River John, Nouvelle-Écosse; une magie se crée

River John, une communauté de moins de 3000 habitants, a une histoire bien similaire à plusieurs communautés rurales du Canada, plusieurs de ses services ferment. Il y a environ 10 ans la banque et l’épicerie du village ont fermé et en juin dernier c’est l’école du village qui ferme.

L’annonce avait été fait en 2013, mais cela a créé beaucoup de protestations à l’intérieur de la communauté, ce qui a incité le gouvernement à créer un comité de réflexion pour résoudre les problèmes d’une utilisation trop faible de l’école (80 élèves présents pour une capacité de 250) qui ont mené à la fermeture de l’école. De plus, puisqu’il avait été prévu de fermer l’école, elle n’a pas été entretenu comme il l’aurait fallu pour diminuer les coûts; le comité devait prendre cela en considération aussi. Le comité a travaillé pendant deux ans à chercher des solutions, mais en 2015 un vote à égalité (8 pour et 8 contre) mène à la décision finale de fermer malgré tout l’école.

Pour Sheree John, une ancienne enseignante impliqué dans le comité et auteure de livres pour enfant, la perte d’une école est très proche de la dissolution d’une communauté. Après avoir été désillusionnée par l’apparente ouverture du gouvernement, elle a décidé d’arrêter de donner son énergie pour se battre contre celui-ci, mais plutôt pour créer elle-même le genre de projet qui l’intéresse et qui pourra aider la communauté. C’est ainsi qu’elle a ouvert une librairie en juillet dernier « Mabel Murple’s Book Shoppe and Dreamery« .

Elle a créé la librairie à l’image de l’univers d’un de ses romans, Mabel Murple. Ainsi, tout est peint en mauve et une petite grange permet de voir l’intérieur de la maison de Mabel. Un âne et trois hula-hoop sont aussi sur la propriété. Sheree a repris l’idée de créer un espace interactif et intergénérationnel du comité pour l’école. Ainsi elle fait venir des auteurs de livres pour enfant et des classes d’élèves de la région. La librairie, bien qu’à 10 minute hors du centre du village, sur un chemin de gravel, attire petits et grands le temps d’un weekend en campagne!

La libraire est toujours remplis, ce qui m’étonne particulièrement vu qu’elle est si excentrée. Elle est en train de devenir une destination pour les grands-parents et leurs petits-enfants qui souhaite faire une sortie comme ils en faisaient avant l’arrivée des technologies numériques.

Bien que ce soit un projet commercial, il marque une transition pour la communauté de River John. Sheree a reçu beaucoup d’aide et d’appréciation de la communauté de River John. Elle dit elle-même que la librairie est plutôt une façon d’investir dans la communauté et que c’est à celle-ci de faire ce qu’elle veut de ce lieu. Cette histoire à succès est en train de créer la magie de la résilience au sein de cette communauté! Prochainement ils auront l’occasion de voir les fruits de cette résilience, puisqu’une fois l’école détruite, le terrain appartiendra à la communauté. Ils ont déjà levée des fonds en vendant le matériel à l’intérieur de l’école, ce qui me laisse optimiste pour la suite des choses!

Yves Provencher


La Patente, un atelier collaboratif à Québec

La PatenteIl y a des endroits où l’on va parce qu’il y a un but précis, il y en a d’autres c’est par habitude, puis finalement il y a ceux où l’on va car on s’y sent bien. Pour moi, La Patente est successivement devenue ces endroits au fur et à mesure de ces deux dernières années. Au départ, sortant d’une courte formation de menuiserie au Centre Jacques-Cartier, je voulais continuer à essayer de créer, c’était le moment où je cherchais à ne plus rentrer dans un bureau. Les premiers résultats apparurent, créer de ses mains, savoir répondre à ses besoins en créant soi-même, c’est un sentiment gratifiant. Avec le temps, les mêmes visages, on commence à discuter un peu plus, aller prendre un verre à la fin de la journée, on se fait des connaissances, des amis. Une envie de créer, d’être entouré de personne que l’on connait, briser parfois la solitude morne de son atelier dans son garage, alors on se dirige vers ce lieu habité, on s’y sent bien.

La Patente

En plein travail!

La Patente est un atelier collaboratif, un makerspace, c’est-à-dire que c’est un lieu où l’on peut se rendre pour aller y travailler en utilisant les outils mis à dispositions. Il y a deux ans c’était le troisième du genre au Québec ; il y avait la Fabrique qui débutait à Sherbrooke et La Remise à Montréal, mais c’était le premier dans la région de Québec. C’est aussi le plus grand. Situé dans le vieux Limoilou, aux abords de la rivière Saint-Charles, limitrophe à Saint-Roch, c’est un atelier en plein centre-ville. Tout a commencé lorsque des amis, pour la plupart étant dans l’organisme communautaire Vélocentrix, cherchaient un local pour celui-ci. Puis, quelqu’un est arrivé avec des outils à donner, l’emballement s’est pris, l’occasion d’avoir le local s’est présentée et voilà qu’une coopérative est montée avec un local et plein d’outils. On résumant rapidement l’histoire, on peut la voir comme cela, je n’étais pas là à cette époque, ce qui est certain par contre c’est qu’il y a eu un temps humain investit important.

Coopérative de solidarité depuis le départ, il faut payer 30 $ de part social afin de devenir membre de La Patente et ainsi d’avoir accès à l’ensemble des 4 ateliers. Une formation de sécurité d’une durée de 2 h est aussi obligatoire avant de pouvoir commencer à venir travailler. Un tour est fait des locaux, une explication des principales machines de l’atelier de bois, ainsi qu’une explication de ce qu’est La Patente. La formation aux outils est bonne pour les personnes complètement novices, mais elle est bonne également pour ceux plus experts, qui ne sont pas habitués à travailler dans un atelier collectif.

4 ateliers

Bois

La Patente

L’atelier le plus fréquenté est l’espace de menuiserie, où une dizaine de personnes peuvent travailler simultanément. Il y a à peu près tout ce que l’on peut espérer trouver pour travailler, certaines machines plus spécifiques ou de précisions peuvent également être apportées par les membres durant leur période de travail. L’atelier est divisé en deux espaces principaux, l’un où se fait le montage et les finitions, les choses plus manuelles, puis une autre partie où se trouve les machines et les outils à poussière (ex : sableuse).

 

Métal

La Patente

Fabriquer ses pièces en métal, un art!

Le deuxième atelier important en terme de taille, c’est l’atelier de métal. Moins utilisé aux débuts de La Patente, il est de plus en plus utilisé, la présence d’un soudeur à temps partiel qui peut vous aider dans vos projets n’y est pas pour rien. La mode est au bois pour sa facilité de travail, le métal est peu utilisé, mais l’usage de La Patente peut permettre de changer cela car tous les outils sont présents.

L’atelier de textile

La Patente

On peut en faire des choses en couture!

Un atelier plus petit, mais qui a des habitués, c’est l’atelier de textile ; machines à coudre, surjeteuse et des tonnes de tissus sont présent afin de vous aider à réaliser votre projet. Certains y font des habits, tandis que d’autres font la finition de leur camion ou la suite du projet débuté dans un autre atelier. (Un banc, ça lui prend des coussins !).

L’atelier d’électronique

La Patente

Côté rangement de l’atelier électronique

Peu utilisé, l’atelier d’électronique est pourtant là. Il ne demande qu’à réhabilité, lors de notre départ un groupe se formait afin de travailler sur les puces Arduino. Une technologie apparemment simple qui permet de faire plein de projets intéressants et pouvant s’intégrer avec les créations en bois et en métal. Mais il y aussi tout ce qu’il faut pour faire son système électrique si vous faire une lampe ou tout simplement pour réparer vos objets qui finiraient aux ordures si on ne sait les réparer.

Peinture

Il existe aussi un cinquième atelier que nous ne comptons pas, mais qui est la salle de peinture. Même si vous avez tous les outils à la maison, c’est rare d’avoir une pièce dédicacée afin de faire du travail au pistolet à peinture. Encastrée dans l’atelier de bois, une pièce close loin de toute poussière et avec l’aération adéquate vous permet de réaliser le travail parfait.

Formations

La Patente

Formation d’initiation à La Patente

La Patente est le lieu du Do It Yoursel à Québec, mais ce n’est pas seulement un énorme espace pour ceux qui savent déjà faire. Une panoplie de formations allant de la fabrication d’un couteau à la création d’un plan en 3D peuvent permettre à ceux moins expérimentés de s’initier à de nouveaux savoir-faire. Et c’est là un des points forts de La Patente, car avec ses centaines de membres, c’est une ressource inépuisable de savoirs qui est présente dans la communauté.

La bibliothèque d’outils

La Patente

Soirée d’inauguration de la bibliothèque

Le 9 mars, La Patente inaugurée la bibliothèque d’outils de Québec, après des mois de travail comme directeur à La Patente, Maxence a fait voir le jour à ce projet. (Nous avons la vidéo de l’inauguration sur notre page Facebook) Le principe de la bibliothèque d’outils nous l’avons vu dans cet article à Toronto. C’est une nouvelle branche que La Patente offre aux citoyens de la ville de Québec. Car bien que la plupart des projets pourraient se faire dans les locaux de La Patente, il y en a qui ne sont pas exportables, par exemple si vous faites des rénovations dans votre maison. Alors il est possible, pour 60 $ par année, de devenir membre de la bibliothèque et d’emprunter des centaines d’objets gratuitement. Que ce soit des outils pour vos travaux, mais aussi de l’équipement de camping ou de cuisine, pourquoi acheter alors que l’on peut emprunter en partageant ?

La Patente, économie coopérative ou modèle social ?

Bientôt 3 ans que La Patente a fait l’acquisition de son local, 3 ans que les membres ont commencé à faire les premiers travaux et aménagements afin de devenir un atelier coopératif. Plus de 2 ans après l’ouverture officielle des locaux et l’adhésion de plus de 400 membres dans la coopérative, peut-on dire ce qu’est exactement La Patente ?

Une coopérative, même si c’est une coopérative de solidarité, est une entreprise qui répond aux besoins de ses membres, c’est sa mission, mais c’est aussi sa mission qui est également le produit de vente qui l’a rend autonome économiquement. La mission de La Patente est de pourvoir un espace de travail à tous ses membres afin de rendre accessible le fait de créer soit même.

Volontariat

La Patente

Volontaires en train d’améliorer le dépouissiéreur

Le volontariat est une part importante de fonctionnement de La Patente, sans cela, elle n’existerait pas. On parle de volontariat, comme de bénévolat, mais en donnant son temps on en retire un avantage. Pour 16 heures données à l’organisme, on peut se rendre quelques jours gratuitement dans les locaux par mois. Même si avantageux, tous ne le font pas dans cette optique. Car donné de son temps c’est aussi une manière de le passer et de transmettre son savoir. Il est possible de faire du volontariat à La Patente directement dans les ateliers, mais aussi par le biais de formation, de réparation sur les machines, d’aider aux œuvres collectives, d’aider dans les bureaux, toute bonne volonté est la bienvenue. C’est la force de cet organisme qui est aussi un projet et une construction collective.

Un espace social, un lieu de rencontre

La Patente

Rencontre d’un comité

Après plusieurs jours de travail dans les locaux, on peut voir plusieurs dizaines de personnes travaillées en même temps que soi. Ce sera tout autant de profil différent que l’on pourra voir ; la jeune entrepreneure, le travailleur de bureau qui fait son mobilier de maison, le professionnel à la retraite, un groupe d’étudiants réalisant un projet scolaire, la personne donnant tout son temps en bénévolat ou alors d’autres cherchant un idéal de vie. À La Patente, on peut rencontrer des gens visant la simplicité volontaire et d’autres ayant tout en double, on peut trouver des gens avec une famille complète et heureuse, puis d’autres se sentant seuls chez soi. La mission première de La Patente est de fournir un atelier à toute cette diversité de population, c’est tout du moins la version officielle. Mais si derrière cela on n’y trouvait pas un organisme étant également un organisme social servant de lien, permettant une mixité sociale, mais aussi de permettre de se trouver une occupation quand on ne sait pas quoi faire ? Si c’était un lieu de passation du savoir, mais aussi un lieu pour quand on a moins d’argent on peut apprendre à faire soi-même pour économiser ? Et si c’était un lieu pour les curieux qui veulent comprendre comment ça marche ? Et si c’était un lieu qui permettait de combler une solitude quotidienne ? Et si c’était un lieu incubateur d’idées nouvelles et d’économie solidaire de demain ? Et si c’était une solution écologique à la consommation à outrance?

La Patente

Un projet d’aménagement public se construit

Une problématique de La Patente lorsque nous avons quitté était encore et toujours le financement. « Facile » de démarrer ; plein de bonnes idées, de soutiens et d’espoirs sont présents, mais le fil du temps avançant c’est plus compliquer de garder tout cela à flot. On attend de l’organisme un équilibre budgétaire, mais en même temps on se réjouit de son apport social auprès de la population. Or, un vrai organisme social, ne fais pas le commerce du pauvre, comme certains peuvent s’en draper. Comment avancée paisiblement quand sa personnalité reste à définir ? Entre le statut OBNL et coopérative, qu’est-ce qui représente le mieux pour cet organisme ? La Fabrique a Sherbrooke est Coop, les autres que nous avons rencontrés sont OBNL. Comment répondre adéquatement à tous ses membres et leurs profils diversifiés ? Est-ce que développer des activités qui rassemblent et renforcent la communauté serait une solution comme nous l’avons vu à Chicago ? Est-ce que la recherche de l’équilibre budgétaire n’amène pas des solutions adéquates avec son statut de coopérative, mais en contradiction avec sa mission sociale ?

La Patente

Un Laurent en réflexion sur son meuble bureau

L’atelier coopératif La Patente est un lieu incontournable pour tout curieux de la ville de Québec, une explosion d’idée peut nous tomber dessus lorsqu’on passe la porte. Un partage de savoir immense est présent entre les membres et le mot clés entre tous est collaboration. Travaillons sur nos projets, mais aidons nous à les faire. Des défis attendent cet organisme, mais sa présence est importante sur le territoire. Bravo et merci à tous les Patenteux rencontrés au cours de ces 2 dernières années. L’Escargot aurait bien eu du mal à se construire sans La Patente!

 

South Side Hackerspace: Chicago

south side hackerspace chicagoC’est en visitant la bibliothèque centrale de Chicago que nous avons appris l’existence d’un lieu qui pourrait nous intéresser ; le South Side Hackerspace Chicago. Il y avait au deuxième étage de la bibliothèque un lieu, un makerspace, qui était dédié à l’apprentissage des imprimantes 3D. On en rencontrer d’ailleurs plusieurs durant le voyage et quelques-uns encore plus surprenant. Les bibliothèques comme lieu de l’apprentissage collectif multimédia, mais ce sera là le sujet d’un prochain article.

south side hackerspace chicago

Des imprimantes 3D

Interpellés à la dernière minute, car nous devions prendre la route selon notre horaire, les membres du South Side Hackerspace Chicago ont gentiment accepté de nous recevoir et de faire visiter leur espace. Un peu excentré du centre du Chicago comme son nom l’indique, le hackerspace se trouve dans un ancien bâtiment commercial où se trouvent d’autres organismes comme lui. C’était la même chose que pour la bibliothèque d’outils d’Ottawa.

south side hackerspace chicago

Une carte d’un monde à découvrir…

C’est un organisme à but non lucratif selon ses statuts, mais pourrait très bien être une coopérative, l’espace étant pour les membres seulement. Un organisme à 100 % autonome au niveau de son budget qui arrive à financer lieu quasiment qu’avec les cotisations.

Tous les membres ont accès au lieu par leur clé personnelle, mais il y a deux catégories de membres ; membre de base et membre votant. Tout le monde peut être être membre votant, c’est-à-dire participer à la vie démocratique de l’organisme, il suffit de payer le montant pour l’être, qui est de 65 $ par mois et qui donne accès à un casier et un accès 24 h au local, ainsi que le droit de vote. Ce sera le deuxième organisme avec un makerspace que nous rencontrons et les deux donneront un accès total au lieu aux membres qui paye pour. Une confiance semble donnée à toute personne devenant membre.

south side hackerspace chicago

L’atelier de bois

Les SSH Chicago est un peu plus orienté nouvelle technologie, on prend par exemple le fait qu’ils aient 4 imprimantes 3D qu’ils ont récupérées et réparés, mais il y a aussi un atelier de bois complet auquel se mélange une partie de métal.

south side hackerspace chicago

L’atelier de bois avec un accès sur l’extérieur

Une particularité qu’a le SSH est qu’il a une rencontre hebdomadaire de prises de décisions, mais aussi un évènement 2 vendredis par moi afin de se réunir tout simplement pour jouer à des jeux, regarder un film ou faire une activité de groupe. C’est un exercice intéressant qui semble donner un esprit de groupe aux membres et leur permettre de mieux se connaître afin de mieux travailler ensemble.

 

Et voici la vidéo de notre rencontre avec Chris Agocs, membre du South side hackerspace Chicago, vous pourrez en apprendre plus sur cet organisme!

Ottawa Tool Library

ottawa tool libraryC’est par notre hôte de couchsurfing à Ottawa, que nous avons entendu parler du premier projet que nous allions rencontrer. Pas encore préparé, mais déjà le projet en tête, c’est ainsi que nous allions en direction du Makerspace North à Ottawa. Dans cet espace que nous découvrirons très grand, une partie était louée par la Ottawa Tool Library.

ottawa tool libraryUne bibliothèque d’outils est un lieu où l’on peut louer comme le nom l’indique, des outils. Fonctionnement comme une bibliothèque traditionnel, le principe est de pouvoir devenir membre de l’organisme et ainsi d’avoir accès gratuitement après inscription à tous les outils disponibles. On a pu le voir avec la bibliothèque d’outils de Toronto, le but d’un tel organisme est multiple ; tant qu’une lutte contre la surconsommation, mais aussi une vocation sociale très forte afin de permettre à tout un chacun d’avoir accès à une gamme complète d’outils afin de faire par sois-même.

ottawa tool libraryLors de notre arrivée, nous avons été accueillis par les membres volontaires de la bibliothèque, notamment par Dr Phil qui nous a fait faire un d’ensemble de la Ottawa Tool Library. Créé en 2014, OTL a maintenant plus de 700 membres pour environ 2 000 outils à louer. Depuis les 2 ans d’existence, c’est plus de 6 500 emprunts qui ont été faits.

ottawa tool libraryPour pouvoir être membre de la Ottawa Tool Library, il faut compter 60 $ par année à titre individuel. Cela permet d’avoir accès à l’ensemble des outils proposés par la bibliothèque. Lorsqu’on parle de bibliothèque d’outils il ne faut cependant par s’arrêter à simplement des outils conventionnels comme un marteau, une perceuse ou une scie. La force d’un projet comme celui-ci est de collectiviser le bien commun et d’acquérir des objets moins usités, mais aussi plus dispendieux. Donc outre un planeur ou une dégauchisseuse afin d’avoir des planches parfaites pour une table, il est également disponible de louer du matériel de cuisine, de couture ou bien même d’activités de plein air.

ottawa tool library
Si vous êtes plusieurs à la maison à vouloir utiliser la bibliothèque, il y a un prix « familial » pour 90 $ permettant à deux personnes de s’inscrire. Bien que les projets comme celui-ci soient issus d’initiatives citoyennes et pensés pour les citoyens, il n’empêche pas qu’ils puissent répondre également à un besoin pour des organismes à moindre budget ou bien qui décide d’encourager ce genre d’initiative par souci environnemental. Il est possible pour un OBNL d’être membre de la Ottawa Tool Library pour 200 $ par année.

Le financement est toujours une problématique pour ce genre d’initiative et c’est souvent par l’implication des membres et l’ingéniosité de ceux-ci que c’est possible de faire fonctionner ces organismes. Toutes les heures d’ouverture de la bibliothèque sont assurées par ses membres. Faire des heures de volontariats par mois permet d’avoir un accès privilégié afin de louer des outils. Lorsque des outils sont brisés ou que du matériel est récupéré et qu’il n’est possible d’en avoir usage, le métal est récupéré et collecté afin d’être revendu lorsqu’il y en a assez. Cela permet d’avoir un petit revenu.

Commencée comme une bibliothèque d’outils, la OTL agrandit son champ d’action en organisant des activités de Repair-café et depuis peu par un workshop en son sein.

Adresse:
Makerspace North (MSN), 250 City Centre, Bay #216 ,Ottawa, ON K1R 1C7
613-868-0178
info@ottawatoollibrary.com

Horaires:
Lundi de 18h à 21h
Mercredi de 18h à 21h
Samedi de 10h à 13h

The Works; le musée de l’expérience

Grâce à un heureux hasard, lors de notre visite à la Toronto Tool Library, nous avons rencontré deux américaines, elles venaient de Minneapolis et venaient chercher des informations ici à Toronto. C’est en discutant avec elles que nous nous sommes rendus compte que notre passage à Minneapolis ne pourrait pas se faire sans passer l’endroit où elles travaillaient: The Works. Un organisme à but non lucratif qui se dédie à faire découvrir aux enfants les différents phénomènes de la science par le biais de l’expérience. Ce n’est pas courant que l’on voit ça, de plus, elle venait à Toronto pour prendre de l’information afin de développer un makerspace à l’intérieur de celui-ci !

C’est ainsi que nous avons finalement mis Minneapolis sur notre route alors que nous n’en étions pas sûrs et c’est surement notre ville préférée pour le moment ! Le passage au Works et la gentillesse de Frances Knaeble, la personne que nous avons rencontrée et qui nous a servi de guide lors de notre passage au Works n’a que pu aider cette impression !

The Works se trouve au 9740 Grand Ave. S. Bloomington, MN 55420, au sud de Minneapolis ; c’est un grand bâtiment de 3 étages qui abrite cet espace d’apprentissage ! Le Works existe depuis quelques années, mais seulement depuis 2 ans à cet endroit, toujours à la recherche d’un lieu plus grand, il semble que celui-ci soit leur maison pour un bon moment.

Le rez de-chaussée vous accueille avec une construction géante en Kynex, un grand huit avec une dizaine de parcours possibles qui peut subjuguer des heures et des heures ! Heureusement Frances est venue nous chercher, car nous serions surement encore en train de regarder les billes se déplacer dans cette construction géante ! Vous avez par la suite tout l’espace qui est dédié aux expositions ; on parle d’exposition, mais c’est en fait de minis ateliers qui permettent aux enfants d’expérimenter tout en s’amusant. Le sous-sol est quant à lui occupé par deux salles de classe qui permettent de donner des ateliers thématiques aux classes qui viennent, et il s’y trouve également la salle de repas afin de manger le midi. Le premier étage quant à lui est occupé en partie par les bureaux, mais aussi pour le moment par deux grandes salles à peine occupées qui seront aménagées pour être le fameux futur makerspace.

The Works est un espace accueillant des classes et des familles, mais aussi des camps d’été et des activités thématiques. L’ouverture à un atelier se veut aussi être une possibilité de réunir une population un peu plus diversifiée et peut-être des gens plus âgés pourront venir partager leur savoir avec les plus jeunes générations.

C’est certainement un organisme qui mérite d’avoir des jumeaux. Si vous êtes de passage à Minneapolis et que vous avez dépassé l’âge cible, on vous conseille fortement tout de même d’aller les voir, cela peut donner de bonnes idées et aussi expérimenter comme des enfants!

Voici une vidéo de 16min avec Frances Knaeble, développeur de projets à The Works, notamment celui de makerspace, qui répond à nos questions.

Découverte de la Toronto Tool Library

toronto tool library horizon transitionMercredi soir, fin avril, nous voici arrivé dans les locaux vivant de la Toronto Tool Library sur Danforth avenue. Il y a une dizaine de personnes présentent; volontaires, membres ou futur membre chinant l’information sur l’organisme. Ce n’est que plus tard dans la soirée que nous apprendrons que le sous-sol est tout aussi vivant avec son atelier de menuiserie! toronto tool library horizon transition

Nous avions rendez-vous avec Ryan Dyment, le directeur de la Toronto Tool Library, mais nous avons été accueillis par Lawrence Alvarez, qui, nous apprendrons plus tard, est le président de l’organisme ainsi que de l’Institute for Ressource Based Economy, l’organisme qui donna naissance à la bibliothèque d’outils. Nous avons fait un premier tour avec Lawrence de l’ensemble du local; la bibliothèque, l’atelier de menuiserie et le local de réparation.

toronto tool library horizon transitionPar la suite nous avons rejoints Ryan avec Lawrence dans un restaurant en face, il était en discussion avec des visiteurs de Minneapolis qui voulaient avoir de l’information pour mettre en place un Makerspace. Une rencontre fortuite dont nous avons tiré profit en allant les voir, mais cela sera pour une prochaine vidéo 😉

Présent à Toronto depuis maintenant près de 4 ans, la Toronto Tool Library, c’est plus de 2 000 membres de l’organisme qui peuvent avoir accès à un de 25 000 outils de la bibliothèque. Il y a maintenant 4 locaux à travers de Toronto et peut-être d’autres suivront selon les besoins. Lorsque nous nous y sommes rendus, un local venait d’ouvrir une semaine auparavant et il était déjà plein d’outils à louer et plus de 25 volontaires avaient été formés afin de travailler dans le local.toronto tool library horizon transition

Les bibliothèques d’outils font partie de la nouvelle économie social et collaborative. Celle de Toronto est née suite à la réflexion du groupe d’amis qui faisait partie de l’organisme IRBE qu’ils avaient fondés. C’était un groupement d’amis environnementalistes et activistes qui ont vu par le biais de mettre en place une bibliothèque d’outils, une possibilité de lutter à échelle local contre l’accumulation individuel d’un nombre d’object incommensurable.

toronto tool library horizon transitionAvec le temps le projet s’est développer et offre également maintenant un atelier de menuiserie, une découpeuse laser et des imprimantes 3D. Il y a également tout un programme fait pour les jeunes et les faire venir découvrir.

La TTL organise un symposium des bibliothèques d’outils le 9 juin, si vous souhaitez en savoir plus où vous y inscrire pour savoir comment monter votre projet, voici la page: 2nd annual lending library symposium

Voici aussi le lien vers la page Facebook de la Toronto Tool Library, n’hésitez pas à allez les voir et partager l’information.

Nous n’en dirons pas plus et vous laissons découvrir le tout via la première vidéo que nous avons fait avec l’interview de Ryan Dyment. (les sous-titres arrivent bientôt)