Le slow travel, vous connaissez ? (partie 1)

Alors que nous sommes sur la route, avec notre Escargot, lentement, à rencontrer, découvrir des alternatives, nous réfléchissons sur notre manière de voyager : nous disons que nous sommes lent, mais pouvons-nous dire que nous sommes dans le mouvement du Slow Travel. D’un certain point de vue, oui, nous voyageons à notre rythme, nous nous arrangeons au maximum d’être dans la philosophie des 3R : Réduire, Réutiliser, recycler, nous favorisons les temps de marche pour découvrir les lieux, paysages et tout ce qu nous entoure. Puis d’un autre point de vue, non, notre Escargot consomme pas mal de litres au cent, pas idéal du point de vue écologique et je dirai même économique. Mais là n’est pas le sujet de cet article, alors, connaissez-vous le « slow travel » ?

Le « slow travel » ou littéralement voyage lent, se situe dans le mouvement du « slow », qui consiste à apprécier ce que nous faisons, mangeons, ou la manière dont nous voyageons de manière moins rapide et consumériste. Cela va à l’encontre du tourisme de masse. Le slow travel est une manière de voyager responsable et d’apprendre à prendre son temps. C’est une très belle opportunité pour faciliter de nouvelles rencontres et partage des moments inoubliables, mais aussi pour réduire son empreinte écologique au quotidien en prenant par exemple des transports moins polluants.

slowtravel voyage lent transitionSur le pouce! Stop!

Voyager sur le pouce, ou faire du stop, y avez-vous pensé ? Façon économique, favorisant les rencontres imprévus, patience et bonne humeur, sont de mises. Je vous laisse découvrir le témoignage d’Yves, un de nos amis qui voyagent de cette manière depuis plusieurs années!

 

Pour moi, voyager est une manière de revenir à un rythme normal, de prendre le temps d’apprécier le présent, de savourer sa banalité tout comme ses moments de grâce. C’est contraire au rythme de vie effréné que nous vivons tous d’une façon ou d’une autre avec le travail, les médias sociaux ou la communication instantanée. C’est passer une grande partie de son temps dehors, rencontrer des gens, se lever le matin sans savoir exactement ce que la vie nous réserve pour cette magnifique nouvelle journée. C’est pour ces raisons et plusieurs autres que je préfère voyager sur le pouce.

Mais ça va plus loin. C’est aussi une façon pour moi de créer le monde dans lequel je veux vivre, un monde dans lequel je peux avoir confiance en un étranger et qui peut également me faire confiance. On va au-delà de la simple consommation touristique et culturelle pour entrer profondément dans la réalité unique de la personne s’arrêtant sur le bord de la route. Mais il ne faut pas croire que c’est toujours aussi idyllique haha! Ça demande beaucoup d’énergie pour créer ce type de connexion et souvent la réalité du voyage (fatigue, trop de rencontre en même temps, etc.) rend cette connexion plus rare.

Voici quelques articles d’une blogueuse qui fait de l’auto-stop au féminin son moyen de transport de prédilection. Vous pouvez fouiller son blog pour plus d’information, mais voici un article pour les débutants, un article sur les techniques et un article sur le pouce au masculin. Et c’est sans oublier l’outil de base que j’utilise pour sortir d’une ville que je ne connais pas du tout!

 

slowtravel voyage lent transitionA Bicyclette!

Que diriez-vous d’un mode de transport non polluant, sportif et bon pour la santé! Le cyclotourisme fait de plus en plus fureur et il n’est pas rare de voir des cyclistes avec des portes-bagage sur les routes. Il est plus développé en Europe mais il est plus facile maintenant de trouver des vélos route, des cartes pour cyclistes.
Allez, En vélo, un coup de pédale et c’est parti!

Découvrez le témoignage d’Alexandre, un ami, qui est passionné par le vélo, impliqué dans différents projets communautaires à Québec, il nous livre ses bons conseils! Allez, en route!

Voyager à vélo : liberté et découverte sur deux roues

Je voyage à vélo depuis que j’ai 17 ou 18 ans. Pour moi, cette manière d’explorer le monde a beaucoup d’avantages : peu de pollution (je respire, donc j’émets du CO2… Je blague !), de dépenses et peu de stress. Je me sens plus en relation avec les gens des communautés que je visite et les belles rencontres sont fréquentes. Si je le désire, je peux explorer une région à fond. Ou y aller en mode sportif, sans trop visiter. C’est à ma guise, je suis libre. De plus, le cyclotourisme me fait prendre conscience du confort dans lequel je vis normalement: chauffage, eau chaude, frigo, etc. Et ça me reconnecte au rythme de la nature.

Si vous souhaitez faire de même, voici quelques conseils :

1- Inscrivez-vous sur le site web warmshowers.org. C’est un site d’échange d’hospitalité entre cyclotouristes. Vous pourrez y chercher des offres d’hébergement dans le(s) pays que vous comptez visiter. En échange, il est demandé d’héberger occasionnellement d’autres voyageurs. C’est super utile et inspirant !

2- Allez-y progressivement, à votre rythme! Adaptez votre voyage à votre forme physique. Pour certains, ça voudra dire de commencer par une fin de semaine en allant camper dans le sous-sol d’un ami qui demeure à quelques dizaines de kilomètres de chez vous. Pour les 2 ou 3 premiers jours, prévoyez peu de kilomètres et beaucoup de pauses pour récupérer, faire des ajustements de bagages ou une mise au point mécanique.

3- Planifiez, mais pas trop ! On veut parfois tout contrôler lorsqu’on planifie un voyage. slowtravel voyage lent transitionEn vélo, plein d’événements imprévus peuvent vous obliger à modifier vos plans : pépin(s) mécanique(s), changement d’itinéraire suggéré par un autre cyclotouriste, etc. Alors, une planification générale du voyage = ok. Il est même préférable de la détailler pour les 3 ou 4 premiers jours. Mais si vous partez pour plus de 2 semaines, en général, ça ne sert à rien de tout prévoir : vous devrez probablement changer une bonne partie de vos plans. Réservez simplement quelques heures, une fois par semaine, pour planifier la semaine à venir, appeler ou envoyer des courriels pour réserver des hébergements ou des activités, etc.

4- Le dernier conseil… mais non le moindre : lancez-vous ! Trop de gens tergiversent tellement qu’ils finissent par ne pas partir. Ils passent à côté d’aventures fantastiques, insolites et, parfois, complètement loufoques ! Faites partie des téméraires, des hardis aventuriers (des beaux fous, dirons certains!) et tentez le voyage sur deux roues !

 

Et un kilomètre à pied!

slowtravel voyage lent transitionEncore plus lente, au gré du temps, grâce à notre moyen de locomotion naturel, les jambes, il est possible de partir sur les routes à pied. Gabriel, un ami de France, passionné par la marche, nous livre son témoignage. Il m’a rappelé que nos jambes sont le moyen de transport le moins polluant du monde, la marche renforce nos muscles et préserve notre santé. C’est une activité simple à la portée de tous que nous avons appris dès le plus jeune âge. Puis, avec les nombreux véhicules on a tendance à oublier que les courts trajets peuvent s’effectuer à pied, c’est pourtant une alternative très efficace pour faire du sport et oublier les régimes. Et côté santé, elle est essentielle pour le rythme biologique, la qualité du sommeil et un des meilleurs moyen d’éliminer le stress et de se sentir bien dans sa peau à la découverte de la nature au grand air. Alors, vos chaussures de marche sont prêtes pour le départ ?

 

Les miennes ? Oui!!

Après l’amputation de ma jambe droite en 2008 …..et oui «  je suis toujours vivant  » Alors la nature revient au galop. Une plongée dans les îles Lavezzi en Corse me redonne le goût du voyage malgré mon handicap. Ensuite l’Ouzbékistan, la Tanzanie, l’Europe….

A chaque fois, je m’enrichis de nouvelles cultures, je découvre des paysages incroyables et je rencontre des gens extraordinaires. J’apprends aussi beaucoup sur moi même et j’acquière de nouvelles compétences. J’ai toujours un sac à dos près de moi, d’ailleurs il n’est pas seul car ils sont une quinzaine à me tendre les bras. Dès les beaux jours nos envies de reprendre la direction de la montagne se font sentir : mes propositions à Sonia mon épouse sont rapidement validées; Direction les alpes sur un parcours d’une semaine en Vanoise, de refuge en refuge. Avant le départ je réserve toutes les nuitées, ce qui me garanti d’avoir une place, mais avec l’inconvénient d’être obligé de marcher par tous les temps.

Plusieurs jours avant le départ les sacs à dos sont préparés avec une attention toute particulière pour le mien car je veux prendre le minimum pour que cette expédition reste un plaisir. Dans nos têtes nous sommes déjà en route.
Après 350 km nous voici sur le point de départ, dès les premières foulées au pied des montagnes nos esprits se déconnectent de notre vie active. C’est un plaisir immense qui nous porte au milieu de cette nature. Une journée d’ascension pour atteindre le premier refuge et de découvrir nos compagnons de route. Ces rencontres se déroulent toujours de façon spontanée avec simplicité et partage.

Après le repas du soir nous prenons place dans des grands dortoirs, les nuits sont courtes car les ronfleur se sont donnés le mot. Tous les jours nous reprenons le chemin de la montagne à la découverte de la faune et la flore, les cascades, la vie au grand air, le bonheur. Chacun possède son propre rythme et le soir au refuge nous rencontrons de nouveaux aventuriers. Comme tous les matins je me lèverai du pied gauche et je garderai le sourire en me disant que malgré tout la vie est belle…

En Compagnie animale ?

En répertoriant la liste de slow travel terrestre possible, j’ai pensé aussi au premier moyen de transport que nos ancêtres utilisaient, le cheval. Il n’est plus commun de voir des chevaux utilisés comme moyen de transport, néanmoins cela existe bien encore dans des pays plus pauvres ou par certaines communautés. Récemment vu au Mexique, devant un hypermarché, sur un grand boulevard.

Slowtravel voyage lent transition

En France, l’écotourisme se développe de plus en plus, et dans certaines régions, il est possible de voyager en compagnie d’un âne qui porte vos bagages durant tout le temps de votre séjour touristique.  Voici le témoignage de mes parents qui ont eu la chance d’avoir une expérience de marche avec un âne sur plusieurs jours, il y a bien longtemps!

Dans les années 2000, nous avions décidé de faire une randonnée de 3 jours aux Ânes de Vassivières dans la région de la Creuse. Nous sommes allés rencontrer les jeunes propriétaires de ce site et avons fait la connaissance de notre compagnon de voyage Domino, un âne très gentil et docile qui bien sûr porterait nos bagages. Pas question de monter dessus.

Quelques conseils pour la prise en main: Marcher à son rythme et le laisser s’alimenter le long du trajet. Après nos 15 à 20kms par jour, nous faisions étape, le soir vers 17hdans une auberge et gîte et nous devions nous occuper de notre âne en lui apportant à manger et à boire et il retrouvait des compagnons ou était seul. Cette randonnée nous permettait de prendre le temps d’apprécier le paysage et le calme. Nous faisions une pause pour pique niquer. nous avons eu la chance d’avoir du beau temps sauf le dernier jour où la pluie s’est invitée mais nos bagages étaient bien protégés dans deux grandes sacoches.

slowtravel voyagelent transitionIl faut savoir qu’il faut éviter de laisser un âne seul car vous en aurez pour vos oreilles. Son plaisir était, en enlevant nos bagages, se rouler dans l’herbe. Le matin, nous entendions souvent son appel pour repartir. Mais avant le départ, il fallait le brosser et faire ses sabots pour éviter qu’ils soient obstrués et lui mettre correctement le bâts. Le dernier soir, nous sommes revenus sur le site et avons laissé Domino pour une autre escapade le lendemain. Notre logement était une grande yourte où nous avons fait une bonne nuit au calme de la campagne et avons pu nous sécher de la pluie qui n’a pas cessé jusqu’au retour. Le soir, nous avons eu droit à une soirée conte et repas sympa.

Bilan de cette aventure: On est à l’écoute de son animal et on marche tranquillement avec lui même quand on a des bonnes montées. Une expérience enrichissante et paisible.

Nous verrons pour refaire cette démarche dans notre région, car nous avons trouvé dans la Loue des escapades avec un âne et la journée et plus.

Il existe bien d’autres types de transport terrestres possibles : en train, en roller, en trottinette, en skate, ou en ski, en raquette pour les pays nordiques. Les possibilités sont infinies et il ne reste qu’à vous d’innover, d’inventer, de choisir votre façon de voyager, de vivre à votre rythme et rompre avec cette tendance à consommer les activités, les modes de transport, la nourriture…à en oublier l’essence même, le goût premier de chaque instant.

Merci à Yves, Alexandre, Gabriel et mes parents pour leur temps donné à poser par écrit leur témoignage qui agrémente et présente bien des manières différentes de voyager mais réunis sous les mêmes valeurs : plaisir, rencontres, prendre le temps, partage.

N’hésitez pas à commenter cet article, enrichir par votre témoignage, votre expérience et invitez vous-même vos amis, votre famille à voyager lentement!

Transition et technologie (2/3) : la solution par le libre et l’associatif ?

Le premier article essayait de montrer la partie cachée de notre utilisation d’internet, même si on ne le voit pas, l’impact environnemental peut être important. Bien que l’imaginaire sociétal nous dise le contraire, c’est dans notre façon d’utiliser et d’aborder internet que notre impact environnemental est plus grand qu’il ne pourrait être, car il peut y avoir des solutions afin que notre utilisation de la toile soit plus verte. Un autre point que j’aimerais mettre …

Transition et technologie (1/3) ; connaître le problème environnemental

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Une histoire de tortue à Minneapolis, réflexion sur la transition

Au fur et à mesure que les kilomètres s’ajoutent au compteur de l’Escargot, c’est aussi l’histoire des gens rencontrés que nous accumulons. Avancer dans le modèle de la transition, c’est aller sur une route pas encore construite, mais où chaque individu la sème. Alors que l’on pensait raconter la construction collective, on se rend compte qu’elle est faite de multiples constructions individuelles. Alors que l’on veut construire un outil d’exemple pratique, on se rend compte …

Manuel de transition, chapitre 3: Rebâtir la résilience, pourquoi?

Si le choc pétrolier et le changement climatique sont les éléments déclencheurs du mouvement de transition, la résilience est le principe proposé comme solution pour commencer. «Dans le domaine de l’écologie la résilience fait référence à la capacité d’un écosystème à s’adapter à des évènements (chocs) extérieurs et à des changements imposés. […] la capacité d’un système à absorber un changement perturbant et à se réorganiser en intégrant ce changement, tout en conservant essentiellement la …

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Pensons à notre temps dans une journée…

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Manuel de transition: chapitre 1, pic pétrolier et changement climatique (partie 2/2)

lire la première partie Le changement climatique À l’époque de l’écriture du livre, le sujet n’était pas encore si présent dans les médias et encore beaucoup de dirigeants pouvaient le nier. Parler de réchauffement ou de changement climatique est la même chose, bien que l’on parle plus du réchauffement dans les différents rapports, parler de changement sera un terme plus générique qui pourra expliquer les vagues de froids, les changements de courant, les absences ou …

Manuel de transition: chapitre 1, pic pétrolier et changement climatique (partie 1/2)

Afin de comprendre le mouvement de transition, nous débuterons par faire un résumé des différents chapitre du manuel de transition écrit par Rob Hopkins en 2008. Afin de comprendre les raisons de la transition, le premier chapitre traitera du pic pétrolier éminent (à l’époque) et du réchauffement climatique. On le verra, le mouvement des initiatives de transition est avant tout un mouvement écologique essayant de trouver des solutions à échelle locale. Il y a cependant …

Comprendre le mouvement de transition

Il était une fois,, dans une ville d’Irlande, un professeur de permaculture et ses élèves qui visionnèrent The End of Suburbia, un documentaire traitant du pic pétrolier imminent. Nous étions alors en 2005, celui-ci s’annonçait d’ici quelques années, 2008 pour les plus pessimistes, autour de 2012 pour les autres, mais une chose est sûre il arriverait. Le professeur et ses élèves eurent alors l’idée de trouver des alternatives qu’ils connaissaient autour d’eux qui permettraient d’aller …