(Français) The Works; le musée de l’expérience

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Grâce à un heureux hasard, lors de notre visite à la Toronto Tool Library, nous avons rencontré deux américaines, elles venaient de Minneapolis et venaient chercher des informations ici à Toronto. C’est en discutant avec elles que nous nous sommes rendus compte que notre passage à Minneapolis ne pourrait pas se faire sans passer l’endroit où elles travaillaient: The Works. Un organisme à but non lucratif qui se dédie à faire découvrir aux enfants les différents phénomènes de la science par le biais de l’expérience. Ce n’est pas courant que l’on voit ça, de plus, elle venait à Toronto pour prendre de l’information afin de développer un makerspace à l’intérieur de celui-ci !

C’est ainsi que nous avons finalement mis Minneapolis sur notre route alors que nous n’en étions pas sûrs et c’est surement notre ville préférée pour le moment ! Le passage au Works et la gentillesse de Frances Knaeble, la personne que nous avons rencontrée et qui nous a servi de guide lors de notre passage au Works n’a que pu aider cette impression !

The Works se trouve au 9740 Grand Ave. S. Bloomington, MN 55420, au sud de Minneapolis ; c’est un grand bâtiment de 3 étages qui abrite cet espace d’apprentissage ! Le Works existe depuis quelques années, mais seulement depuis 2 ans à cet endroit, toujours à la recherche d’un lieu plus grand, il semble que celui-ci soit leur maison pour un bon moment.

Le rez de-chaussée vous accueille avec une construction géante en Kynex, un grand huit avec une dizaine de parcours possibles qui peut subjuguer des heures et des heures ! Heureusement Frances est venue nous chercher, car nous serions surement encore en train de regarder les billes se déplacer dans cette construction géante ! Vous avez par la suite tout l’espace qui est dédié aux expositions ; on parle d’exposition, mais c’est en fait de minis ateliers qui permettent aux enfants d’expérimenter tout en s’amusant. Le sous-sol est quant à lui occupé par deux salles de classe qui permettent de donner des ateliers thématiques aux classes qui viennent, et il s’y trouve également la salle de repas afin de manger le midi. Le premier étage quant à lui est occupé en partie par les bureaux, mais aussi pour le moment par deux grandes salles à peine occupées qui seront aménagées pour être le fameux futur makerspace.

The Works est un espace accueillant des classes et des familles, mais aussi des camps d’été et des activités thématiques. L’ouverture à un atelier se veut aussi être une possibilité de réunir une population un peu plus diversifiée et peut-être des gens plus âgés pourront venir partager leur savoir avec les plus jeunes générations.

C’est certainement un organisme qui mérite d’avoir des jumeaux. Si vous êtes de passage à Minneapolis et que vous avez dépassé l’âge cible, on vous conseille fortement tout de même d’aller les voir, cela peut donner de bonnes idées et aussi expérimenter comme des enfants!

Voici une vidéo de 16min avec Frances Knaeble, développeur de projets à The Works, notamment celui de makerspace, qui répond à nos questions.

De Windsor à Détroit l’abandonnée et quelques autres extrêmes

détroit windsorDe là où nous étions, la vie était douce, le temps clément, les gens agréables et la vue magnifique, on voyait Détroit de l’autre côté de la rive. Un grand lac et une rivière éponyme de la ville convoitée nous séparaient du pays voisin, nous étions à Windsor et nous allions bientôt passer la frontière.  Nous étions encore du côté canadien, mais pourtant déjà avec un pas du côté du voisin. Les gens chez qui nous logions à travers le site Couchsurfing étaient des Canadiens, mais la proximité avec la fameuse ville de l’automobile américaine marquait les habitudes. Des gens de leurs familles travaillent aux États-Unis tout en habitant au Canada et eux-mêmes vont à Détroit quelques fois par mois pour faire des courses ou pour passer du temps.

Windsor, ville d’histoire et de jumelage

Il y aurait beaucoup à dire sur Windsor, ville de l’Ontario au Canada, nous n’y avons pas passé beaucoup de temps, mais y revenir serait un plaisir. C’est d’ailleurs pourquoi, bien que Québec soit dans les premières villes à être colonisé, c’est la région des Grands Lacs qui sera la partie la plus utilisée au départ. Car un microclimat est créé par la présence des lacs et permet une température beaucoup plus clémente que dans le reste du pays. La présence de la route des vignobles le montre aussi. Beaucoup de noms français sont présents dans les rues de Windsor, les Franco-ontariens présents prouvent de la longue présence de la communauté francophone.

Les gens chez qui nous logions durant ces 2 jours avaient une petite ferme en plus de leur activité professionnelle, agréable et attentionnée, férus des histoires et mêmes intérêts politiques que nous, nous étions comme dans un cocon. Beaucoup de conseils et de choses à voir, notamment la plus grande librairie de livres usagés d’Amérique ! C’est en parlant avec eux aussi que l’on se rend compte que Windsor bien que ville Canadienne, dépend beaucoup de sa voisine économiquement parlant, une grande partie de sa population vie par ou grâce Détroit. Il était temps pour nous d’aller du côté de l’Oncle Sam !

Du côté américain

Détroit frontièreNous étions un peu stressés par le passage de la frontière, car l’Escargot nous semblait la proie idéale pour un douanier zélé ! Les peurs n’auront finalement pas été confirmées, outre l’attente d’une heure et demie afin d’avoir les papiers, l’escargot aura bien été fouillé, mais sans plus. Les clés remises dans le contact, le moteur allumé et nous voilà prêt à foncé dans la ville qui a fait faillite !

Détroit est une ville mythique, non pas grâce à Eminem, mais elle représente l’Amérique victorieuse et ayant un modèle économique faisant ses preuves. Jusqu’à 2008, lorsque les usines automobiles de Ford, GMC et Chrysler fermeront et que 400 00 emplois seront perdu : la ville demandera la faillite. La ville était florissante, de bons salaires pour les ouvriers et le plein emploi, la crise fera de Détroit une ville fantôme passant d’un million et demi d’habitants à 700 000. (voir documentaire de Michael Moore “Roger et moi” sur la ville de Flint)

détroit abandonnéC’est quasiment 9 ans après cela que l’Escargot fait ses premiers kilomètres dans la ville du Do It Ourselves. C’est dans les temps de crise qu’il faut apprendre à s’organiser. Les habitants de Détroit ne feront pas exception à cette maxime et une initiative particulièrement fera parler d’elle jusque dans le documentaire Demain comme étant un exemple : L’agriculture urbaine.

Une ville abandonnée

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L’immeuble des loges maçonniques de Détroit

Quand on arrive à Détroit depuis la frontière canadienne, on se retrouve rapidement dans le centre-ville, les gratte-ciels se battent entre eux à qui sera le plus haut et la face que nous montre la ville est bien la scène de théâtre comme quoi la finance est toujours là. Cependant, dès que l’on passe la voie du chemin de fer un boulevard, la banlieue citadine est présente et nous montre l’arrière du décor. Perdre 50% de sa population en quelques années, ce n’est pas rien et ça laisse des traces forcément, alors quand en plus cela se passe avec la crise des subprimes qui a évincés des milliers des familles à travers les États-Unis on s’imagine bien qu’une ville avec 400 00 emplois en moins doit être assez touché. On l’avait vu en image, mais le voir en vrai est autre chose. Une fois que l’on arrive dans les quartiers résidentiels de la ville, il n’y a plus  qu’un tiers des maisons qui semblent avoir âmes qui vivent.

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Les immeubles abandonnés aux côtés du sport buisness

Nous avions vu quelques documentaires qui traitaient de l’agriculture urbaine et ce qui se passe à Détroit, on se disait que ce serait bien pour le projet, ça allait en plein dedans. Nous étions loin de nous imaginer la taille de la zone dévastée. Alors que l’on pensait les trouver en déambulant, c’est un immense champ de maisons abandonnées, d’immeubles vides et d’anciennes usines sans âmes. Au milieu de tout cela se trouvent parfois des oasis de vies, mais toujours uniformes. Au final on ne les aura pas trouvés, ce sera pour une autre fois, nous avions sous estimés la grandeur du terrain de jeu de la reconstruction sociale, mais l’idée reste en tête. En discutant avec une personne de la ville nous apprendrons que dans les quartiers résidentiels où il y a des espaces vides entre les maisons correspond en fait à une maison qui a brûlé. Les pompiers essayaient au départ de lutter contre les incendies, cependant les maisons étaient forcément inhabitables par la suite et cela devenait plus des squats ou des terrains de jeux pas forcément très appréciables. détroit abandonnéOutre ces faits, c’était surtout que ces maisons devenues taudis devenaient dangereuses et que la sécurité devenait dure à garantir, car des enfants ou des gens du quartier allaient dedans. Alors pour pallier à cela, on préfère les laisser brûler au complet pour les raser et ainsi avoir un terrain vierge. L’histoire ne dit pas cependant à qui revient les terrains et les profits par la suite ni qu’est-ce qu’il adviendra quand tout aura brûlé et que la ville reprendra son essor comme elle est en train de le faire.

détroit abandonnéOn ne pouvait pas rester longtemps dans la ville, nous déambulions au travers des édifices des points d’intérêts que nous nous étions fixés au fur et à mesure que notre safari avançait. Terme péjoratif et pourtant on s’est rendu compte que l’on pouvait agir de la sorte, honte sur nous. Dans la voiture, caméra à la main pour prendre des photos, et par la suite quelques vidéos, témoignage de ce que l’on voyait sans jamais descendre, une certaine peur de l’inconnu, une peur de ce que l’on voyait indiciblement, alors que c’est pourtant ce que nous visions et pouvions côtoyer ailleurs. Cependant, il faut admettre que la misère est plus effrayante loin de chez soi, on n’a pas de replis possibles, pas de connu vers lequel se diriger. C’est alors que nous étions en train de nous diriger vers le marché, que nous nous sommes perdus une nouvelle fois dans l’aventure. Roulant tranquillement, nous avons vu au loin ce qui semblait être un terrain vague avec des installations.

De l’art militant

C’est à la fin de l’exposition, que nous arriverons par l’entrée et que nous aurons des explications. C’était en fait un terrain qui a servi d’exposition à des artistes et qui avaient été le fait de MBAD museum African Bead Gallery. Un magasin de perles africaines qui est aussi une résidence d’artistes. On aura été subjugué par les œuvres exposés, vraiment très parlante sur une certaine domination de la société.

 

détroit abandonné travailÀ la suite de notre visite, nous serons finalement en direction du marché puis sur le départ de la ville. Comme si elle avait voulu nous dire qu’elle valait le coup et que la lutte peut continuer, comme en témoigne l’histoire de la ville et certains monuments que les actuels dirigeants doivent vouloir oublier. Détroit était une ville ouvrière déchue qui se fait reconquérir par la finance, son attraction est forte, son climat est doux et les lacs à proximité. Pour la première ville américaine nous aurons passage aura été plus touristique que servant de témoignage, c’était pour nous mettre dans le bain. Mais nous y retournerons.

Monnaies alternatives; comment s’y retrouver?

Avez-vous déjà entendu parler des banques d’heures ? Des systèmes d’échanges locaux ? Du troc ? De l’Accorderie ? De monnaie locale complémentaire ? Ces outils d’échanges, bien qu’ils ne soient pas tous similaires et n’aient pas la même fonction dans leur communauté ; ils font partie de ce que l’on appelle les monnaies alternatives. Lors D’une soirée discussion avec un des fondateurs du Demi gaspésien, Martin Zibeau avait parlé d’avoir « une polyculture économique » dans une communauté afin de l’enrichir. C’est en connaissant leurs différences, mais aussi en sachant comment ils peuvent fonctionner de pairs que l’on comprendre comment cela peut être possible.

C’est là la force de ces systèmes, nouveaux et vieux comme le monde, que de pouvoir exister en complément les uns des autres. L’essor des monnaies locales depuis les dernières années fait beaucoup parler de lui, être utilisable dans les commerces renforce son aura médiatique. Les systèmes d’échanges locaux quant à eux, sont présents dans des communautés depuis des années, des dizaines d’années pour certains. Le mouvement des monnaies locales a pris une nouvelle vie surtout depuis le lancement du mouvement de transition dans les années 2000. Ce mouvement ayant pour but de renforcer la résilience d’une communauté, créer sa monnaie est apparu comme une solution comme étant de soi.

Mais qu’entend-on exactement par monnaie alternative ?

Une monnaie alternative est un moyen d’échange, entre personnes ou entreprises, qui se fait sans passer par l’unité nationale du pays où se déroule l’échange. N’avez-vous jamais fait un échange de ce genre avec un ami : « Est-ce que tu peux m’aider avec ceci et en échange je t’aiderais avec cela. » Sans le savoir, vous avez fait un échange que l’on pourrait dire « alternatif ». Vous avez fait un échange de services. Et c’est exactement ce qu’est un système d’échange local, un SEL (LET en anglais : local exchange trade) ou bien un TROC.

TROC

Le TROC est un échange réciproque entre deux individus. Le TROC peut aussi être un échange d’objet, il n’est d’ailleurs souvent que cela dans la tête de la plupart des gens. On a assimilé le terme qu’à cet usage puisque souvent on s’échange des objets de valeurs que l’on considère comme étant réciproques. Ce qu’il faut garder en tête c’est que lorsque l’on parle de TROC on implique forcément en échange entre deux personnes, il n’y a pas de tiers entre les deux.

SEL

Les systèmes d’échanges locaux quant à eux, sont une volonté d’une communauté de se créer un outil d’échange pour fonctionner en dehors de monde monétaire national. Les SELs sont un réseau de personnes se réunissant et s’échangeant des services. Ce qui implique que le service que vous rendez à X, pourra vous êtes rendu sous une autre forme par une autre personne. C’est ce que l’on appelle une banque de temps. La base étant de se dire que chacun à des talents que l’on peut s’échanger, alors pourquoi passerait-on toujours par le fait de devoir payer pour ceux-là ? En fait, il serait faux de dire que l’on ne paye pas, reformulons : « Pourquoi on devrait dépenser ou gagner des $ pour ce que l’on fait ».

Image de: http://www.lamonnaieautrement.org

Un système d’échange local va être un regroupement de personnes, d’une aire géographique relativement proche, qui vont se réunir et se mettre d’accord sur une unité de mesure commune afin d’échanger leurs services. Il en existe plusieurs, mais la plus commune et la plus juste est le temps. Je fais une heure de jardinage chez toi, en échange de quoi, avec cette heure, je peux demander à une autre personne de faire une heure de conversation anglaise avec moi. Le temps passé à jardiner, j’ai pu l’accumuler dans ma banque de temps afin de la dépenser à converser en anglais. C’est exactement le même principe qu’un compte bancaire usuel, c’est juste que le solde montre le temps accumulé et non pas un montant d’argent.

Mais si c’est pour avoir un compte bancaire, pourquoi ne pas au final continuer d’utiliser son compte « normal » ? Être membre d’un système d’échange local peut être considéré comme un acte militant, mais aussi un désir de vouloir fonctionner autrement. La raison d’exister de ces systèmes est aussi de recréer du lien social, du lien humain, de faire que les gens d’une aire géographique donnée puissent se connaitre. Si vous devenez membre d’un réseau comme celui-ci, vous serez amené à peut-être échanger avec vos voisins, car ils offrent un service dont vous avez besoin. Peut-être ne leur auriez-vous jamais parlé outre mesure sans cela ? La personne à deux coins de rue de chez vous cherchait justement le service de cuisine que vous offrez. C’est aussi pour cela qu’on les appelle Systèmes d’Échanges LOCAL, car ces banques d’heures ne sont pas faites pour fonctionner sur tout le territoire national, mais bien au sein d’une communauté plutôt restreinte.

Ce sont le plus souvent des systèmes autogérés par la communauté, il y a besoin de personne s’investissant pour le tenir à jour si besoin est, mais aussi la communauté ne pourra être d’un nombre trop grand. Entre 60 et 100 personnes semblent être la taille critique pour fonctionner. Trop peu de personnes : on risque de ne pas trouver ce que l’on cherche, on n’y voit pas l’intérêt et on délaisse le système. Tandis que trop de personnes : le système implose, car celui-ci servant à recréer le lien entre les gens, le nombre d’utilisateurs étant trop grand les gens ne se connaissent pas et un certain contrôle est perdu. Il faut aussi savoir qu’un tel système fonctionne aussi sur la confiance. Un premier tri est fait par la volonté des gens à s’échanger des heures et à devenir membre du système, mais si trop de gens en font partie, le lien ne prend pas. Il est peut-être bon alors à ce moment de créer un autre système pour le quartier d’à côté.

Accorderie

La différence entre une Accorderie et le système de SEL n’est pas bien grande et en même temps un fossé les sépare. Une Accoderie est une banque d’heure également, elle sert à recréer le lien entre les gens, à récréer l’esprit de village entre ses membres. Mais alors ? Une Accorderie est un organisme avec une mission ; lutter contre la pauvreté et contre l’exclusion sociale. À la création de la première Accorderie, celle de Québec, ses activités étaient de continuer celles des organismes qui l’avaient créé, à savoir un groupe d’achats et du microcrédit. Cependant, rapidement, les gens y travaillant ont vu l’avantage qu’il y aurait à incorporer un réseau d’échange de service, car cela servirait à tisser du lien entre les membres.accorderie horizon transition

Alors que les SEL pourraient être considérés comme un regroupement de personnes autonomes créant leur communauté, le principe Accorderie a été créé afin de répondre à un besoin social dans un quartier défavorisé de la ville de Québec avec une mission bien spécifique. Simplement, l’ouverture au principe d’échanges de service a permis de répondre à la mission de manière complémentaire à ce qui se faisait jusqu’à devenir le service principal du réseau. Et ce qui fait sa force, tout comme sa faiblesse pour des raisons financières, c’est que le réseau est animé par un ou des salariés. Ce qui permet de faire éclater la limite de membres. La personne salariée sert de lien entre les différents membres et peut organiser une vie associative afin que les gens se rencontrent. De plus, le SEL lui permet de favoriser la mixité sociale en son sein, ce qui répond d’autant mieux à sa mission et ce qui en fait un réseau d’échange de service encore plus riche.

L’Accorderie est finalement un réseau d’échange de service, une banque de temps, mais pousse le fonctionnement un peu plus loin en étant elle même la banque et se permettant de dépenser des heures. Le réseau peut ainsi faire appel à ses membres afin de fonctionner, tout service rendu à l’organisme est payé en heures qui sont elles-mêmes par la suite échangeables en service. Le réseau peut ainsi s’appuyer sur ses membres afin d’être opérationnel et toujours s’aggrandir plus en ayant la mission sociale toujours dans sa ligne de fonctionnement.

Pourquoi utiliser des heures ?

La principale raison d’une banque de temps d’utiliser l’unité heure comme mesure est que nous avons tous 24 h dans une journée. Cela apparaît comme étant le système le plus juste, car une heure pour l’un sera le même temps pour l’autre. Tandis que si l’on devait avoir des valeurs différentes entre les services, on reproduirait le même schème que le système monétaire actuel. Dans une banque d’heures, c’est le temps humain investi à rendre le service qui compte.

Les Monnaies Locales Complémentaires

Les MLC sont ce qui est le plus connu actuellement. Il en existe plus de 5 000 à travers le monde, dont une trentaine existante en France (+ plein de projets en démarrage) et une petite dizaine de projets en cours de démarrage au Québec. Une monnaie locale complémentaire est un moyen d’échange qui est équivalent dans la plupart des cas à la monnaie nationale. Il est possible de les utiliser entre usagers, mais surtout aussi directement dans les commerces. C’est de ces monnaies dont on entend le plus parler en ce moment. Elles sont la volonté d’une communauté de s’armer d’un outil d’échange sur lequel on a un contrôle. C’est les citoyens et les commerçants qui vont décider ensemble des modalités d’échanges. Mais qu’elle est leur but ?

Tout comme le SEL ou une Accorderie, la monnaie locale va fonctionner sur une aire géographique donnée, elle ne doit pas être trop étendue, sinon elle perdrait sa raison d’être, mais elle doit aussi être en harmonie avec le milieu commercial existant. Selon les études, une monnaie locale devrait être sur le territoire d’une région pour bien fonctionner. Ainsi, le commerçant peut dépenser sa MLC avec ses fournisseurs. Le but d’une telle monnaie étant de renforcer l’achat local dans une perspective économique, mais aussi environnementale. Beaucoup de projets de transition, dans leur mission de réduction des énergies fossiles, vont opter pour ce genre de monnaie, car elle favorise le circuit court.

Mais au final pourquoi ne pas continuer à utiliser la monnaie nationale ?

Une monnaie locale sur un territoire, outre de renforcer l’achat local, va aussi être un enjeu citoyen afin de se réapproprier l’outil qu’est l’argent. En utilisant cette monnaie, on peut décider que l’argent dépensé ne sortira pas du territoire, mais aussi qu’il ne sera pas utilisé afin de financer une guerre ou le financement d’un projet non voulu.

Afin d’acquérir une monnaie locale, les citoyens vont échanger leur monnaie nationale contre de la MLC à un comptoir d’échange, ils pourront ensuite dépenser leur argent dans les commerces acceptant cette devise. Le nombre de citoyens et de commerçant l’utilisant est exponentiel, plus y en a, plus y en aura. Plus de citoyen l’utilisant, plus la masse monétaire échangée sera grande ; cela aura pour effet par la suite que si le nombre de commerces l’utilisant est suffisant, l’argent circulera en interne plus facilement. Une monnaie locale tourne 6 fois plus vite qu’une monnaie nationale, car elle n’est pas thésaurisable (il n’y a pas d’intérêt à la garder) In fine, une monnaie locale mature peut servir à financer des projets communautaires et favoriser la vie locale, car l’argent national accumulé peut être utilisé et investit dans des projets en accord avec les valeurs de la MLC.

Monnaies alternatives = Éducation populaire

Bien que l’on comprenne ces différentes distinctions, il reste normal de se demander pourquoi existent-elles et devrait-on les utiliser. Une monnaie alternative, appelons-les : monnaies complémentaires, sont avant tout là pour diversifier les échanges et faire comprendre que lorsqu’on utilise de l’argent, ce n’est finalement qu’un moyen d’échange dans lequel nous avons confiance confiance, nous lui donnons une valeur d’échange.

En agriculture il y un renouveau de ce qu’on appelle la permaculture, en opposition avec la monoculture (simplifions-le ainsi pour l’exemple). On se rend compte qu’il est préférable d’avoir un jardin diversifié afin que les différentes plantes puissent s’aider à pousser : les unes étant favorables aux autres et d’autres repoussant les prédateurs de légumes voisins. Il y en va de même dans nos échanges. Il est important de les diversifier afin que chacun puisse trouver là où il est le plus à l’aise selon les cas. Si telle personne n’a pas d’argent, elle a peut-être un savoir à échanger. En opposition, si la personne n’a pas le savoir que vous voulez, elle a peut-être un jardin et peut vous fournir en légumes, peut-être aussi a-t-elle un ami qui a ce que vous cherchez.

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Éducation populaire et monnaies complémentaires ne vont pas forcément de soi dans la pensée commune. Cependant c’est en utilisant un moyen comme celui-là que l’on peut comprendre plus aisément le fonctionnement de l’argent. Il y a bien sûr la création de la dette et la création monétaire, mais aussi que dans notre vie quotidienne, on a accepté d’utiliser de l’argent sans savoir réellement pourquoi. C’est lorsque l’on comprend que l’on accepte l’argent uniquement parce que l’on sait qu’on peut le dépenser, que l’on peut entrer dans un nouveau système. C’est une question de confiance dans la valeur que vous utilisez.

Nous reviendrons en détail sur chacun des systèmes d’échanges différents afin d’être plus précis sur chacun, mais cela doit déjà permettre de démêler un peu les pensées.

Mais et le Bitcoin ? Et les blockchain ? Et le concept des monnaies libres ?

Oui, ce sont des types de monnaies alternatives, mais nous ne les préconisons par forcement et ne les mettrons pas dans la même catégorie que les concepts ci-dessus. Que ce soit le TROC, les SELs, les Accorderies ou les MLC, elles ont toutes en communs de remettre l’humain au cœur de l’échange et d’être des systèmes favorisant le local. Les monnaies électroniques et le concept de monnaie libre ne rentrent pas dans ces catégories, nous en parlerons plus tard.

Découverte de la Toronto Tool Library

toronto tool library horizon transitionMercredi soir, fin avril, nous voici arrivé dans les locaux vivant de la Toronto Tool Library sur Danforth avenue. Il y a une dizaine de personnes présentent; volontaires, membres ou futur membre chinant l’information sur l’organisme. Ce n’est que plus tard dans la soirée que nous apprendrons que le sous-sol est tout aussi vivant avec son atelier de menuiserie! toronto tool library horizon transition

Nous avions rendez-vous avec Ryan Dyment, le directeur de la Toronto Tool Library, mais nous avons été accueillis par Lawrence Alvarez, qui, nous apprendrons plus tard, est le président de l’organisme ainsi que de l’Institute for Ressource Based Economy, l’organisme qui donna naissance à la bibliothèque d’outils. Nous avons fait un premier tour avec Lawrence de l’ensemble du local; la bibliothèque, l’atelier de menuiserie et le local de réparation.

toronto tool library horizon transitionPar la suite nous avons rejoints Ryan avec Lawrence dans un restaurant en face, il était en discussion avec des visiteurs de Minneapolis qui voulaient avoir de l’information pour mettre en place un Makerspace. Une rencontre fortuite dont nous avons tiré profit en allant les voir, mais cela sera pour une prochaine vidéo 😉

Présent à Toronto depuis maintenant près de 4 ans, la Toronto Tool Library, c’est plus de 2 000 membres de l’organisme qui peuvent avoir accès à un de 25 000 outils de la bibliothèque. Il y a maintenant 4 locaux à travers de Toronto et peut-être d’autres suivront selon les besoins. Lorsque nous nous y sommes rendus, un local venait d’ouvrir une semaine auparavant et il était déjà plein d’outils à louer et plus de 25 volontaires avaient été formés afin de travailler dans le local.toronto tool library horizon transition

Les bibliothèques d’outils font partie de la nouvelle économie social et collaborative. Celle de Toronto est née suite à la réflexion du groupe d’amis qui faisait partie de l’organisme IRBE qu’ils avaient fondés. C’était un groupement d’amis environnementalistes et activistes qui ont vu par le biais de mettre en place une bibliothèque d’outils, une possibilité de lutter à échelle local contre l’accumulation individuel d’un nombre d’object incommensurable.

toronto tool library horizon transitionAvec le temps le projet s’est développer et offre également maintenant un atelier de menuiserie, une découpeuse laser et des imprimantes 3D. Il y a également tout un programme fait pour les jeunes et les faire venir découvrir.

La TTL organise un symposium des bibliothèques d’outils le 9 juin, si vous souhaitez en savoir plus où vous y inscrire pour savoir comment monter votre projet, voici la page: 2nd annual lending library symposium

Voici aussi le lien vers la page Facebook de la Toronto Tool Library, n’hésitez pas à allez les voir et partager l’information.

Nous n’en dirons pas plus et vous laissons découvrir le tout via la première vidéo que nous avons fait avec l’interview de Ryan Dyment. (les sous-titres arrivent bientôt)

Premier aménagement de l’Escargot

Juste avant de partir, la veille, nous avons fait l’aménagement final de l’Escargot. L’électricité avait été finalisé la veille, le lendemain nous partions, alors on a profité d’avoir l’espace de La Patente le samedi soir pour vider au complet le camion, le laver et réinstaller le tout de manière finale!

On a essayé d’en profiter pour faire en même temps  une vidéo de l’aménagement photo par photo, notre premier essai. Ça peut donner un premier aperçu le temps que nous travaillons sur les premières vidéos de voyage!

Radio-Canada Winnipeg : Les samedis du monde

Nous avons eu notre première longue interview lors de notre passage à Winnipeg, l’émission est passé à Radio Canada dans l’émission Les samedis du monde. Une interview de 20 mn avec Arnaud Decroix. Nous y parlons de l’origine de notre projet, sa préparation et ce que nous entrevoyons de faire.

radio canada horizon transition

À l’aide d’un camion, baptisé L’escargot et dont l’intérieur a été aménagé en habitation, Audrey Broggini et Laurent Metais parcourent le Canada pour y recenser des initiatives alternatives et citoyennes. Ce projet Horizon Transition leur est venu à la suite du Forum social mondial de Montréal en 2016 auquel ils avaient participé. Arnaud Decroix revient avec eux sur le sens de leur engagement.

Un passage à Radio-Canada Regina “Pour faire un monde”

Lors de notre arrivé à Régina, en Saskatchewan, nous avons été invité par Doris Labrie à son émission “Pour faire un monde” en direct à Radio Canada. L’émission profitait du fait d’être le veille du jour de la terre pour demander à deux personnes vivant différents et allant dans un rythme de vie écologique pour avoir notre témoignage.

 

On parle de nous à CKIA!

Notre projet a été porté pour la première aux yeux de tous via la radio communautaire de Québec,  CKIA, dans l’émission Québec Réveille. Victoria Masson chroniqueuse dans l’émission, fait une chronique hebdomadaire pour faire découvrir les initiatives citoyennes qui tentent de faire changer les choses. Une chronique d’environ 10 mn qui reflète très bien la réalité!

 

L’électricité de l’Escargot

Depuis le début du projet, nous avons avancé au fur et à mesure dans les étapes de réalisation. Nous avons fait les premières étapes ensemble, que ce soit de l’isolation jusqu’à la pose du plancher. La construction des meubles m’était ensuite plutôt impartie, puisque travailler le bois c’était un peu mon hobby depuis que je suis à La Patente. Il y a cependant une étape que l’on a pensé que l’on souhaitait dès le départ, mais que l’on a repoussée pas mal, car nos compétences en la matière n’étaient pas, disons, adéquates, je parle bien sûr de l’électricité.

électricité van camion aménagement panneau solaire

Le panneau par lequel l’électricité est venue

En fait, c’est en parlant de notre projet autour de moi qu’un ami nous a proposé de nous donner des affaires qu’il n’utiliserait pas, notamment un panneau solaire. Je pense que c’est à ce moment-là que nous nous sommes mis en tête que nous aurons l’électricité. Nous n’y avions pas pensé avant, ni même après, ça a comme toujours été une évidence depuis l’acquisition de ce panneau. Maintenant que nous sommes partis, je peux dire que nous sommes contents de l’avoir ! Cependant, entre maintenant et le début du processus, il y a une marge !

C’est donc en partant du fait que nous avions un panneau solaire que nous nous sommes imaginé avoir l’électricité. De là, on s’est imaginé les besoins et le luxe que l’on voudrait : voir la nuit, charger tablettes et ordis, garder des aliments au frais.

Ce qu’il faut savoir avant de débuter.

électricité van camion aménagement

Installation des premiers fils

L’électricité dans une maison fonctionne en 120 volts, tandis qu’une batterie produit du 12 volts. C’est-à-dire qu’il n’est pas possible d’utiliser les objets électriques d’une maison à l’intérieur d’une voiture. La consommation de courant n’est pas la même.

Quelques termes :

Le volt (symbole : V) est une unité, de force électromotrice et de différence de potentiel (ou tension). Il correspond à la différence de potentiel électrique qui existe entre deux points d’un circuit parcouru par un courant constant de 1 ampère lorsque la puissance dissipée entre ces deux points est égale à 1 watt1.

L’ampère (symbole A) est l’unité SI de mesure de l’intensité du courant électrique1. Un courant d’un ampère correspond au transport d’une charge électrique d’un coulomb par seconde à travers une surface (section de fil, électrolyte, tube à vide, etc.).

Le watt, de symbole W, est l’unité internationale de puissance ou de flux énergétique (dont le flux thermique). Un watt équivaut à un joule par seconde. Le watt est la puissance d’un système dans lequel une énergie de un joule est transférée uniformément pendant une seconde.

électricité van camion aménagement

Le branchement à la batterie

hm… J’ai étudié la philosophie et le japonais à l’université, puis j’ai travaillé dans le social. Alors je peux vous dire que ces termes ne me sont pas amicaux de premier abord ! C’est en regardant un peu tout cela que j’ai eu Jean-Philippe qui a pu nous accompagner dans le processus d’électrification de l’Escargot. Je ne me sentais pas de taille, avec le temps imparti et le travail à faire, de me lancer seul là-dedans. J’avoue aussi que cela me semblait être un savoir inaccessible.

Encore une fois depuis le début du projet d’Escargotisation, je me rends compte que c’est un savoir important, utile et finalement applicable dans nos projets. L’électricité quant on y repense, c’est quelque chose de présent naturellement dans la nature, pas à la même intensité bien sûr, mais tout de même. Les analogies philosophiques sont également assez intéressantes. Mais il y a surtout l’autonomie possible dans le fait de comprendre cette force, puisqu’on peut la produire nous-mêmes et l’utiliser conformément à nos besoins sans avoir besoin d’une grosse compagnie.

Encore loin du contrôle de toutes les données, mais construire un schéma électrique et le voir fonctionner c’est assez sympathique!  Au final ce qu’il faut savoir c’est :

Volt : force du courant sur lequel fonctionne l’appareil
Ampère : Quantité d’énergie en temps
Watt : Puissance d’énergie
L’installation électrique : Fabrication du courant

Jean-Philippe a regardé plein de vidéos YouTube après que je lui ai demandé de l’aide et il est arrivé avec plein de bonnes idées ! Oui, nous avons un panneau solaire, mais il a rendement watt/heure maximum, il est bien possible que parfois nous utilisions plus d’électricité que ce qu’il pourra produire. Il nous faut donc une batterie pour stocker de l’énergie.

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Le début du panneau électrique

En magasinant pour, nous avons finalement opté pour une batterie sèche à décharge profonde. Une batterie sèche, car contrairement aux batteries normales comme dans une voiture, une batterie sèche peut être stockée à l’intérieur en toute sécurité. Une batterie contient normalement un liquide à l’intérieur, et lorsque celle-ci se recharge, le liquide produit une émanation toxique dans un espace clos, c’est pourquoi les batteries se trouvent à l’extérieur. Il est possible d’avoir une batterie supplémentaire sous son véhicule, cela permet d’avoir n’importe quelle batterie. Étant donné les installations que nous avions déjà effectuées et nos capacités techniques, cela semblait compliqué, nous voulions l’installer à l’intérieur. Il l’a fallait donc sèche.

Une batterie à décharge profonde, contrairement à une batterie d’automobile normale, est conçue afin de ne pas se déttérorier en faisant des cycles complets. Un cycle pour une batterie se comptabilise de la charge à la décharge complète. Une batterie d’automobile est faite afin de donner une puissance pour démarrer, une seule fois, une forte impulsion, elle ne doit pas se décharger au complet. La batterie à décharge profonde est quant à elle faite afin de ne pas subit le coup de se voir vider, mais elle a aussi une capacité plus grande d’énergie. L’épaisseur des matériaux et les produits chimiques à l’intérieur font cette différence.

Ce fut un achat et une décision conséquente, mais on avait notre batterie ! Il fallait aussi lui trouver une place ! La batterie et tout ce qui sera rattaché avec va prendre de la place et puis on ne veut pas qu’elle puisse recevoir de l’eau ou que l’on est à la déplacer. C’est sous le siège passager que nous lui avons trouvé une place. Un endroit idéal, car l’armature en métal du siège la protège, elle est contre un mur afin de faire passer des fils, facilement accessibles, et…. proche du moteur !

Pourquoi ne pas profiter du fait de rouler pour recharger la batterie ? L’alternateur d’un moteur d’automobile recharge déjà la batterie du moteur, il pourrait surement le faire pour notre batterie ! Une idée proposée par Jean-Philippe qui est pour l’instant notre principale source de production électrique d’ailleurs ! Si notre batterie intérieure était branchée directement sur le système de la voiture, il pourrait y avoir un danger de vider celle de la voiture et ainsi de ne pas pouvoir démarrer. Car si nous utilisions l’entièreté de la charge de la batterie, elle irait chercher ce qui lui manque sur celle de la voiture. Dorénavant, nous avons maintenant un nouveau bouton sur tableau de bord, ce qui nous permet de relier les deux batteries lorsqu’on roule et de couper le courant entre les deux lorsque nous sommes à l’arrêt, ainsi pas d’inquiétude à avoir !

Pour ce qui est du panneau solaire, il est pour l’instant dans une malle, on voulait l’installer sur le toit, mais il va falloir le fixer et créer une armature pour ce que soit solide lorsqu’on roulera. Tout le système électrique est prêt à le recevoir, nous l’avons testé il est fonctionnel, nous avons donc décidé de le laisser pour le moment amovible, nous l’installerons lorsque nous nous arrêterons et on pourra toujours le diriger vers le soleil ainsi. Le branchement nous prend 30 secondes, ce n’est donc pour l’instant pas une priorité que de l’installer fermement sur le toit.

L’installation électrique intérieure.

Nous sommes dorénavant dans l’escargot, nous ne sommes plus dans un appartement, nous n’avons plus tous ces besoins que peuvent donner les grands espaces. Mais tout de même…. voir la nuit, éviter de se coucher avec le soleil surtout quand celui-ci se couche à 18 h peut être sympathique. Puis, pour écrire tous ces articles, contacter les initiatives, retoucher les photos, lire, recharger l’ordinateur ou la tablette peut être pratique sinon ça va coûter cher en café pour avoir le WiFi et l’électricité pour recharger. (bien que nous utilisions beaucoup les bibliothèques). Donc nous n’avons pas encore internet dans le camion, mais on peut faire le reste et envoyer tout le travail juste le temps de se connecter.

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Vue par le côté cuisine

Comme dit précédemment, la batterie d’un camion fonctionne en 12 volts, ce n’est donc pas les mêmes lumières que celle dans votre salon que nous utiliserons. Depuis quelques années maintenant, on entend beaucoup parler des LED, des lampes à faible consommation qui ne chauffent pas, ET, qui fonctionnent en 12 volts ! Nous avons acheté un ruban de LED de 5 m, c’est-à-dire que c’est comme une longue corde avec plein de petites ampoules LED sur 5 m de long. C’est très économique, moins de 20 $, et nous allons pouvoir couper différents morceaux de la longueur désirée et nous pourrons les relier au système comme nous le voulons. Nous l’avons coupé en 5 différentes longueurs afin de les installer dans différents emplacements du camion. Il y en aura deux au-dessus des portes arrière et sur le côté, ainsi quand les portes seront ouvertes on pourra être dehors et en profiter. Une sera dans le meuble bureau, où est l’espace de travail et une autre au-dessus. Une sur le meuble de cuisine, qui éclairera l’espace quand on cuisinera. Puis, une sera au-dessus du lit pour lire le soir. Toutes étant individuelle, cela nous fait 6 lumières possibles dans le camion pour s’adapter aux besoins.

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Que la lumière soit!

Dans les affaires que nous a données notre ami, il y avait également un ondulateur. La fonction de cette machine est de transformer le courant 12 volts de la batterie, en courant 120 volts sur lequel on peut brancher des appareils nécessitant ce courant. Il n’y a pour l’instant que l’ordinateur que nous branchons avec ce courant. Les ordinateurs viennent toujours avec un transformateur, le boitier entre la prise de courant et la prise vers l’ordi, ce serait intéressant de pouvoir le brancher directement en 12 volts, mais ce sera un prochain chantier. Dans les affaires que nous avons emmenées, il y a également le fameux Vitamix, le super mixer que toute cuisine devrait avoir 😉 On n’a pas pu s’en départir vu les recettes que nous faisons avec, mais nous ne l’avons pas encore testé sur l’ondulateur. Il se peut que la force demander par cet engin soit assez fort pour utiliser une grande quantité d’énergie, c’est donc à utiliser avec parcimonie. Il faut savoir aussi que l’ondulateur transformant le courant à une perte d’énergie d’environ 25 % dans sa transformation, ce qui est énorme, il faut donc faire attention.

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Portes arrières fermées

Finalement, nos derniers besoins à combler sont le frigo et les chargements USB. Alors oui, on pourrait brancher les tablettes, iPod, caméra sur l’ordi pour charger, mais ce serait un peut compliquer si on se mettait à a place du courant électrique. Compliqué non, mais beaucoup de transformation pour rien. Il passerait de la batterie 12volt à l’ondulateur pour être transformer en 120v, puis direction l’ordinateur qui transformerait l’énergie au port USB et puis finalement le branchement du dit appareil dans le branchement. Il y a dans toute voiture un objet que l’on a longtemps utilisé pour faire de la fumer, qui est devenu un peu obsolète et qui reprend une certaine importance depuis la présence massive de nos petits objets électriques. Je parle bien sûr de l’allume-cigare. C’est de base un objet présent dans les voitures qui produit du courant 12 V. Nous en avions deux de base sur la voiture, mais avec les modifications je les avais enlevés lors de l’aménagement. Nous les avons finalement remis, mais branchés sur la batterie supplémentaire que nous avons rajoutée et non pas sur la voiture directement. Nous en avons mis un directement dans notre tableau électrique maison. De là, on peut brancher un appareil dedans qui a des ports USB directement. On peut donc charger nos appareils en tout via cet endroit. Le deuxième a été installé dans le meuble de nourriture, là où se trouve le frigo, c’est le branchement électrique pour celui-ci.

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Vue sur le lit!

Voilà qui fait pas mal le tour de l’électricité de l’Escargot. Pour finir cela, nous souhaitons énormément remercier Nicolas qui a donné ces affaires et sans le panneau solaire, on ne pense pas qu’on serait allé aussi loin, alors que maintenant que nous utilisons l’électricité, ça nous semble assez primordial. Merci à Jean-Philippe pour tout le temps passé à nous aider à dépatouiller et à comprendre l’électricité. Il n’aurait pas été là, on en serait encore à lire la fiche Wikipédia pour comprendre. Finalement, merci à Mario pour son aide sur le rush final 2 jours avant de partir pour finaliser les branchements. Beaucoup de petits détails ont été possibles grâce à lui sur l’ensemble du projet et notamment les derniers branchements électriques.

Géconomicus, un jeu de création monétaire

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Depuis le lancement du projet de monnaie locale complémentaire Québec, il y a de cela maintenant plus d’un an et demi, j’ai pu voir beaucoup venir à nos différentes rencontres. Il y a autant de raisons que de personnes venues pour que les citoyens s’intéressent à ce projet. Cependant, parmi celles qui peuvent revenir souvent, il y a deux thèmes principaux qui reviennent souvent : la dette et la création monétaire. Lors des présentations publiques ou quand je parle du projet, je mets tout le temps pour ma part le fait que ce projet est une réappropriation citoyenne de l’outil d’échange, que ce projet est également la possibilité à une communauté de réapprendre à fonctionner ensemble. Parler de dette ou de création monétaire dans une rencontre d’information sur la monnaie locale me semblait normal, mais ce n’était pas pour moi le sujet principal. Essayons de parler de ce que l’on peut faire, non pas de refaire un constat de ce qui ne marche pas.

Durant le forum social mondial 2016 à Montréal, certains des membres du groupe avaient participé au jeu Géconomicus, qui était organisé par le Mouvement pour un revenu de base français. Le revenu de base est un projet de plus en plus populaire, qui consiste à donner un revenu d’existence de base à tout un chacun, d’une ville, d’un territoire, d’un pays, in fine à tout le monde. Les membres de MLC-Québec qui avaient participé avaient trouvé cela pertinent et réellement intéressant pour le projet de monnaie locale. C’était une activité, qui sous la forme d’un jeu, permettait de comparer le concept « d’argent dette », notre système actuel, et le concept du « revenu de base ».

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Les joueurs en plein échange!

Après plusieurs rencontres de ceux qui avaient participé durant le forum social, c’est donc le samedi 4 mars que nous nous sommes retrouvés à une petite douzaine de membres du projet à jouer à ce jeu durant 3h. Nous étions les cobayes de cette première expérience à Québec. Un jeu que nous avons joué entre membres actifs du projet de monnaie locale complémentaire à Québec afin de pouvoir noter tout ce qui pourrait être à changer ou améliorer afin que des personnes extérieures au projet puissent en tirer la meilleure expérience possible.

Le jeu Géconomicus se déroule en deux tours de jeux, chaque tour représentant un système monétaire.

Le but du jeu est de créer le plus de valeurs économiques possibles. Pour cela, chaque joueur, doit acheter et vendre des cartes valeur du même paquet, afin de constituer un « carré » de quatre cartes identiques. À chaque « carré » obtenu, le joueur gagne une carte du paquet de la valeur supérieure (voir la feuille d’aide des valeurs).

Le premier tour du jeu, nous devons acquérir le plus de bien économique possible en achetant des « maisons » à chaque fois que nous possédons 4 cartes identiques. Ce tour, c’est le tour capitaliste, chaque joueur ne débute pas avec le même montant d’argent en main et s’il souhaite avoir plus d’argent pour faire des échanges, il doit emprunter à la banque, on ne peut emprunter que par 4, il faudra alors rembourser 5 à la banque.

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Les valeurs tournent

Le deuxième tour de jeu est quant à lui pareil dans son objectif, mais la manière d’acquérir de l’argent est différente. On reçoit de l’argent, la même somme pour tous, au début de chaque tour. Il y aussi une petite particularité, c’est que nous 4 valeurs de billets, mais seulement 3 par tour, il y a un changement des valeurs de chaque billet à chaque tour, ce qui fait qu’une valeur est éliminée des mains de chaque joueur à a fin de chaque tour afin de laisser place à la nouvelle.

Pour tout ce qui est explication plus approfondie des règles et du jeu, je laisserais les sites spécialisés en parler, ou même à venir à une des séances organisées dorénavant par MLC-Québec. Je me restreindrais seulement à une analyse succincte de ce que nous avons constaté lors du retour sur le jeu après les deux tours. Si vous souhaitez jouer sans ne rien savoir sur ce que vous pourrez constater durant le jeu, je vous conseille d’arrêter la lecture.

Que dire ?

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Audrey et Laurent en plein échange.

Le banquier veille!

S’il fallait faire un retour rapide, je dirais simplement : on se prend au jeu. Géconomicus me semble intéressant dans le sens ou c’est un jeu avant tout lorsqu’on le fait pour la première fois. Le premier tour de jeu, alors que l’on peut emprunter au banquier pour avoir plus d’argent afin d’échanger plus de cartes, est un bel exemple à petite échelle de ce que l’on peut faire dans notre société de consommation. Aussi comment on peut faire le pari de réussir un carré afin d’échanger d’avoir plus de maisons. Cependant, on devient vite stresser à la fin de chaque tour, car il faut au minimum rembourser l’intérêt d’argent emprunté à la banque. J’ai démarré mon premier tour sans argent, j’ai dû emprunter à la banque dès le départ. À la fin de la première manche, j’ai remboursé l’emprunt total, plus l’intérêt.Au fur et à mesure que le jeu allait, plus j’ai emprunté, mais les fois d’après j’étais embourbé, je ne pouvais rembourser que l’intérêt d’argent emprunter.

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Une fois le carré acquis, une maison et des nouvelles cartes!

J’ai finalement payé plus d’intérêts que ce que j’avais emprunté. Ce qui était un point commun entre les autres joueurs, seul deux n’avaient pas emprunté. Une première démonstration de ce jeu lors du retour, c’est la banque qui s’est le plus enrichie durant le jeu. Son seul rôle avait été de prêter de l’argent, qu’elle n’avait pas forcément, mais elle s’est créé un pécule avec nos intérêts.

Durant ce tour ça été drôle de voir, et moi le premier, que nous avons pour la plupart essayé de penser à nous en premier et à sauter sur la moindre occasion pour acquérir des cartes afin de faire des carrés. Dès qu’un joueur arrivait avec de nouvelles cartes, on essayait de voir ce qu’il avait avant les autres.

Durant le deuxième tour, nous commencions un peu avec la même effervescence qu’au premier, mais plus les manches allaient plus l’ambiance s’est calmée. Quand chacun commence le tour en recevant de l’argent, le concept de dette n’existe plus, il ne faut pas se dépêcher d’acquérir ou d’échanger afin de pouvoir rembourser la banque. Il y a un concept de valeur tournante et bien qu’au départ je pensais qu’il n’était pas bon de garder les valeurs qui allaient sortir, je me suis rendu compte que cela n’avait au final n’a pas tant d’importance, car la valeur qui sort c’est celle qui avait le moins de valeur durant la manche.

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t’as quoi dans ton jeu?

Lors du premier tour, les résultats démontreront au final qu’il y aura eu des faillites et beaucoup d’inégalités. Certain avaient, d’autres quasiment rien, et la banque avait le plus. Les résultats du deuxième tour auront montré que bien que chacun avait sa manière de jouer, au final, tout s’est balancé, il n’y a pas ou quasiment pas de disproportion entre les joueurs quant aux avoirs. Certains pensaient avoir moins et d’autres plus, mais lorsque les résultats sont sortis ça a été une surprise de voir l’homogénéité des résultats.

Géconomicus est un jeu qui vaut vraiment la peine d’être testé, il faut pouvoir lui réserver un peu de temps, mais l’expérience est enrichissante. Que l’on soit intéressé ou pas par le concept de monnaie, celui-ci peut très bien être vu comme un simple jeu si l’on ne veut pas aller plus loin, mais aussi comme une explication empirique du fonctionnement de la création monétaire. C’est également une première explication pratique au concept de monnaie libre, du revenu de base.