du moins la région où elle se trouve est la raison de la création de la Colombie-Britannique ?

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L’imprimerie du journal

L’histoire raconte que c’est en 1858 qu’un mineur aurait trouvé de l’or, mais n’étant pas sûr si c’en était bien il l’aurait envoyé au responsable local de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Celui-ci lui aurait répondu immédiatement que oui, mais qu’il devait se taire et ne pas ébruiter le son. Il y avait eu quelques années auparavant le « gold rush » en Californie et on ne voulait pas retrouver la même folie sur ces terres. C’est en 1858 que la Colombie-Britannique fut fondée, Richard Clément Moody fut le premier lieutenant-gouverneur général (hasard des choses, il était aussi la personne responsable de la Compagnie de la Baie d’Hudson qui avait dit de taire la trouvaille). Ce n’est finalement qu’en 1861 que la ruée vers l’or eu lieu après que les rumeurs de trouvailles soient officiellement publiées.

 

Création de la Colombie-Britannique

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La fin du village, pour aller plus loin vers les mines

La ruée vers l’or californienne et celles en Colombie-Britannique ont une différence majeure. Lors de l’arrivée des mineurs en Californie il n’y avait pas d’état, pas de lois. En ayant attendu et officialisé la colonie anglaise, cela a permis de mettre des cadres juridiques pour ne pas en garder les mêmes images que nous avons du Far West : débauche, massacres, vols, lois du plus fort. Ce n’était pas parfait, mais il y eut un désir de légiférer l’environnement un tant soit peu. C’est ce qui fera une grande différence sur ces deux ruées vers l’or, l’appel à la loi sera beaucoup plus fréquent en Colombie-Britannique alors que quasi inexistante pour le début de l’aventure américaine.

 

Barkerville, la ville historique

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Carte de la ville actuel

C’est à une centaine de kilomètres de Quesnel plus à l’Est, que se trouve la ville de Barkerville, nommé en l’honneur du mineur anglais Billy Barker qui a trouvé un énorme filon en 1861 à cet emplacement. C’en ai rapidement devenu une ville importante pour le minage, car elle se trouvait au cœur de la vallée de la rivière Thompson là où se trouvait les gisements. Ç’a été une ville active jusqu’au début du 20e siècle, par la suite l’intérêt pour l’or était en déclin. Elle a eu un sursaut d’activité après le crash de 29, mais seulement pour quelques années jusqu’au moment où l’économie était de nouveau au beau fixe. C’est en 1957 que le gouvernement de la Colombie-Britannique décide de faire de Barkerville une ville historique et de la rénover en l’état comme à son apogée. C’est maintenant un des plus grands sites historiques américains avec 130 bâtiments sur plusieurs rues. C’est un village vivant où l’ambiance de la ruée vers l’or est rejouée avec des dizaines d’acteurs.

Ouvert de mai à septembre, Barkerville est maintenant une reconstitution vivante des principaux bâtiments d’activités de l’époque ; bars, hôtels, cantines, laverie, dentiste, journal, maréchal ferrant, église, etc. Il y a des visites guidées afin d’en connaitre plus. Cependant, même sans ces visites guidées on peut être plongé dans l’univers de l’époque avec les acteurs représentants les différents métiers et citoyens qui faisaient partie de la ville.

Des conditions difficiles

Habiter le Canada des années 1870 n’était pas l’endroit le plus accueillant du monde, surtout si on prend l’emplacement de Barkerville qui est assez élevé, mais aussi beaucoup plus au nord que là où Québec peut se trouver. C’était une terre qui n’avait pas de raison d’être habitée non plus. Amérindiens et trappeurs étaient les habitants, passagers de ces lieux, mais c’est avec l’or que les gens ont commencé à s’y installer, il n’y avait pour ainsi dire rien du tout à cet emplacement. C’est à environ 700 km de Vancouver. C’était plusieurs jours de cheval et de marche pour s’y rendre. En hiver, c’était une vallée assez isolée. Le courrier en partance ou en venant à Barkerville avait environ 6 mois de délais.

barkervilleIl y avait pourtant des Overlanders, c’est le nom qui était donné à ceux venant en Colombie-Britannique par les terres, que ce soit du Québec (rare) ou des prairies. Plusieurs mois de marche pour se rendre à Barkerville. La visite de ce village nous en apprend plus sur ces gens qui ont bravé des conditions terribles pour en arriver là.

La population de Barkerville était originaire du monde entier, beaucoup d’américain qui ont fait le gold rush californien, des immigrés européens et chinois, des filles achetés jeune pour faire l’animation des bars et des anciens esclaves. D’anciens esclaves qui avaient des métiers reconnus, l’on comptait le barbier et le dentiste de l’époque. C’est une donnée que l’on connait peu, celle des immigrés du continent africain au Canada. Rares sont ceux qui savent qu’un des premiers bourreaux à Québec était un ancien esclave noir. Alors qu’on sait que la guerre de sécession américaine (1861-1865) concernait la question de l’esclavage (entre autres) et que 100 après il y avait toujours la ségrégation chez nos voisins du sud. Il ne faut pas croire cependant que le racisme n’existait pas à Barkerville et que tout était mieux de ce côté-ci, mais lors des rués vers l’or, un peu monde à part se crée.

Le plus vieux Chinatown du Canada

barkerville chinatown

L’école chinoise de la ville ou l’on peut apprendre la calligraphie et quelques phrases.

S’il y a un milieu qui en témoigner c’est bien l’immigration chinoise, originaire du Guandong qui vinrent immigrer ici afin de devenir mineur. La chine impériale de l’époque, envahie par les Anglais, ne permet pas à sa population d’émigrer, sauf pour les gens de la région du Guandong qui est une province côtière extrêmement pauvre et surpeuplée déjà. Cependant, même si les femmes pourraient émigrer, seuls des hommes vinrent au Canada tenter leur chance de la bonne fortune. Conditions difficile, mais aussi un voyage extrêmement couteux qu’une famille ne pourrait payer à plusieurs membres.

barkerville chinatown

l’entrée du Chinatown

La population chinoise de Barkerville était très nombreuse, ce fut le premier Chinatown du Canada et il y a encore le plus vieux bâtiment de l’époque, celui de la société secrète Chee Kung Tong. C’était une population assez discriminée que l’on considérait comme voleuse de travail, d’or. La population chinoise se mélangeait très peu avec le reste de la population. Le Chinatown de Barkerville était très fonctionnel et avait l’expérience de certains Chinois qui avaient immigré de Californie suite à la ruée vers l’or de là-bas. La visite guidée du Chinatown est très intéressante sur l’histoire de la population chinoise de l’époque que ce soit en Chine ou pour leur arrivée ici.

Impressions

barkervilleC’est une ville peu, pas connue maintenant, mais apparemment à l’époque c’était une place aussi connue qu’ont pu l’être les villes de l’Ouest américain, car la région où se trouve Barkerville aurait plus d’or que ce qu’il y a pu avoir dans le sud. Encore maintenant il y a des manières et des prospecteurs dans les vallées alentour.

Même si c’est une attraction touristique, nous avons été agréablement surpris de notre visite, l’aspect historique nous a permis d’apprendre beaucoup de choses sur les conditions de vie de l’époque. Tant sur les maisons de mineurs, les mœurs, la création de la province, les conditions des immigrés, c’est étrange que l’on ne connaisse pas du tout Barkerville en étant Canadien, alors que la ruée vers l’or américaine est relativement connue par tous.

Aménagement du camion, les plus et moins après 4 mois

C’était le dimanche 12 mars, une tempête de neige commençait et nous venions de finir notre déménagement, tout ce que nous avions se trouvait maintenant dans l’Escargot, notre nouvelle demeure depuis 4 mois. Ça ne s’annonçait pas évident, l’émotion était présente, les projets remplissant l’esprit, mais nous devions commencer nos premiers kilomètres, 256 plus précisément, direction Montréal. Le camion était rempli, heureusement nous n’allions pas dormir dedans la première nuit, ni les quelques suivants puisque hébergé à Montréal et puis par la suite nous allions au Vipassana.

Nous sommes maintenant mi-juillet, il y a de la neige sur le top des montagnes, mais on se baigne dans la mer en la regardant, nous sommes à Vancouver et 8 000 km se sont additionnés aux premiers. Cela fait donc environ plus une centaine de nuit que nous dormons dedans. Il fait maintenant chaud et nous passons la totalité de nos journées dehors, finit le froid hivernal.

C’est le moment de faire un retour sur l’aménagement du camion que nous avons fait. On l’a déjà écrit, mais au départ nous voulions avoir un Escargot un peu plus costaud (comprendre plus haut) pour que l’on puisse se tenir debout. On nous l’avait conseillé et on avait pu se rendre compte que vivre dedans serait plus agréable dans ces cas-là. On a finalement opté pour un escargot qui avait moins pris de stéroïdes, c’est que ça coûte cher ces bêtises-là. Dès le départ, nous savions que notre voyage serait en fonction de la température. On est amateurs de soleil et on va le suivre, c’est-à-dire aller vers le sud lorsque la saison le requerra. Nous avons donc penser à notre aménagement pour qu’il soit fonctionnel avec l’extérieur, que l’on puisse agrandir notre espace de jeux dès que l’on s’arrête. Ceci étant dit, allons-en aux faits.

Commençons parce qui nous semble le moins pratique.

garde-manger cuisine escargot horizon transitionLorsque nous avons eu l’électricité, notre première pensée a été que nous pourrions ainsi nous permettre d’avoir un mini frigo afin de garder les aliments au frais. Nous avons longuement cherché avant de trouver et d’opter pour une glacière électrique. Nous avions choisi cela, car en fait l’équipement en 12volt (adapté aux genres de batteries que nous pouvons avoir) est extrêmement cher, au Québec en tout cas. Si nous voulions quelque chose qui puisse marcher au propane, toute de suite les dimensions devenaient trop excessive pour la taille de notre van. C’est pour cela que nous avons opté pour une glacière électrique : pas obligé de la faire fonctionner en permanence, transportable, plus compacte, bref que des avantages ! Mais qu’est-ce que ça consomme comme électricité !

Au début du voyage cela n’était pas un problème, mais avec l’été arrivant on se rend vite compte que le principe d’une glacière qui est de garder au frais peut vite s’inverser s’il n’y a pas d’apport en frais. Il fait parfois plus chaud dedans que dans le camion. Si on décide de faire fonctionner la glacière avec la batterie, cela prend énormément de temps avant de se refroidir et cela vide complètement notre réserve. Devrait-on acheter de la glace de temps en temps afin d’avoir un apport en froid ? Est-ce utile ? Au vu de ce problème, la glacière est présentement vide et ce n’est pas contraignant. Nous ne mangeons rien qui nécessite réellement d’être gardé au frais, à part le beurre peut-être, mais sinon ce n’est que des produits frais que nous achetons en petite quantité. C’est une réflexion que nous sommes en train d’avoir si on le garde ou pas. On a trouvé aussi que l’on pouvait garder au frais, si nécessaire, un plat une nuit en le mettant dans une rivière dans un emballage imperméable. Écologique et efficace, c’est une alternative possible en Colombie-Brittanique, mais quand on sera en Arizona par exemple ?

L’eau

Avoir le frigo cela nous a imposé une contrainte d’espace afin de la placer. Afin d’être indépendants, nous voulions également avoir une bonne réserve d’eau, nous avons opté pour un contenant de 20 litres, on peut tenir 4 jours sans restriction dans la forêt. Autant maintenant avec l’été en faisant des arrêts en pleine forêt c’est beaucoup plus simple, autant au départ quand nous devions rester à l’intérieur à cause de la température, l’emplacement de l’eau et du frigo ensemble était une source d’agacement. Un contenant de 20 litres d’eau, c’est lourd, c’est 20 kilogrammes, il y a aussi l’effet de mouvement à l’intérieur du bac quand on roule, avoir ce type de contenant à une certaine hauteur ne nous inspirait pas. Il devait être proche du sol, mais l’espace était restreint et il ne restait plus que dans le garde-manger devant le frigo. Ce qui est pénible, car l’on doit retirer l’eau à chaque fois pour atteindre le frigo. De plus pour se verser de l’eau il faut basculer le contenant, en se levant ce n’est pas l’activité physique la plus agréable !

On a bien acheté une pompe manuelle qui s’insère dans l’ouverture afin de donner de la hauteur, mais celle-ci ne rentre pas quand le contenant est dans son rangement. Nous n’avions pas acheté le contenant avant de partir et on en paye le prix dans l’organisation maintenant. Si on retirait le frigo par contre… on pourrait placer l’eau différemment….

La tablette du meuble bureau.

Alors que c’était une des parties dont Laurent était le plus contenant dans la confection des meubles, pour l’aspect multifonctions, c’est finalement une partie qui n’est pas si adaptée… Afin de manger à l’intérieur par mauvais temps ou alors de travailler, on a une tablette repliable dans le meuble pour ne pas prendre trop d’espace avec une table. Elle a deux tailles différentes. Cependant nous n’avions pas encore vécu en camion et nous n’avions pas pensé à toutes les situations ! La tablette est fonctionnelle et remplit pleinement sa fonction, elle est solide, mais qu’est-ce qu’elle est pénible à utiliser!

Ses pattes ne sont pas très pratiques à mettre même si nous avons trouvé quelques astuces. On pensait au départ mettre des chaînes qui tiendraient le meuble afin de ne pas déranger les pieds, mais nous craignions pour la solidité, nous sommes en train d’y repenser. Car quand le lit est fait, il faut penser à lever les pattes à l’avance sinon on y a pas accès, de plus, si on veut s’allonger, elles prennent de la place. Le point peut-être le moins pratique et qui fait du plus grand espace du bureau, la partie finalement la moins utilisée, c’est que la tablette ne s’abaisse pas au complet. Nous pensions que ce ne serait pas un problème, mais il s’avère finalement que c’est un point important si on veut y accéder rapidement qu’il n’y ai pas besoin d’ouvrir à chaque fois. Il faudrait démonter la tablette et la réinstaller différemment afin d’au moins avoir cela, nous y pensons fortement. Car même le soir, lorsque la paresse s’installe et si on regarde quelque chose sur l’ordinateur nous ne pouvons le laisser ainsi et il y a donc perte d’espace.

Les plus: rack, lit, la partie cuisine et la toilette

escargot cuisine horizon transitionBien que le garde-manger pourrait s’améliorer avec la modification de la partie du bas pour l’eau et le frigo, la partie « cuisson » et épices quant à elle un plus ! Nous avons pensé à installer la partie où se trouve le réchaud sur la porte, ainsi, lorsque nous voulons cuisiner, il suffit d’ouvrir la porte et nous voilà dehors ! Pas besoin de tout déplacer, juste une porte à ouvrir !

Pour être honnête, tout ne s’est pas déroulé comme on le souhaitait au départ, nous avions récupéré un réchaud et fait un meuble sur mesure, mais nous ne l’avions jamais essayé ! On n’en avait pas encore besoin… Quand vint le temps de l’essayer, misère et désolation, il manquait des pièces et impossible finalement les trouver. En fait, on l’a trouvé en Colombie-Britannique, mais à un prix tellement élever et la pièce ne s’avérait pas fonctionnel avec notre installation, qu’il a été préférable d’en acheter un autre… Un peu plus grand et s’adaptant moins, mais qui finalement peut être plus pratique si on décide de cuisiner sur table à pique-nique….

Le rack

Alors que l’idée semblait un peu « too much » au départ, le rack sur le toit est devenu un de nos meilleurs amis. Lorsque nous sommes partis de Québec, les malles qu’il nous permettait d’avoir ont été un salut dans notre capacité de stockage. Nous l’utilisons maintenant pour fixé les douches solaires, nous essayons d’installer un paravent, il y des roues de secours et nous allons-y faire une terrasse. Autant que pour l’été c’est comme un agrandissement du camion. De plus sa solidité nous permet aussi de fixer un côté du hamac. Nous sommes également à penser aussi faire un déshydrateur et un four solaire que nous pourrions incruster dedans, c’est une source infinie de projets à réaliser.

Le lit

horizon transition aménagement camion lit

Sur une proposition d’Audrey et des idées venant de Pinterest, le lit répond parfaitement à nos besoins. Le principe est simple ; les lattes de bois le formant s’emboitent pour se ranger. Au lieu de se déplier comme un futon, il se tire. L’idée originelle est d’avoir le lit en deux parties, nous l’avons fait en 3 afin de pouvoir replier la partie proche de la porte tout en gardant une partie plus grande pour se réveiller tranquillement. Nous avons fait une literie adaptée sur mesure afin de répondre à ces particularités et en 2mn le lit est fait. Nous avions des tapis de mousse à l’appartement, nous les utilisons pour les mettre en dessous du matelas de mousses et les lattes de bois et les rêves sont doux ! Nous ne sentons pas les lattes.

La toilette

toilette sèche camion compost« C’est une perte d’espace ! » — « Mais qu’est-ce que vous allez faire de cela ! » — On en a entendu des commentaires lors de la confection de notre toilette, mais finalement l’idée qui apparaissait comme saugrenue nous est très utile ! Quand nous sommes dans la forêt, on peut s’accommoder facilement de la nature en pleine journée, c’est une autre histoire la nuit quand on est à moitié endormis…. En ville les toilettes se trouvent dans les lieux publics, mais en plein embouteillage ou quand on dort dans une rue résidentielle et qu’il ne faut pas se faire remarquer…

Puis finalement, même en forêt, pouvoir s’assoir sans avoir à être dans de hautes herbes… faire son affaire en regardant le paysage au loin, confortablement assis, c’est un luxe que nous apprécions ! Fonctionnement simple avec la sciure, son réservoir fait que nous nous l’avons rempli qu’une fois depuis le départ que cela fonctionne. La vidant régulièrement et y mettant la bonne quantité de sciure, c’est parfait. On la vide quotidiennement et un coup d’eau dedans et c’est comme neuf.

Pour tout dire, elle est multifonctionnelle, car quand elle est refermée, c’est un banc, mais c’est aussi notre table. Mais chut !

South Side Hackerspace: Chicago

south side hackerspace chicagoC’est en visitant la bibliothèque centrale de Chicago que nous avons appris l’existence d’un lieu qui pourrait nous intéresser ; le South Side Hackerspace Chicago. Il y avait au deuxième étage de la bibliothèque un lieu, un makerspace, qui était dédié à l’apprentissage des imprimantes 3D. On en rencontrer d’ailleurs plusieurs durant le voyage et quelques-uns encore plus surprenant. Les bibliothèques comme lieu de l’apprentissage collectif multimédia, mais ce sera là le sujet d’un prochain article.

south side hackerspace chicago

Des imprimantes 3D

Interpellés à la dernière minute, car nous devions prendre la route selon notre horaire, les membres du South Side Hackerspace Chicago ont gentiment accepté de nous recevoir et de faire visiter leur espace. Un peu excentré du centre du Chicago comme son nom l’indique, le hackerspace se trouve dans un ancien bâtiment commercial où se trouvent d’autres organismes comme lui. C’était la même chose que pour la bibliothèque d’outils d’Ottawa.

south side hackerspace chicago

Une carte d’un monde à découvrir…

C’est un organisme à but non lucratif selon ses statuts, mais pourrait très bien être une coopérative, l’espace étant pour les membres seulement. Un organisme à 100 % autonome au niveau de son budget qui arrive à financer lieu quasiment qu’avec les cotisations.

Tous les membres ont accès au lieu par leur clé personnelle, mais il y a deux catégories de membres ; membre de base et membre votant. Tout le monde peut être être membre votant, c’est-à-dire participer à la vie démocratique de l’organisme, il suffit de payer le montant pour l’être, qui est de 65 $ par mois et qui donne accès à un casier et un accès 24 h au local, ainsi que le droit de vote. Ce sera le deuxième organisme avec un makerspace que nous rencontrons et les deux donneront un accès total au lieu aux membres qui paye pour. Une confiance semble donnée à toute personne devenant membre.

south side hackerspace chicago

L’atelier de bois

Les SSH Chicago est un peu plus orienté nouvelle technologie, on prend par exemple le fait qu’ils aient 4 imprimantes 3D qu’ils ont récupérées et réparés, mais il y a aussi un atelier de bois complet auquel se mélange une partie de métal.

south side hackerspace chicago

L’atelier de bois avec un accès sur l’extérieur

Une particularité qu’a le SSH est qu’il a une rencontre hebdomadaire de prises de décisions, mais aussi un évènement 2 vendredis par moi afin de se réunir tout simplement pour jouer à des jeux, regarder un film ou faire une activité de groupe. C’est un exercice intéressant qui semble donner un esprit de groupe aux membres et leur permettre de mieux se connaître afin de mieux travailler ensemble.

 

Et voici la vidéo de notre rencontre avec Chris Agocs, membre du South side hackerspace Chicago, vous pourrez en apprendre plus sur cet organisme!

Ottawa Tool Library

ottawa tool libraryC’est par notre hôte de couchsurfing à Ottawa, que nous avons entendu parler du premier projet que nous allions rencontrer. Pas encore préparé, mais déjà le projet en tête, c’est ainsi que nous allions en direction du Makerspace North à Ottawa. Dans cet espace que nous découvrirons très grand, une partie était louée par la Ottawa Tool Library.

ottawa tool libraryUne bibliothèque d’outils est un lieu où l’on peut louer comme le nom l’indique, des outils. Fonctionnement comme une bibliothèque traditionnel, le principe est de pouvoir devenir membre de l’organisme et ainsi d’avoir accès gratuitement après inscription à tous les outils disponibles. On a pu le voir avec la bibliothèque d’outils de Toronto, le but d’un tel organisme est multiple ; tant qu’une lutte contre la surconsommation, mais aussi une vocation sociale très forte afin de permettre à tout un chacun d’avoir accès à une gamme complète d’outils afin de faire par sois-même.

ottawa tool libraryLors de notre arrivée, nous avons été accueillis par les membres volontaires de la bibliothèque, notamment par Dr Phil qui nous a fait faire un d’ensemble de la Ottawa Tool Library. Créé en 2014, OTL a maintenant plus de 700 membres pour environ 2 000 outils à louer. Depuis les 2 ans d’existence, c’est plus de 6 500 emprunts qui ont été faits.

ottawa tool libraryPour pouvoir être membre de la Ottawa Tool Library, il faut compter 60 $ par année à titre individuel. Cela permet d’avoir accès à l’ensemble des outils proposés par la bibliothèque. Lorsqu’on parle de bibliothèque d’outils il ne faut cependant par s’arrêter à simplement des outils conventionnels comme un marteau, une perceuse ou une scie. La force d’un projet comme celui-ci est de collectiviser le bien commun et d’acquérir des objets moins usités, mais aussi plus dispendieux. Donc outre un planeur ou une dégauchisseuse afin d’avoir des planches parfaites pour une table, il est également disponible de louer du matériel de cuisine, de couture ou bien même d’activités de plein air.

ottawa tool library
Si vous êtes plusieurs à la maison à vouloir utiliser la bibliothèque, il y a un prix « familial » pour 90 $ permettant à deux personnes de s’inscrire. Bien que les projets comme celui-ci soient issus d’initiatives citoyennes et pensés pour les citoyens, il n’empêche pas qu’ils puissent répondre également à un besoin pour des organismes à moindre budget ou bien qui décide d’encourager ce genre d’initiative par souci environnemental. Il est possible pour un OBNL d’être membre de la Ottawa Tool Library pour 200 $ par année.

Le financement est toujours une problématique pour ce genre d’initiative et c’est souvent par l’implication des membres et l’ingéniosité de ceux-ci que c’est possible de faire fonctionner ces organismes. Toutes les heures d’ouverture de la bibliothèque sont assurées par ses membres. Faire des heures de volontariats par mois permet d’avoir un accès privilégié afin de louer des outils. Lorsque des outils sont brisés ou que du matériel est récupéré et qu’il n’est possible d’en avoir usage, le métal est récupéré et collecté afin d’être revendu lorsqu’il y en a assez. Cela permet d’avoir un petit revenu.

Commencée comme une bibliothèque d’outils, la OTL agrandit son champ d’action en organisant des activités de Repair-café et depuis peu par un workshop en son sein.

Adresse:
Makerspace North (MSN), 250 City Centre, Bay #216 ,Ottawa, ON K1R 1C7
613-868-0178
info@ottawatoollibrary.com

Horaires:
Lundi de 18h à 21h
Mercredi de 18h à 21h
Samedi de 10h à 13h

The Works; le musée de l’expérience

Grâce à un heureux hasard, lors de notre visite à la Toronto Tool Library, nous avons rencontré deux américaines, elles venaient de Minneapolis et venaient chercher des informations ici à Toronto. C’est en discutant avec elles que nous nous sommes rendus compte que notre passage à Minneapolis ne pourrait pas se faire sans passer l’endroit où elles travaillaient: The Works. Un organisme à but non lucratif qui se dédie à faire découvrir aux enfants les différents phénomènes de la science par le biais de l’expérience. Ce n’est pas courant que l’on voit ça, de plus, elle venait à Toronto pour prendre de l’information afin de développer un makerspace à l’intérieur de celui-ci !

C’est ainsi que nous avons finalement mis Minneapolis sur notre route alors que nous n’en étions pas sûrs et c’est surement notre ville préférée pour le moment ! Le passage au Works et la gentillesse de Frances Knaeble, la personne que nous avons rencontrée et qui nous a servi de guide lors de notre passage au Works n’a que pu aider cette impression !

The Works se trouve au 9740 Grand Ave. S. Bloomington, MN 55420, au sud de Minneapolis ; c’est un grand bâtiment de 3 étages qui abrite cet espace d’apprentissage ! Le Works existe depuis quelques années, mais seulement depuis 2 ans à cet endroit, toujours à la recherche d’un lieu plus grand, il semble que celui-ci soit leur maison pour un bon moment.

Le rez de-chaussée vous accueille avec une construction géante en Kynex, un grand huit avec une dizaine de parcours possibles qui peut subjuguer des heures et des heures ! Heureusement Frances est venue nous chercher, car nous serions surement encore en train de regarder les billes se déplacer dans cette construction géante ! Vous avez par la suite tout l’espace qui est dédié aux expositions ; on parle d’exposition, mais c’est en fait de minis ateliers qui permettent aux enfants d’expérimenter tout en s’amusant. Le sous-sol est quant à lui occupé par deux salles de classe qui permettent de donner des ateliers thématiques aux classes qui viennent, et il s’y trouve également la salle de repas afin de manger le midi. Le premier étage quant à lui est occupé en partie par les bureaux, mais aussi pour le moment par deux grandes salles à peine occupées qui seront aménagées pour être le fameux futur makerspace.

The Works est un espace accueillant des classes et des familles, mais aussi des camps d’été et des activités thématiques. L’ouverture à un atelier se veut aussi être une possibilité de réunir une population un peu plus diversifiée et peut-être des gens plus âgés pourront venir partager leur savoir avec les plus jeunes générations.

C’est certainement un organisme qui mérite d’avoir des jumeaux. Si vous êtes de passage à Minneapolis et que vous avez dépassé l’âge cible, on vous conseille fortement tout de même d’aller les voir, cela peut donner de bonnes idées et aussi expérimenter comme des enfants!

Voici une vidéo de 16min avec Frances Knaeble, développeur de projets à The Works, notamment celui de makerspace, qui répond à nos questions.

De Windsor à Détroit l’abandonnée et quelques autres extrêmes

détroit windsorDe là où nous étions, la vie était douce, le temps clément, les gens agréables et la vue magnifique, on voyait Détroit de l’autre côté de la rive. Un grand lac et une rivière éponyme de la ville convoitée nous séparaient du pays voisin, nous étions à Windsor et nous allions bientôt passer la frontière.  Nous étions encore du côté canadien, mais pourtant déjà avec un pas du côté du voisin. Les gens chez qui nous logions à travers le site Couchsurfing étaient des Canadiens, mais la proximité avec la fameuse ville de l’automobile américaine marquait les habitudes. Des gens de leurs familles travaillent aux États-Unis tout en habitant au Canada et eux-mêmes vont à Détroit quelques fois par mois pour faire des courses ou pour passer du temps.

Windsor, ville d’histoire et de jumelage

Il y aurait beaucoup à dire sur Windsor, ville de l’Ontario au Canada, nous n’y avons pas passé beaucoup de temps, mais y revenir serait un plaisir. C’est d’ailleurs pourquoi, bien que Québec soit dans les premières villes à être colonisé, c’est la région des Grands Lacs qui sera la partie la plus utilisée au départ. Car un microclimat est créé par la présence des lacs et permet une température beaucoup plus clémente que dans le reste du pays. La présence de la route des vignobles le montre aussi. Beaucoup de noms français sont présents dans les rues de Windsor, les Franco-ontariens présents prouvent de la longue présence de la communauté francophone.

Les gens chez nous logions durant ces 2 jours avaient une petite ferme en plus de leur activité professionnelle, agréable et attentionnée, férus des histoires et mêmes intérêts politiques que nous, nous étions comme dans un cocon. Beaucoup de conseils et de choses à voir, notamment la plus grande librairie de livres usagés d’Amérique ! C’est en parlant avec eux aussi que l’on se rend compte que Windsor bien que ville Canadienne, dépend beaucoup de sa voisine économiquement parlant, une grande partie de sa population vie par ou grâce Détroit. Il était temps pour nous d’aller du côté de l’Oncle Sam !

Du côté américain

Détroit frontièreNous étions un peu stressés par le passage de la frontière, car l’Escargot nous semblait la proie idéale pour un douanier zélé ! Les peurs n’auront finalement pas été confirmées, outre l’attente d’une heure et demie afin d’avoir les papiers, l’escargot aura bien été fouillé, mais sans plus. Les clés remises dans le contact, le moteur allumé et nous voilà prêt à foncé dans la ville qui a fait faillite !

Détroit est une ville mythique, non pas grâce à Eminem, mais elle représente l’Amérique victorieuse et ayant un modèle économique faisant ses preuves. Jusqu’à 2008, lorsque les usines automobiles de Ford, GMC et Chrysler fermeront et que 400 00 emplois seront perdu : la ville demandera la faillite. La ville était florissante, de bons salaires pour les ouvriers et le plein emploi, la crise fera de Détroit une ville fantôme passant d’un million et demi d’habitants à 700 000. (voir documentaire de Michael Moore « Roger et moi » sur la ville de Flint)

détroit abandonnéC’est quasiment 9 ans après cela que l’Escargot fait ses premiers kilomètres dans la ville du Do It Ourselves. C’est dans les temps de crise qu’il faut apprendre à s’organiser. Les habitants de Détroit ne feront pas exception à cette maxime et une initiative particulièrement fera parler d’elle jusque dans le documentaire Demain comme étant un exemple : L’agriculture urbaine.

Une ville abandonnée

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L’immeuble des loges maçonniques de Détroit

Quand on arrive à Détroit depuis la frontière canadienne, on se retrouve rapidement dans le centre-ville, les gratte-ciels se battent entre eux à qui sera le plus haut et la face que nous montre la ville est bien la scène de théâtre comme quoi la finance est toujours là. Cependant, dès que l’on passe la voie du chemin de fer un boulevard, la banlieue citadine est présente et nous montre l’arrière du décor. Perdre 50% de sa population en quelques années, ce n’est pas rien et ça laisse des traces forcément, alors quand en plus cela se passe avec la crise des subprimes qui a évincés des milliers des familles à travers les États-Unis on s’imagine bien qu’une ville avec 400 00 emplois en moins doit être assez touché. On l’avait vu en image, mais le voir en vrai est autre chose. Une fois que l’on arrive dans les quartiers résidentiels de la ville, il n’y a plus  qu’un tiers des maisons qui semblent avoir âmes qui vivent.

détroit abandonné

Les immeubles abandonnés aux côtés du sport buisness

Nous avions vu quelques documentaires qui traitaient de l’agriculture urbaine et ce qui se passe à Détroit, on se disait que ce serait bien pour le projet, ça allait en plein dedans. Nous étions loin de nous imaginer la taille de la zone dévastée. Alors que l’on pensait les trouver en déambulant, c’est un immense champ de maisons abandonnées, d’immeubles vides et d’anciennes usines sans âmes. Au milieu de tout cela se trouvent parfois des oasis de vies, mais toujours uniformes. Au final on ne les aura pas trouvés, ce sera pour une autre fois, nous avions sous estimés la grandeur du terrain de jeu de la reconstruction sociale, mais l’idée reste en tête. En discutant avec une personne de la ville nous apprendrons que dans les quartiers résidentiels où il y a des espaces vides entre les maisons correspond en fait à une maison qui a brûlé. Les pompiers essayaient au départ de lutter contre les incendies, cependant les maisons étaient forcément inhabitables par la suite et cela devenait plus des squats ou des terrains de jeux pas forcément très appréciables. détroit abandonnéOutre ces faits, c’était surtout que ces maisons devenues taudis devenaient dangereuses et que la sécurité devenait dure à garantir, car des enfants ou des gens du quartier allaient dedans. Alors pour pallier à cela, on préfère les laisser brûler au complet pour les raser et ainsi avoir un terrain vierge. L’histoire ne dit pas cependant à qui revient les terrains et les profits par la suite ni qu’est-ce qu’il adviendra quand tout aura brûlé et que la ville reprendra son essor comme elle est en train de le faire.

détroit abandonnéOn ne pouvait pas rester longtemps dans la ville, nous déambulions au travers des édifices des points d’intérêts que nous nous étions fixés au fur et à mesure que notre safari avançait. Terme péjoratif et pourtant on s’est rendu compte que l’on pouvait agir de la sorte, honte sur nous. Dans la voiture, caméra à la main pour prendre des photos, et par la suite quelques vidéos, témoignage de ce que l’on voyait sans jamais descendre, une certaine peur de l’inconnu, une peur de ce que l’on voyait indiciblement, alors que c’est pourtant ce que nous visions et pouvions côtoyer ailleurs. Cependant, il faut admettre que la misère est plus effrayante loin de chez soi, on n’a pas de replis possibles, pas de connu vers lequel se diriger. C’est alors que nous étions en train de nous diriger vers le marché, que nous nous sommes perdus une nouvelle fois dans l’aventure. Roulant tranquillement, nous avons vu au loin ce qui semblait être un terrain vague avec des installations.

De l’art militant

C’est à la fin de l’exposition, que nous arriverons par l’entrée et que nous aurons des explications. C’était en fait un terrain qui a servi d’exposition à des artistes et qui avaient été le fait de MBAD museum African Bead Gallery. Un magasin de perles africaines qui est aussi une résidence d’artistes. On aura été subjugué par les œuvres exposés, vraiment très parlante sur une certaine domination de la société.

 

détroit abandonné travailÀ la suite de notre visite, nous serons finalement en direction du marché puis sur le départ de la ville. Comme si elle avait voulu nous dire qu’elle valait le coup et que la lutte peut continuer, comme en témoigne l’histoire de la ville et certains monuments que les actuels dirigeants doivent vouloir oublier. Détroit était une ville ouvrière déchue qui se fait reconquérir par la finance, son attraction est forte, son climat est doux et les lacs à proximité. Pour la première ville américaine nous aurons passage aura été plus touristique que servant de témoignage, c’était pour nous mettre dans le bain. Mais nous y retournerons.

Monnaies alternatives; comment s’y retrouver?

Avez-vous déjà entendu parler des banques d’heures ? Des systèmes d’échanges locaux ? Du troc ? De l’Accorderie ? De monnaie locale complémentaire ? Ces outils d’échanges, bien qu’ils ne soient pas tous similaires et n’aient pas la même fonction dans leur communauté ; ils font partie de ce que l’on appelle les monnaies alternatives. Lors D’une soirée discussion avec un des fondateurs du Demi gaspésien, Martin Zibeau avait parlé d’avoir « une polyculture économique » dans une communauté afin de l’enrichir. C’est en connaissant leurs différences, mais aussi en sachant comment ils peuvent fonctionner de pairs que l’on comprendre comment cela peut être possible.

C’est là la force de ces systèmes, nouveaux et vieux comme le monde, que de pouvoir exister en complément les uns des autres. L’essor des monnaies locales depuis les dernières années fait beaucoup parler de lui, être utilisable dans les commerces renforce son aura médiatique. Les systèmes d’échanges locaux quant à eux, sont présents dans des communautés depuis des années, des dizaines d’années pour certains. Le mouvement des monnaies locales a pris une nouvelle vie surtout depuis le lancement du mouvement de transition dans les années 2000. Ce mouvement ayant pour but de renforcer la résilience d’une communauté, créer sa monnaie est apparu comme une solution comme étant de soi.

Mais qu’entend-on exactement par monnaie alternative ?

Une monnaie alternative est un moyen d’échange, entre personnes ou entreprises, qui se fait sans passer par l’unité nationale du pays où se déroule l’échange. N’avez-vous jamais fait un échange de ce genre avec un ami : « Est-ce que tu peux m’aider avec ceci et en échange je t’aiderais avec cela. » Sans le savoir, vous avez fait un échange que l’on pourrait dire « alternatif ». Vous avez fait un échange de services. Et c’est exactement ce qu’est un système d’échange local, un SEL (LET en anglais : local exchange trade) ou bien un TROC.

TROC

Le TROC est un échange réciproque entre deux individus. Le TROC peut aussi être un échange d’objet, il n’est d’ailleurs souvent que cela dans la tête de la plupart des gens. On a assimilé le terme qu’à cet usage puisque souvent on s’échange des objets de valeurs que l’on considère comme étant réciproques. Ce qu’il faut garder en tête c’est que lorsque l’on parle de TROC on implique forcément en échange entre deux personnes, il n’y a pas de tiers entre les deux.

SEL

Les systèmes d’échanges locaux quant à eux, sont une volonté d’une communauté de se créer un outil d’échange pour fonctionner en dehors de monde monétaire national. Les SELs sont un réseau de personnes se réunissant et s’échangeant des services. Ce qui implique que le service que vous rendez à X, pourra vous êtes rendu sous une autre forme par une autre personne. C’est ce que l’on appelle une banque de temps. La base étant de se dire que chacun à des talents que l’on peut s’échanger, alors pourquoi passerait-on toujours par le fait de devoir payer pour ceux-là ? En fait, il serait faux de dire que l’on ne paye pas, reformulons : « Pourquoi on devrait dépenser ou gagner des $ pour ce que l’on fait ».

Image de: http://www.lamonnaieautrement.org

Un système d’échange local va être un regroupement de personnes, d’une aire géographique relativement proche, qui vont se réunir et se mettre d’accord sur une unité de mesure commune afin d’échanger leurs services. Il en existe plusieurs, mais la plus commune et la plus juste est le temps. Je fais une heure de jardinage chez toi, en échange de quoi, avec cette heure, je peux demander à une autre personne de faire une heure de conversation anglaise avec moi. Le temps passé à jardiner, j’ai pu l’accumuler dans ma banque de temps afin de la dépenser à converser en anglais. C’est exactement le même principe qu’un compte bancaire usuel, c’est juste que le solde montre le temps accumulé et non pas un montant d’argent.

Mais si c’est pour avoir un compte bancaire, pourquoi ne pas au final continuer d’utiliser son compte « normal » ? Être membre d’un système d’échange local peut être considéré comme un acte militant, mais aussi un désir de vouloir fonctionner autrement. La raison d’exister de ces systèmes est aussi de recréer du lien social, du lien humain, de faire que les gens d’une aire géographique donnée puissent se connaitre. Si vous devenez membre d’un réseau comme celui-ci, vous serez amené à peut-être échanger avec vos voisins, car ils offrent un service dont vous avez besoin. Peut-être ne leur auriez-vous jamais parlé outre mesure sans cela ? La personne à deux coins de rue de chez vous cherchait justement le service de cuisine que vous offrez. C’est aussi pour cela qu’on les appelle Systèmes d’Échanges LOCAL, car ces banques d’heures ne sont pas faites pour fonctionner sur tout le territoire national, mais bien au sein d’une communauté plutôt restreinte.

Ce sont le plus souvent des systèmes autogérés par la communauté, il y a besoin de personne s’investissant pour le tenir à jour si besoin est, mais aussi la communauté ne pourra être d’un nombre trop grand. Entre 60 et 100 personnes semblent être la taille critique pour fonctionner. Trop peu de personnes : on risque de ne pas trouver ce que l’on cherche, on n’y voit pas l’intérêt et on délaisse le système. Tandis que trop de personnes : le système implose, car celui-ci servant à recréer le lien entre les gens, le nombre d’utilisateurs étant trop grand les gens ne se connaissent pas et un certain contrôle est perdu. Il faut aussi savoir qu’un tel système fonctionne aussi sur la confiance. Un premier tri est fait par la volonté des gens à s’échanger des heures et à devenir membre du système, mais si trop de gens en font partie, le lien ne prend pas. Il est peut-être bon alors à ce moment de créer un autre système pour le quartier d’à côté.

Accorderie

La différence entre une Accorderie et le système de SEL n’est pas bien grande et en même temps un fossé les sépare. Une Accoderie est une banque d’heure également, elle sert à recréer le lien entre les gens, à récréer l’esprit de village entre ses membres. Mais alors ? Une Accorderie est un organisme avec une mission ; lutter contre la pauvreté et contre l’exclusion sociale. À la création de la première Accorderie, celle de Québec, ses activités étaient de continuer celles des organismes qui l’avaient créé, à savoir un groupe d’achats et du microcrédit. Cependant, rapidement, les gens y travaillant ont vu l’avantage qu’il y aurait à incorporer un réseau d’échange de service, car cela servirait à tisser du lien entre les membres.accorderie horizon transition

Alors que les SEL pourraient être considérés comme un regroupement de personnes autonomes créant leur communauté, le principe Accorderie a été créé afin de répondre à un besoin social dans un quartier défavorisé de la ville de Québec avec une mission bien spécifique. Simplement, l’ouverture au principe d’échanges de service a permis de répondre à la mission de manière complémentaire à ce qui se faisait jusqu’à devenir le service principal du réseau. Et ce qui fait sa force, tout comme sa faiblesse pour des raisons financières, c’est que le réseau est animé par un ou des salariés. Ce qui permet de faire éclater la limite de membres. La personne salariée sert de lien entre les différents membres et peut organiser une vie associative afin que les gens se rencontrent. De plus, le SEL lui permet de favoriser la mixité sociale en son sein, ce qui répond d’autant mieux à sa mission et ce qui en fait un réseau d’échange de service encore plus riche.

L’Accorderie est finalement un réseau d’échange de service, une banque de temps, mais pousse le fonctionnement un peu plus loin en étant elle même la banque et se permettant de dépenser des heures. Le réseau peut ainsi faire appel à ses membres afin de fonctionner, tout service rendu à l’organisme est payé en heures qui sont elles-mêmes par la suite échangeables en service. Le réseau peut ainsi s’appuyer sur ses membres afin d’être opérationnel et toujours s’aggrandir plus en ayant la mission sociale toujours dans sa ligne de fonctionnement.

Pourquoi utiliser des heures ?

La principale raison d’une banque de temps d’utiliser l’unité heure comme mesure est que nous avons tous 24 h dans une journée. Cela apparaît comme étant le système le plus juste, car une heure pour l’un sera le même temps pour l’autre. Tandis que si l’on devait avoir des valeurs différentes entre les services, on reproduirait le même schème que le système monétaire actuel. Dans une banque d’heures, c’est le temps humain investi à rendre le service qui compte.

Les Monnaies Locales Complémentaires

Les MLC sont ce qui est le plus connu actuellement. Il en existe plus de 5 000 à travers le monde, dont une trentaine existante en France (+ plein de projets en démarrage) et une petite dizaine de projets en cours de démarrage au Québec. Une monnaie locale complémentaire est un moyen d’échange qui est équivalent dans la plupart des cas à la monnaie nationale. Il est possible de les utiliser entre usagers, mais surtout aussi directement dans les commerces. C’est de ces monnaies dont on entend le plus parler en ce moment. Elles sont la volonté d’une communauté de s’armer d’un outil d’échange sur lequel on a un contrôle. C’est les citoyens et les commerçants qui vont décider ensemble des modalités d’échanges. Mais qu’elle est leur but ?

Tout comme le SEL ou une Accorderie, la monnaie locale va fonctionner sur une aire géographique donnée, elle ne doit pas être trop étendue, sinon elle perdrait sa raison d’être, mais elle doit aussi être en harmonie avec le milieu commercial existant. Selon les études, une monnaie locale devrait être sur le territoire d’une région pour bien fonctionner. Ainsi, le commerçant peut dépenser sa MLC avec ses fournisseurs. Le but d’une telle monnaie étant de renforcer l’achat local dans une perspective économique, mais aussi environnementale. Beaucoup de projets de transition, dans leur mission de réduction des énergies fossiles, vont opter pour ce genre de monnaie, car elle favorise le circuit court.

Mais au final pourquoi ne pas continuer à utiliser la monnaie nationale ?

Une monnaie locale sur un territoire, outre de renforcer l’achat local, va aussi être un enjeu citoyen afin de se réapproprier l’outil qu’est l’argent. En utilisant cette monnaie, on peut décider que l’argent dépensé ne sortira pas du territoire, mais aussi qu’il ne sera pas utilisé afin de financer une guerre ou le financement d’un projet non voulu.

Afin d’acquérir une monnaie locale, les citoyens vont échanger leur monnaie nationale contre de la MLC à un comptoir d’échange, ils pourront ensuite dépenser leur argent dans les commerces acceptant cette devise. Le nombre de citoyens et de commerçant l’utilisant est exponentiel, plus y en a, plus y en aura. Plus de citoyen l’utilisant, plus la masse monétaire échangée sera grande ; cela aura pour effet par la suite que si le nombre de commerces l’utilisant est suffisant, l’argent circulera en interne plus facilement. Une monnaie locale tourne 6 fois plus vite qu’une monnaie nationale, car elle n’est pas thésaurisable (il n’y a pas d’intérêt à la garder) In fine, une monnaie locale mature peut servir à financer des projets communautaires et favoriser la vie locale, car l’argent national accumulé peut être utilisé et investit dans des projets en accord avec les valeurs de la MLC.

Monnaies alternatives = Éducation populaire

Bien que l’on comprenne ces différentes distinctions, il reste normal de se demander pourquoi existent-elles et devrait-on les utiliser. Une monnaie alternative, appelons-les : monnaies complémentaires, sont avant tout là pour diversifier les échanges et faire comprendre que lorsqu’on utilise de l’argent, ce n’est finalement qu’un moyen d’échange dans lequel nous avons confiance confiance, nous lui donnons une valeur d’échange.

En agriculture il y un renouveau de ce qu’on appelle la permaculture, en opposition avec la monoculture (simplifions-le ainsi pour l’exemple). On se rend compte qu’il est préférable d’avoir un jardin diversifié afin que les différentes plantes puissent s’aider à pousser : les unes étant favorables aux autres et d’autres repoussant les prédateurs de légumes voisins. Il y en va de même dans nos échanges. Il est important de les diversifier afin que chacun puisse trouver là où il est le plus à l’aise selon les cas. Si telle personne n’a pas d’argent, elle a peut-être un savoir à échanger. En opposition, si la personne n’a pas le savoir que vous voulez, elle a peut-être un jardin et peut vous fournir en légumes, peut-être aussi a-t-elle un ami qui a ce que vous cherchez.

monnaie locale horizon transition
Éducation populaire et monnaies complémentaires ne vont pas forcément de soi dans la pensée commune. Cependant c’est en utilisant un moyen comme celui-là que l’on peut comprendre plus aisément le fonctionnement de l’argent. Il y a bien sûr la création de la dette et la création monétaire, mais aussi que dans notre vie quotidienne, on a accepté d’utiliser de l’argent sans savoir réellement pourquoi. C’est lorsque l’on comprend que l’on accepte l’argent uniquement parce que l’on sait qu’on peut le dépenser, que l’on peut entrer dans un nouveau système. C’est une question de confiance dans la valeur que vous utilisez.

Nous reviendrons en détail sur chacun des systèmes d’échanges différents afin d’être plus précis sur chacun, mais cela doit déjà permettre de démêler un peu les pensées.

Mais et le Bitcoin ? Et les blockchain ? Et le concept des monnaies libres ?

Oui, ce sont des types de monnaies alternatives, mais nous ne les préconisons par forcement et ne les mettrons pas dans la même catégorie que les concepts ci-dessus. Que ce soit le TROC, les SELs, les Accorderies ou les MLC, elles ont toutes en communs de remettre l’humain au cœur de l’échange et d’être des systèmes favorisant le local. Les monnaies électroniques et le concept de monnaie libre ne rentrent pas dans ces catégories, nous en parlerons plus tard.

Découverte de la Toronto Tool Library

toronto tool library horizon transitionMercredi soir, fin avril, nous voici arrivé dans les locaux vivant de la Toronto Tool Library sur Danforth avenue. Il y a une dizaine de personnes présentent; volontaires, membres ou futur membre chinant l’information sur l’organisme. Ce n’est que plus tard dans la soirée que nous apprendrons que le sous-sol est tout aussi vivant avec son atelier de menuiserie! toronto tool library horizon transition

Nous avions rendez-vous avec Ryan Dyment, le directeur de la Toronto Tool Library, mais nous avons été accueillis par Lawrence Alvarez, qui, nous apprendrons plus tard, est le président de l’organisme ainsi que de l’Institute for Ressource Based Economy, l’organisme qui donna naissance à la bibliothèque d’outils. Nous avons fait un premier tour avec Lawrence de l’ensemble du local; la bibliothèque, l’atelier de menuiserie et le local de réparation.

toronto tool library horizon transitionPar la suite nous avons rejoints Ryan avec Lawrence dans un restaurant en face, il était en discussion avec des visiteurs de Minneapolis qui voulaient avoir de l’information pour mettre en place un Makerspace. Une rencontre fortuite dont nous avons tiré profit en allant les voir, mais cela sera pour une prochaine vidéo 😉

Présent à Toronto depuis maintenant près de 4 ans, la Toronto Tool Library, c’est plus de 2 000 membres de l’organisme qui peuvent avoir accès à un de 25 000 outils de la bibliothèque. Il y a maintenant 4 locaux à travers de Toronto et peut-être d’autres suivront selon les besoins. Lorsque nous nous y sommes rendus, un local venait d’ouvrir une semaine auparavant et il était déjà plein d’outils à louer et plus de 25 volontaires avaient été formés afin de travailler dans le local.toronto tool library horizon transition

Les bibliothèques d’outils font partie de la nouvelle économie social et collaborative. Celle de Toronto est née suite à la réflexion du groupe d’amis qui faisait partie de l’organisme IRBE qu’ils avaient fondés. C’était un groupement d’amis environnementalistes et activistes qui ont vu par le biais de mettre en place une bibliothèque d’outils, une possibilité de lutter à échelle local contre l’accumulation individuel d’un nombre d’object incommensurable.

toronto tool library horizon transitionAvec le temps le projet s’est développer et offre également maintenant un atelier de menuiserie, une découpeuse laser et des imprimantes 3D. Il y a également tout un programme fait pour les jeunes et les faire venir découvrir.

La TTL organise un symposium des bibliothèques d’outils le 9 juin, si vous souhaitez en savoir plus où vous y inscrire pour savoir comment monter votre projet, voici la page: 2nd annual lending library symposium

Voici aussi le lien vers la page Facebook de la Toronto Tool Library, n’hésitez pas à allez les voir et partager l’information.

Nous n’en dirons pas plus et vous laissons découvrir le tout via la première vidéo que nous avons fait avec l’interview de Ryan Dyment. (les sous-titres arrivent bientôt)