Workaway: première expérience dans un ranch

Lorsque nous avons pris la décision de partir, nous avions décidé que ce serait un voyage de découvertes. Que ce soit des découvertes de projets alternatifs, mais aussi de personnes et de lieux bien sûr. Ayant travaillé à L’Accorderie tous les deux, l’échange de temps ou alors être dans un principe d’échange de services nous tenait à cœur, nous ne souhaitions pas tout simplement être toujours dans une optique de travail. C’est en faisant quelques recherches et à la lecture de quelques articles que nous avons découvert Workaway ; un site qui allait répondre à nos trois objectifs.

Workaway : le principe

En s’inscrivant sur le site de Workaway, vous payez 35 $ pour une personne ou 50 $ pour un couple et cela vous permet d’accéder en tant que « workawayer » à l’ensemble de la liste des hôtes sur le site. Il y en à travers le monde entier. Cela peut aller de la garde d’enfants à New York, s’occuper d’une ferme en permaculture à Mayotte, aider dans un Bed and breakfast en Irlande ou bien dans une écocommunauté au Canada. Nous avons eu aussi un contact avec un hôtel en construction à partir de pièces de vélos, un éco hôtel à Détroit. Les possibilités sont larges, les lieux souvent inédits quand on est un touriste.

Le contrat entre l’hôte et la personne venant aidé est qu’en échange du gîte et du couvert la personne aide,5 h par jours à raison de 5 jours semaine. C’est ce qui est marqué sur le site, c’est une base, mais ce n’est pas toujours comme ça, c’est ensuite un arrangement entre les deux partis. Cela peut être plus une journée et moins l’autre, ou alors plus d’heures simplement ou alors encore des tâches moins prenantes tout au long de la journée. C’est variable et c’est un commun accord entre les deux parties sur ce qui se fera. Un contrat de confiance.

Du côté de l’hôte, ce principe permet à moindres frais d’avoir de l’aide dans la réalisation de son projet ; il faut permettre aux gens d’avoir un espace ou dormir et de la nourrir. Quant à la personne aidante, cela permet d’aider un projet dans ses valeurs, de découvrir de nouvelles manières de faire, mais cela peut aussi être des étapes dans un voyage plus long et d’être l’occasion de faire des arrêts plus longs pour découvrir des régions.

Il y a l’avantage économique, mais dans la philosophie des utilisateurs de Workaway, que ce soit de la part des hôtes ou des workawayers, c’est aussi de faire de nouvelles rencontres et de partager des expériences de vies. Les utilisateurs faisant un premier pas en allant vers cette formule, il y a déjà processus de sélection naturelle qui se fait, ce n’est pas tout le monde qui peut être dans un désir de rencontres, d’avoir des gens plus présents dans leur vie même pour une courte période, de fonctionner en dehors d’un système de rémunération monétaire. En recherchant des hôtes sur le site, il y a beaucoup de choix selon les régions où l’on cherche, on peut choisir le profil des personnes chez qui l’on va. Si cela ne marche pas, il est toujours possible de partir.

Est-ce que l’on parlera alors de « cheap labor » ou pas ? Avoir un travailleur au rabais pour les hôtes ? C’est difficile de se prononcer, cela va dépendre et être à prendre individuellement. C’est aussi beaucoup d’avantages pour la/les personnes venant aider, quand on considère le coût de vie sur place dans certains endroits et les avantages que cela peut représenter. C’est une question que l’on traitera à part, plus tard, avec plus de réflexions et d’expériences, mais c’est quelque chose à garder en tête peut-être pour mettre des limites. Tout comme la question est-ce que le workaway doit être utilisé uniquement pour des projets collectifs ? Est-ce juste de faire pour des projets d’entreprises ou pour répondre à des besoins individuel chez soi ? Ce sont toujours les questions qui se posent également dans les communautés d’échanges de services. Quelles sont les limites ? Ces questions se poseraient-elles vraiment en dehors du système monétaire ? Contraire à un système d’échange, il est possible de vivre de workaway puisqu’on est logé et nourris. C’est une pratique qui vient remettre en tête la question de la valeur travail et de l’importance qu’on veut lui donner. Ce n’est pas tout de suite que l’on aura la réponse, mais garder dans un coin de sa tête ces questions n’est pas une mauvaise chose.

Notre première expérience dans un ranch

C’est mi-juin que nous nous sommes dirigés vers ce qui sera notre premier workaway ensemble avec Audrey. Elle avait déjà fait une première expérience où elle était seule, mais moi arrivant nous avions décidés de nous déplacer. Les parents de la personne chez qui elle était avaient justement besoin de deux personnes pour les aider quelques semaines avant qu’une famille s’installe chez eux pour 6 mois. Il y avait de la préparation au niveau du jardin pour être sûr de pouvoir nourrir l’ensemble des personnes qui allaient habiter là.

C’est ainsi que nous nous sommes dirigé vers la ville de Williams Lake, au milieu de la Colombie-Britannique afin d’aller vers faire notre premier workaway. Au San Jose Cattle, chez Karen et Clint Thompson.

Expérience de Laurent

Commençons par la fin ; avoir eu cette expérience avec Clint et Karen aura été pour nous, selon moi, la meilleure entrée en matière dans le milieu du workaway que nous pouvions avoir. Ils ont depuis quelques années l’habitude de recevoir du monde dans leur ranch et cela se ressent dans la facilité du partage et de la mise en confiance qui s’installe tout de suite.

Un peu d’histoire

Le ranch qu’il possède appartenait avant au père de Karen, il n’en possède que le quart de ce qu’il avait, mais ils possèdent tout de même environ 400 hectares de terrain. Citadins que nous sommes, la possession de telles terres est dur à se rendre compte. L’histoire de l’Europe se fait depuis des centaines d’années, tandis que celle de la conquête du Canada n’a qu’environ 300 ans maximums et encore moins de ce côté-ci du continent. L’appropriation des terres était différente et le climat peu clément pour les premiers colons.

Depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années, Karen et Clint sont les propriétaires du ranch. Avoir un ranch, c’est élever du bétail. Ce que l’on entend par bétail en français, c’est des vaches destiné à la consommation humaine. Lorsqu’on est dans ce ranch, nous ne sommes pas dans l’élevage intensif comme on peut en avoir des images des grosses industries, nous sommes ici dans une production à échelle humaine en respect avec la nature. En fait, même plus que la petite production familiale, les Thomspons pratiquent l’élevage holistique.

Alors qu’ils possédaient environ 300 vaches, il y a 6 ans ils ont fait le choix de les vendre et d’aller à la Ranching for profits school. Ils y ont alors vu une manière de faire différent. Une manière de faire qui amène une autre vision de son terrain et ses bêtes. Ils sont maintenant toujours propriétaires de leurs terres, mais les loues à des ranchers qui y mettent leurs vaches pour la saison. À ce que j’en comprends, l’élevage holistique pourrait s’apparenter à une forme de permaculture, car c’est un élevage qui se fait en harmonie vaches, sol, vie sauvage, ranchers et vie autour. Même les naissances des veaux sont faites pour être prévues pour qu’elles arrivent au moment où la nature est la plus abondante et qu’elle subvienne aux besoins.

La vie au ranch

On m’aurait dit quelques mois plus tôt que j’allais aller sur un ranch, j’aurais ri bien fort en disant que je n’irais pas dans ce genre d’endroit red neck. Et pourtant… j’y suis allé et je m’y suis plu. J’ai pu apprendre beaucoup avec Clint dans son quotidien au ranch. Quand on a l’image d’un ranch, tout du moins pour celle que j’en avais, c’est les grands espaces, ces plaines interminables ou des milliers de vaches broutent serrées les unes aux autres. Ce n’était pas le cas ici. Le ranch se trouve entre la ville de 150 miles et Williams Lake, dans la forêt ; il y a 250 vaches et 50 veaux et elles sont nourris à l’herbe fraîche tous les jours.

Les barrières

Comme le ranch se trouve en grande partie sur la forêt, il y a des réparations à faire, car de vents violents frappent chaque année la région. Il faut aller réparer les barrières qui délimitent le terrain et les différentes zones de pâturages. On fera cela pendant plusieurs jours, réparer des barrières, arpenter le terrain voir si tout est correct, le cas échéant en replantera des poteaux, refaire les barbelés ou tout simplement enlever des arbres tombés. On s’y rendra en quad, en tracteur, en voiture ; on réparera à la main, à la tronçonneuse et on plantera au tracteur ou à la pelleteuse. Incroyable comment le terrain est grand, inimaginable toute les possibilités que l’on peut voir avec un terrain comme celui-ci ; une éco-communauté, des chalets pour faire comme à Kabania, des trails de courses à pied, tout garder en l’état pour s’y promener, un grand jardin et vivre en autarcie, etc. Inimaginable l’argent que cela pourrait prendre et à faire rouler avant de recevoir un peu de retour. Restons réaliste, c’est un ranch et ça le restera, pas toujours facile de ne pas être dans les nuages. Clint saura y faire lors de nos discussions en travaillant 🙂

Les vaches

Tous les deux jours ou parfois chaque jour, il faut aussi aller changer les vaches d’aires de pâturage. Il ne faudrait pas qu’elles viennent à être affamées, mais on ne veut pas non plus qu’elles mangent l’herbe au ras si on veut pouvoir en garder et que cela repousse un peu mieux. Il faut aussi faire attention à ne pas laisser une aire trop grande, sinon les vaches ne mangent que les herbes qui leur plaisent et délaissent le reste, alors qu’il faut que tout soit consommé. Des barrières faites de barbelés sont en place en permanences à certains lieux, mais maintenant ils utilisent aussi des barrières électriques, un simple fil électrifié, les vaches ayant eu une ou deux expériences le reconnaissant, cela ne prend pas plus. Cela permet aussi au gré de changer les barrières et de s’adapter au nombre et au climat selon ce qu’il faut nourrir ou abreuver.

Les vaches sont des drôles d’animaux un peu grégaires. Je ne pensais pas que c’était des animaux qui auraient peur des humains juste en s’approchant. Par contre, quand vient le temps du quad après un certain temps, c’est le signal pour un nouveau pré et de la nourriture fraîche, alors bien que méfiante, on peut être sûr d’attirer leur attention.

Le reste

J’aurais eu le temps d’une journée où il n’y avait pas de barrières ou de vache à bouger à faire deux nids à oiseaux. Retravailler le bois était sympathique et je me suis initié au travail au couteau à bois afin de me servir de deux bûches de bois pour creuser et en faire des nids « naturel ». Au lieu de le construire, je me suis servi de cela.

C’était deux semaines intéressantes que nous avons passées là. Intéressant les discussions sur le principe holistique, les raisons de leur changement, la crise de la vache folle et comment elle a touché les ranchers canadiens. Intéressant de voir comment des clichés peuvent êtres brisés, mais aussi renforcés. Ça m’a donné envie d’avoir des poules, ça permet de faire encore du meilleur compost… 😉

Expérience d’Audrey

Un couple merveilleux qui nous accueillent les bras grands ouverts, un chat, un chien, des poules, des chevaux, des vaches, des prairies à perte de vue, un jardin…

Des souvenirs d’enfant qui remontent à la surface et le cœur d’enfant qui se réveille tous les jours lors de cette deuxième expérience de workaway.

Pendant une quinzaine de jours nous avons donc aidé Karen et Clint dans leur ranch pour différentes tâches. Pendant les premiers jours, j’ai surtout aidé à l’entretien des espaces verts autour de la maison en tondant et du jardin en désherbant.

Des le deuxième jour, Karen m’a proposé d’essayer un des deux ATV, sorte de quad, et nous sommes allés derrière chez eux, proche d’un petit lac ou une famille d’oies s’est installée pour l’été. Drôle de sensation de manœuvrer cet engin à 4 roues motrices mais finalement beaucoup de plaisir, je me sentais comme une enfant qui découvrait un nouveau jeu. Avec prudence, je l’ai essayé pour un petit quart d’heure.

Quelques jours après, j’ai aidé Laurent et Clint a enlevé des barrières électriques pour que les vaches aient un nouvel espace vert à brouter.

Il a été impressionnant de voir l’empressement des vaches d’avoir accès au nouvel emplacement. Pause, le chien qui est venu avec nous ce jour là, est resté bien sage assis sur le ATV attendant l’ordre de Clint de bouger et d’aller voir s’il ne restait pas des vaches dans l’ancien emplacement.

Au bout d’une semaine, Clint nous a délégué d’aller enlever quelques barrières et bouger le gros abreuvoir avec le sel grace à l’ATV. Nous nous sommes partagés la conduite de l’ATV et nous avons conduit donc les vaches à un nouvel emplacement grâce au changement de place de l’abreuvoir. C’est impressionnant de voir une centaine de vaches te suivre.

Pendant ces deux semaines, j’ai pris plaisir à aller voir les poules, récupérer leurs œufs et nettoyer leur espace de ponte de temps en temps ; les chevaux pour leur donner un poignée d’avoine, les brosser et leur faire un calin. Tout cela sous une belle température avec la compagnie d’une sorte de petite marmotte qui hiberne et qui émet un tout petit bruit aigu à longueur de journée! Ce n’est pas du tout désagréable et plutôt marrant!

Tous les soirs, je jouais le répertoire Klezmer à l’accordéon pendant que Karen préparait le repas. Elle adorait! Il est aussi arrivé de jouer du piano dans leur beau salon et j’ai retrouvé dans le sous-sol un orgue électronique comme quand j’étais enfant. Je me suis donc amusée aussi un soir à jouer l’orgue électronique et retrouver des mélodies apprises enfant pendant que nos hôtes et Laurent prenaient un verre de bière!

Avec la machine à coudre de Karen, je me suis amusée à recréer une grosse pochette en toile de jute pour un rangement dans l’escargot, préparer quelques bouts de tissus pour faire des chouchous et surtout appris à partir d’un patron à réaliser une petite robe pour la petite fille de Karen grâce à l’aide de Karen. 

Tel un esprit de famille, nous avons beaucoup apprécié passer ces beaux moments avec Clint et Karen, entre apprentissage, détente, discussion avec toujours une bonne humeur et une ambiance des plus chaleureuses!  

 

Monnaies alternatives; comment s’y retrouver?

Avez-vous déjà entendu parler des banques d’heures ? Des systèmes d’échanges locaux ? Du troc ? De l’Accorderie ? De monnaie locale complémentaire ? Ces outils d’échanges, bien qu’ils ne soient pas tous similaires et n’aient pas la même fonction dans leur communauté ; ils font partie de ce que l’on appelle les monnaies alternatives. Lors D’une soirée discussion avec un des fondateurs du Demi gaspésien, Martin Zibeau avait parlé d’avoir « une polyculture économique » dans une communauté afin de l’enrichir. C’est en connaissant leurs différences, mais aussi en sachant comment ils peuvent fonctionner de pairs que l’on comprendre comment cela peut être possible.

C’est là la force de ces systèmes, nouveaux et vieux comme le monde, que de pouvoir exister en complément les uns des autres. L’essor des monnaies locales depuis les dernières années fait beaucoup parler de lui, être utilisable dans les commerces renforce son aura médiatique. Les systèmes d’échanges locaux quant à eux, sont présents dans des communautés depuis des années, des dizaines d’années pour certains. Le mouvement des monnaies locales a pris une nouvelle vie surtout depuis le lancement du mouvement de transition dans les années 2000. Ce mouvement ayant pour but de renforcer la résilience d’une communauté, créer sa monnaie est apparu comme une solution comme étant de soi.

Mais qu’entend-on exactement par monnaie alternative ?

Une monnaie alternative est un moyen d’échange, entre personnes ou entreprises, qui se fait sans passer par l’unité nationale du pays où se déroule l’échange. N’avez-vous jamais fait un échange de ce genre avec un ami : « Est-ce que tu peux m’aider avec ceci et en échange je t’aiderais avec cela. » Sans le savoir, vous avez fait un échange que l’on pourrait dire « alternatif ». Vous avez fait un échange de services. Et c’est exactement ce qu’est un système d’échange local, un SEL (LET en anglais : local exchange trade) ou bien un TROC.

TROC

Le TROC est un échange réciproque entre deux individus. Le TROC peut aussi être un échange d’objet, il n’est d’ailleurs souvent que cela dans la tête de la plupart des gens. On a assimilé le terme qu’à cet usage puisque souvent on s’échange des objets de valeurs que l’on considère comme étant réciproques. Ce qu’il faut garder en tête c’est que lorsque l’on parle de TROC on implique forcément en échange entre deux personnes, il n’y a pas de tiers entre les deux.

SEL

Les systèmes d’échanges locaux quant à eux, sont une volonté d’une communauté de se créer un outil d’échange pour fonctionner en dehors de monde monétaire national. Les SELs sont un réseau de personnes se réunissant et s’échangeant des services. Ce qui implique que le service que vous rendez à X, pourra vous êtes rendu sous une autre forme par une autre personne. C’est ce que l’on appelle une banque de temps. La base étant de se dire que chacun à des talents que l’on peut s’échanger, alors pourquoi passerait-on toujours par le fait de devoir payer pour ceux-là ? En fait, il serait faux de dire que l’on ne paye pas, reformulons : « Pourquoi on devrait dépenser ou gagner des $ pour ce que l’on fait ».

Image de: http://www.lamonnaieautrement.org

Un système d’échange local va être un regroupement de personnes, d’une aire géographique relativement proche, qui vont se réunir et se mettre d’accord sur une unité de mesure commune afin d’échanger leurs services. Il en existe plusieurs, mais la plus commune et la plus juste est le temps. Je fais une heure de jardinage chez toi, en échange de quoi, avec cette heure, je peux demander à une autre personne de faire une heure de conversation anglaise avec moi. Le temps passé à jardiner, j’ai pu l’accumuler dans ma banque de temps afin de la dépenser à converser en anglais. C’est exactement le même principe qu’un compte bancaire usuel, c’est juste que le solde montre le temps accumulé et non pas un montant d’argent.

Mais si c’est pour avoir un compte bancaire, pourquoi ne pas au final continuer d’utiliser son compte « normal » ? Être membre d’un système d’échange local peut être considéré comme un acte militant, mais aussi un désir de vouloir fonctionner autrement. La raison d’exister de ces systèmes est aussi de recréer du lien social, du lien humain, de faire que les gens d’une aire géographique donnée puissent se connaitre. Si vous devenez membre d’un réseau comme celui-ci, vous serez amené à peut-être échanger avec vos voisins, car ils offrent un service dont vous avez besoin. Peut-être ne leur auriez-vous jamais parlé outre mesure sans cela ? La personne à deux coins de rue de chez vous cherchait justement le service de cuisine que vous offrez. C’est aussi pour cela qu’on les appelle Systèmes d’Échanges LOCAL, car ces banques d’heures ne sont pas faites pour fonctionner sur tout le territoire national, mais bien au sein d’une communauté plutôt restreinte.

Ce sont le plus souvent des systèmes autogérés par la communauté, il y a besoin de personne s’investissant pour le tenir à jour si besoin est, mais aussi la communauté ne pourra être d’un nombre trop grand. Entre 60 et 100 personnes semblent être la taille critique pour fonctionner. Trop peu de personnes : on risque de ne pas trouver ce que l’on cherche, on n’y voit pas l’intérêt et on délaisse le système. Tandis que trop de personnes : le système implose, car celui-ci servant à recréer le lien entre les gens, le nombre d’utilisateurs étant trop grand les gens ne se connaissent pas et un certain contrôle est perdu. Il faut aussi savoir qu’un tel système fonctionne aussi sur la confiance. Un premier tri est fait par la volonté des gens à s’échanger des heures et à devenir membre du système, mais si trop de gens en font partie, le lien ne prend pas. Il est peut-être bon alors à ce moment de créer un autre système pour le quartier d’à côté.

Accorderie

La différence entre une Accorderie et le système de SEL n’est pas bien grande et en même temps un fossé les sépare. Une Accoderie est une banque d’heure également, elle sert à recréer le lien entre les gens, à récréer l’esprit de village entre ses membres. Mais alors ? Une Accorderie est un organisme avec une mission ; lutter contre la pauvreté et contre l’exclusion sociale. À la création de la première Accorderie, celle de Québec, ses activités étaient de continuer celles des organismes qui l’avaient créé, à savoir un groupe d’achats et du microcrédit. Cependant, rapidement, les gens y travaillant ont vu l’avantage qu’il y aurait à incorporer un réseau d’échange de service, car cela servirait à tisser du lien entre les membres.accorderie horizon transition

Alors que les SEL pourraient être considérés comme un regroupement de personnes autonomes créant leur communauté, le principe Accorderie a été créé afin de répondre à un besoin social dans un quartier défavorisé de la ville de Québec avec une mission bien spécifique. Simplement, l’ouverture au principe d’échanges de service a permis de répondre à la mission de manière complémentaire à ce qui se faisait jusqu’à devenir le service principal du réseau. Et ce qui fait sa force, tout comme sa faiblesse pour des raisons financières, c’est que le réseau est animé par un ou des salariés. Ce qui permet de faire éclater la limite de membres. La personne salariée sert de lien entre les différents membres et peut organiser une vie associative afin que les gens se rencontrent. De plus, le SEL lui permet de favoriser la mixité sociale en son sein, ce qui répond d’autant mieux à sa mission et ce qui en fait un réseau d’échange de service encore plus riche.

L’Accorderie est finalement un réseau d’échange de service, une banque de temps, mais pousse le fonctionnement un peu plus loin en étant elle même la banque et se permettant de dépenser des heures. Le réseau peut ainsi faire appel à ses membres afin de fonctionner, tout service rendu à l’organisme est payé en heures qui sont elles-mêmes par la suite échangeables en service. Le réseau peut ainsi s’appuyer sur ses membres afin d’être opérationnel et toujours s’aggrandir plus en ayant la mission sociale toujours dans sa ligne de fonctionnement.

Pourquoi utiliser des heures ?

La principale raison d’une banque de temps d’utiliser l’unité heure comme mesure est que nous avons tous 24 h dans une journée. Cela apparaît comme étant le système le plus juste, car une heure pour l’un sera le même temps pour l’autre. Tandis que si l’on devait avoir des valeurs différentes entre les services, on reproduirait le même schème que le système monétaire actuel. Dans une banque d’heures, c’est le temps humain investi à rendre le service qui compte.

Les Monnaies Locales Complémentaires

Les MLC sont ce qui est le plus connu actuellement. Il en existe plus de 5 000 à travers le monde, dont une trentaine existante en France (+ plein de projets en démarrage) et une petite dizaine de projets en cours de démarrage au Québec. Une monnaie locale complémentaire est un moyen d’échange qui est équivalent dans la plupart des cas à la monnaie nationale. Il est possible de les utiliser entre usagers, mais surtout aussi directement dans les commerces. C’est de ces monnaies dont on entend le plus parler en ce moment. Elles sont la volonté d’une communauté de s’armer d’un outil d’échange sur lequel on a un contrôle. C’est les citoyens et les commerçants qui vont décider ensemble des modalités d’échanges. Mais qu’elle est leur but ?

Tout comme le SEL ou une Accorderie, la monnaie locale va fonctionner sur une aire géographique donnée, elle ne doit pas être trop étendue, sinon elle perdrait sa raison d’être, mais elle doit aussi être en harmonie avec le milieu commercial existant. Selon les études, une monnaie locale devrait être sur le territoire d’une région pour bien fonctionner. Ainsi, le commerçant peut dépenser sa MLC avec ses fournisseurs. Le but d’une telle monnaie étant de renforcer l’achat local dans une perspective économique, mais aussi environnementale. Beaucoup de projets de transition, dans leur mission de réduction des énergies fossiles, vont opter pour ce genre de monnaie, car elle favorise le circuit court.

Mais au final pourquoi ne pas continuer à utiliser la monnaie nationale ?

Une monnaie locale sur un territoire, outre de renforcer l’achat local, va aussi être un enjeu citoyen afin de se réapproprier l’outil qu’est l’argent. En utilisant cette monnaie, on peut décider que l’argent dépensé ne sortira pas du territoire, mais aussi qu’il ne sera pas utilisé afin de financer une guerre ou le financement d’un projet non voulu.

Afin d’acquérir une monnaie locale, les citoyens vont échanger leur monnaie nationale contre de la MLC à un comptoir d’échange, ils pourront ensuite dépenser leur argent dans les commerces acceptant cette devise. Le nombre de citoyens et de commerçant l’utilisant est exponentiel, plus y en a, plus y en aura. Plus de citoyen l’utilisant, plus la masse monétaire échangée sera grande ; cela aura pour effet par la suite que si le nombre de commerces l’utilisant est suffisant, l’argent circulera en interne plus facilement. Une monnaie locale tourne 6 fois plus vite qu’une monnaie nationale, car elle n’est pas thésaurisable (il n’y a pas d’intérêt à la garder) In fine, une monnaie locale mature peut servir à financer des projets communautaires et favoriser la vie locale, car l’argent national accumulé peut être utilisé et investit dans des projets en accord avec les valeurs de la MLC.

Monnaies alternatives = Éducation populaire

Bien que l’on comprenne ces différentes distinctions, il reste normal de se demander pourquoi existent-elles et devrait-on les utiliser. Une monnaie alternative, appelons-les : monnaies complémentaires, sont avant tout là pour diversifier les échanges et faire comprendre que lorsqu’on utilise de l’argent, ce n’est finalement qu’un moyen d’échange dans lequel nous avons confiance confiance, nous lui donnons une valeur d’échange.

En agriculture il y un renouveau de ce qu’on appelle la permaculture, en opposition avec la monoculture (simplifions-le ainsi pour l’exemple). On se rend compte qu’il est préférable d’avoir un jardin diversifié afin que les différentes plantes puissent s’aider à pousser : les unes étant favorables aux autres et d’autres repoussant les prédateurs de légumes voisins. Il y en va de même dans nos échanges. Il est important de les diversifier afin que chacun puisse trouver là où il est le plus à l’aise selon les cas. Si telle personne n’a pas d’argent, elle a peut-être un savoir à échanger. En opposition, si la personne n’a pas le savoir que vous voulez, elle a peut-être un jardin et peut vous fournir en légumes, peut-être aussi a-t-elle un ami qui a ce que vous cherchez.

monnaie locale horizon transition
Éducation populaire et monnaies complémentaires ne vont pas forcément de soi dans la pensée commune. Cependant c’est en utilisant un moyen comme celui-là que l’on peut comprendre plus aisément le fonctionnement de l’argent. Il y a bien sûr la création de la dette et la création monétaire, mais aussi que dans notre vie quotidienne, on a accepté d’utiliser de l’argent sans savoir réellement pourquoi. C’est lorsque l’on comprend que l’on accepte l’argent uniquement parce que l’on sait qu’on peut le dépenser, que l’on peut entrer dans un nouveau système. C’est une question de confiance dans la valeur que vous utilisez.

Nous reviendrons en détail sur chacun des systèmes d’échanges différents afin d’être plus précis sur chacun, mais cela doit déjà permettre de démêler un peu les pensées.

Mais et le Bitcoin ? Et les blockchain ? Et le concept des monnaies libres ?

Oui, ce sont des types de monnaies alternatives, mais nous ne les préconisons par forcement et ne les mettrons pas dans la même catégorie que les concepts ci-dessus. Que ce soit le TROC, les SELs, les Accorderies ou les MLC, elles ont toutes en communs de remettre l’humain au cœur de l’échange et d’être des systèmes favorisant le local. Les monnaies électroniques et le concept de monnaie libre ne rentrent pas dans ces catégories, nous en parlerons plus tard.

Our inner travel at the vipassana meditation center

vipassana québec montebello méditation

Salle de méditation homme

Before we began our journey all across Canada and the United-States, we decided to go on an inner journey through a retreat at the Vipassana Meditation Center in Montebello. We signed up for ten-day retreat in which we would learn meditation techniques in complete silence and segregation in a beautiful location!

First, here is a definition of Vipassana meditation according to Wikipedia.

Vipassanā (Pāli) in the Buddhist tradition means insight into the true nature of reality, namely as the Three marks of existence: impermanence, suffering or unsatisfactoriness, and the realisation of non-self. Presectarian Buddhism emphasized the practice of Dhyana, but early in the history of Buddhism Vipassanā gained a prominent place in the teachings.

Vipassanā meditation has been reintroduced in the Theravada-tradition by Ledi Sayadaw and Mogok Sayadaw and popularized by Mahasi Sayadaw, V.R. Dhiravamsa, S. N. Goenka, and the Vipassana movement,] in which mindfulness of breathing and of thoughts, feelings and actions are being used to gain insight into the true nature of reality. Due to the popularity of Vipassanā-meditation, the mindfulness of breathing has gained further popularity in the west as mindfulness.

Farther on, a description of the method on the website :

Vipassanā-meditation uses mindfulness of breathing, combined with the contemplation of impermanence, to gain insight into the true nature of this reality. All phenomena are investigated, and concluded to be painful and unsubstantial, without an immortal entity or self-view, and in its ever-changing and impermanent nature.
Mindfulness of breathing is described throughout the Sutta Pitaka. The Satipatthana Sutta describes it as going into the forest and sitting beneath a tree and then to simply watch the breath. If the breath is long, to notice that the breath is long, if the breath is short, to notice that the breath is short.
By observing the breath one becomes aware of the perpetual changes involved in breathing, and the arising and passing away of mindfulness. One can also be aware of and gain insight into impermanence through the observation of bodily sensations and their nature of arising and passing away.

Here is the daily schedule at the center. For more details about the rules that are to be followed during the retreat, you may refer to the website of Montebello Vipassana Center.

This the time schedule of a meditation day:

  • 4:00 am Morning wake-up bell
  • 4:30-6:30 am Meditate in the hall or in your room
  • 6:30-8:00 am Breakfast break
  • 8:00-9:00 am Group meditation in the hall
  • 9:00-11:00 am Meditate in the hall or in your room according to the teacher’s instructions
  • 11:00-12:00 noon Lunch break
  • 12noon-1:00 pm Rest and interviews with the teacher
  • 1:00-2:30 pm Meditate in the hall or in your room
  • 2:30-3:30 pm Group meditation in the hall
  • 3:30-5:00 pm Meditate in the hall or in your own room according to the teacher’s instructions
  • 5:00-6:00 pm Tea break
  • 6:00-7:00 pm Group meditation in the hall
  • 7:00-8:15 pm Teacher’s Discourse in the hall
  • 8:15-9:00 pm Group meditation in the hall
  • 9:00-9:30 pm Question time in the hall
  • 9:30 pm Retire to your own room–Lights out

Audrey’s Experience

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Entrée principale du centre

I went on a first Vipassana 10-day retreat in summer 2014 and on a second one 5 months later. In December 2015, I decided to serve during a retreat. It is upon my return from that service that Laurent and I first talked about the possibility of travelling together the following year.

This third retreat was distinct from the previous ones, with its own difficulties and successes.

During the first three days, I met again the foe of sleep. I struggled to stay focused and meditate : as soon as I was cross-legged, my back upright, and closed my eyes, my body soon became heavier and wouldn’t stop twitching. My meditations back in the dormitory were rather short, the bed luring me into napping. During group meditation, I couldn’t keep my mind focused on the task of observing by breath as it passed through my nostrils.

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Salle de repas des filles vu de celle des garçons. Durant les 10 jours, les rideaux sont mis

Then, on the fourth and fifth day, the foe of “doing” took over. My mind would wander off outside of the centre, into the truck, thinking about what work was left to be done on it. I was often thinking about Quebec City, about all that I had experienced over there, doing a kind of survey of the past to better welcome what was to come, feeling gratitude towards all the people that had helped me on the way.

But this wasn’t the time for assessing my life. I was supposed to concentrate and observe each part of my body with neither avidity nor aversion.

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Sentiers de marche

On the fourth day, whenever my mind started to be calm and focused, I felt a strong tickling sensation somewhere on my back. “Don’t react”, I told myself. Be equanimous, that’s what you’re here to learn.” On the fifth day, I still wasn’t equanimous. The sensation persisted whenever I was sitting, and my mind would be agitated thinking back about Quebec City, the future, my family and about Laurent who was probably having his own experience.

To be in the same place doing the same thing for 10 days without seeing each other, that was complete nonsense! I wanted to leave…

Everyday, I would take a walk during lunch time. I would look towards the parking lot and would see the Snail : Laurent is still here, he hasn’t left, I told myself, a smile on my face.

On the 6th and 7th day, my mind was getting more refined. I could feel the sensations on my body, scan specific body parts and the tickling sensation came and went but it gradually faded until it became a light tingling.

Then, you realize there is nothing permanent, that everything is continuously changing. A nice sensation on your body can transform into something unpleasant 10 minutes later. That is life and that is what Buddha taught through this meditation method.

On the eighth and ninth day, I felt like I wanted to skip those days, be reunited with Laurent and use what I had learned in my daily life during the trip.

On the 10th day, I had a wonderful meditation in the morning before we ended the noble silence. After 9 days, we could finally connect with the men and women around us. The segregation was over. I was excited and a bit anxious to see Laurent again, to speak with him without any physical contact.
After Vipassana, my conviction was great and I intended to make meditation part of my daily life.

Laurent’s experience

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Tout est inscrit pour ne pas avoir à parler

Ever since I’ve known Audrey, I have heard about Vipassana meditation, about those retreats during which you can’t speak. The idea sounded interesting. When I first learned about the existence of this method, I had just started transcendental meditation, for which I had been initiated by a member of the Accorderie of Quebec City. I was in between jobs, doing a lot of yoga, running and as recommended by the method, I meditated 20 minutes a day, twice a day. I could feel the benefits, in the sense that meditation has an inherent resting effect, both physically and mentally. For me, the morning meditation was like a smooth wake-up, whereas the evening meditation was a way to let go of the day’s worries and to slowly transition to evening activities.

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Maison des servantes

It lasted about 6 months. Then, I started my job at the Accorderie and my commitments for social justice started to take up more of my time. So, as many people do, I chose to stop doing certain things, lack of time being my excuse. I did not intend to drop out, I just gradually stopped, thinking : “I’m tired this morning” or “It’s getting late” or “I’m late for work.” The system started to get the best of me, and my schedule became more important. However, in my job, I often talked about time, because we are a bank of time. It is important to value what really matters to us, not what the system imposes on us. My choice was a conscious one. I liked my job and in fact it didn’t take up too much of my time. It was my point of view on things, I think. In the end, meditation was completely out of my life.

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Salle de repas hommes

But now, I had left my job and two years later, I was about to set out on a road trip. That was a whole new game. Audrey had done three retreats before and wanted to do one more. Every time someone told me they had done one or were going to do one, I said it was a good thing for them to allow time for that, but that I personally could not do it with my job. Now I was still hesitating but I didn’t have an excuse, so when Audrey talked about it, I thought it was the time to make it happen even though I had some apprehensions. Also, we were leaving our home in March and sleeping in a truck at the end of winter didn’t sound very fun. So the retreat would be a way to postpone the road trip 2 weeks until it gets a bit warmer.

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Sentier de marche

So on March 15th, we arrived at the Vipassana Center of Montebello. It was a wonderful place in the country surrounded by a forest. The Center is located in the old Sendbergh, a boarding school where Prime Minister Justin Trudeau attended.

As soon as we arrived, we saw two waiting lines, one for women and another for men. First, they give you a little booklet to read. It describes Vipassana meditation and what to expect from the 10 days to come. It also says that if you are feeling incapable of doing this, you should leave now or commit to doing the full 10 days. When you sign up on the Internet, it is mentioned that you must stay for the whole duration of the retreat, of which 9 days are in complete silence, without physical or eye contact with others.

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Chambre garçons, anciens étudiants

Once you have read through the whole booklet, you sign up officially and you are assigned a room. Usually, new students sleep in a small dormitory whereas seniors sleep in a room for two.

At 6:30 pm, they serve the last dinner for the next 10 days. Then, there is the first meditation, during which they explain the rules and the “Noble Silence” starts.

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Résidences hommes

On the 9th day, the silence is broken and we can speak again and interact with the opposite sex in the afternoon. I will not describe in more detail the rules and conditions of the retreat. A lot of information about this can be found on Wikipedia or on the Vipassana Centers’ website.

So what’s left for me to talk about is my impressions. Even though I was happy to do this, I had apprehensions. From 6 am to 9 pm everyday, I would not be able to read, write nor go on long walks. I would just meditate… So what was I going to do during the breaks?

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Chemin pour venir au centre

The first and second day of the retreat (after the day of the arrival) went by really fast, because I slept for a big part of the time. I did try meditate at 4:30am, but could not do it. I woke up on the first day, I tried, then went back to sleep. On the second day, I sat down but fell asleep before I started. It’s crazy how much you can accumulate the need for sleep. The previous months, making changes to the truck and planning our trip had been hard work. We had never taken one day off and my body reminded me of that. That is part of the reasons why I thought starting the trip with meditation would be a good thing.

vipassana québec montebello méditationThe remaining 8 days, I went back and forth from wonder to resilience. Mornings were nice because they went by fast : waking up, breakfast, group meditation, relaxation and lunch. But afternoons felt longer. The idea behind the rules and procedure of the retreat is to allow the students to focus only on themselves for 10 days. But students can also come and do a service retreat, cooking, cleaning and doing other chores. When you are a regular student, you have nothing to do but to focus on the Vipassana meditation method. That is also why you can’t talk, read or write, things that can stimulate you mind.

Even without external stimulation, just the fact that you can’t do any activity pushes you to be with yourself and you become conscious of the fullness inside.

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Meditation during the remaining 8 days was not easy, because you have to deal with all the things that come through your mind. It was an interesting way to start off the trip, but it was not restful. Everyday, you do what you must and you try to empty your mind to fully experience meditation. Vipassana meditation is about observing your breath and paying attention to the sensations in your body. The mind is not always the best ally in that. Fortunately, there were places where you could walk in between meditation sessions in order to let yourself go.

Finally, the whole thing was not easy, but after 10 days I was happy of what I accomplished. It was a good place to start our trip from. Then, I knew I had to put into practice in my daily life what I had learned during this time at the temple.

Géconomicus, un jeu de création monétaire

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Depuis le lancement du projet de monnaie locale complémentaire Québec, il y a de cela maintenant plus d’un an et demi, j’ai pu voir beaucoup venir à nos différentes rencontres. Il y a autant de raisons que de personnes venues pour que les citoyens s’intéressent à ce projet. Cependant, parmi celles qui peuvent revenir souvent, il y a deux thèmes principaux qui reviennent souvent : la dette et la création monétaire. Lors des présentations publiques ou quand je parle du projet, je mets tout le temps pour ma part le fait que ce projet est une réappropriation citoyenne de l’outil d’échange, que ce projet est également la possibilité à une communauté de réapprendre à fonctionner ensemble. Parler de dette ou de création monétaire dans une rencontre d’information sur la monnaie locale me semblait normal, mais ce n’était pas pour moi le sujet principal. Essayons de parler de ce que l’on peut faire, non pas de refaire un constat de ce qui ne marche pas.

Durant le forum social mondial 2016 à Montréal, certains des membres du groupe avaient participé au jeu Géconomicus, qui était organisé par le Mouvement pour un revenu de base français. Le revenu de base est un projet de plus en plus populaire, qui consiste à donner un revenu d’existence de base à tout un chacun, d’une ville, d’un territoire, d’un pays, in fine à tout le monde. Les membres de MLC-Québec qui avaient participé avaient trouvé cela pertinent et réellement intéressant pour le projet de monnaie locale. C’était une activité, qui sous la forme d’un jeu, permettait de comparer le concept « d’argent dette », notre système actuel, et le concept du « revenu de base ».

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Les joueurs en plein échange!

Après plusieurs rencontres de ceux qui avaient participé durant le forum social, c’est donc le samedi 4 mars que nous nous sommes retrouvés à une petite douzaine de membres du projet à jouer à ce jeu durant 3h. Nous étions les cobayes de cette première expérience à Québec. Un jeu que nous avons joué entre membres actifs du projet de monnaie locale complémentaire à Québec afin de pouvoir noter tout ce qui pourrait être à changer ou améliorer afin que des personnes extérieures au projet puissent en tirer la meilleure expérience possible.

Le jeu Géconomicus se déroule en deux tours de jeux, chaque tour représentant un système monétaire.

Le but du jeu est de créer le plus de valeurs économiques possibles. Pour cela, chaque joueur, doit acheter et vendre des cartes valeur du même paquet, afin de constituer un « carré » de quatre cartes identiques. À chaque « carré » obtenu, le joueur gagne une carte du paquet de la valeur supérieure (voir la feuille d’aide des valeurs).

Le premier tour du jeu, nous devons acquérir le plus de bien économique possible en achetant des « maisons » à chaque fois que nous possédons 4 cartes identiques. Ce tour, c’est le tour capitaliste, chaque joueur ne débute pas avec le même montant d’argent en main et s’il souhaite avoir plus d’argent pour faire des échanges, il doit emprunter à la banque, on ne peut emprunter que par 4, il faudra alors rembourser 5 à la banque.

geconomicus quebec

Les valeurs tournent

Le deuxième tour de jeu est quant à lui pareil dans son objectif, mais la manière d’acquérir de l’argent est différente. On reçoit de l’argent, la même somme pour tous, au début de chaque tour. Il y aussi une petite particularité, c’est que nous 4 valeurs de billets, mais seulement 3 par tour, il y a un changement des valeurs de chaque billet à chaque tour, ce qui fait qu’une valeur est éliminée des mains de chaque joueur à a fin de chaque tour afin de laisser place à la nouvelle.

Pour tout ce qui est explication plus approfondie des règles et du jeu, je laisserais les sites spécialisés en parler, ou même à venir à une des séances organisées dorénavant par MLC-Québec. Je me restreindrais seulement à une analyse succincte de ce que nous avons constaté lors du retour sur le jeu après les deux tours. Si vous souhaitez jouer sans ne rien savoir sur ce que vous pourrez constater durant le jeu, je vous conseille d’arrêter la lecture.

Que dire ?

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Audrey et Laurent en plein échange.

Le banquier veille!

S’il fallait faire un retour rapide, je dirais simplement : on se prend au jeu. Géconomicus me semble intéressant dans le sens ou c’est un jeu avant tout lorsqu’on le fait pour la première fois. Le premier tour de jeu, alors que l’on peut emprunter au banquier pour avoir plus d’argent afin d’échanger plus de cartes, est un bel exemple à petite échelle de ce que l’on peut faire dans notre société de consommation. Aussi comment on peut faire le pari de réussir un carré afin d’échanger d’avoir plus de maisons. Cependant, on devient vite stresser à la fin de chaque tour, car il faut au minimum rembourser l’intérêt d’argent emprunté à la banque. J’ai démarré mon premier tour sans argent, j’ai dû emprunter à la banque dès le départ. À la fin de la première manche, j’ai remboursé l’emprunt total, plus l’intérêt.Au fur et à mesure que le jeu allait, plus j’ai emprunté, mais les fois d’après j’étais embourbé, je ne pouvais rembourser que l’intérêt d’argent emprunter.

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Une fois le carré acquis, une maison et des nouvelles cartes!

J’ai finalement payé plus d’intérêts que ce que j’avais emprunté. Ce qui était un point commun entre les autres joueurs, seul deux n’avaient pas emprunté. Une première démonstration de ce jeu lors du retour, c’est la banque qui s’est le plus enrichie durant le jeu. Son seul rôle avait été de prêter de l’argent, qu’elle n’avait pas forcément, mais elle s’est créé un pécule avec nos intérêts.

Durant ce tour ça été drôle de voir, et moi le premier, que nous avons pour la plupart essayé de penser à nous en premier et à sauter sur la moindre occasion pour acquérir des cartes afin de faire des carrés. Dès qu’un joueur arrivait avec de nouvelles cartes, on essayait de voir ce qu’il avait avant les autres.

Durant le deuxième tour, nous commencions un peu avec la même effervescence qu’au premier, mais plus les manches allaient plus l’ambiance s’est calmée. Quand chacun commence le tour en recevant de l’argent, le concept de dette n’existe plus, il ne faut pas se dépêcher d’acquérir ou d’échanger afin de pouvoir rembourser la banque. Il y a un concept de valeur tournante et bien qu’au départ je pensais qu’il n’était pas bon de garder les valeurs qui allaient sortir, je me suis rendu compte que cela n’avait au final n’a pas tant d’importance, car la valeur qui sort c’est celle qui avait le moins de valeur durant la manche.

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t’as quoi dans ton jeu?

Lors du premier tour, les résultats démontreront au final qu’il y aura eu des faillites et beaucoup d’inégalités. Certain avaient, d’autres quasiment rien, et la banque avait le plus. Les résultats du deuxième tour auront montré que bien que chacun avait sa manière de jouer, au final, tout s’est balancé, il n’y a pas ou quasiment pas de disproportion entre les joueurs quant aux avoirs. Certains pensaient avoir moins et d’autres plus, mais lorsque les résultats sont sortis ça a été une surprise de voir l’homogénéité des résultats.

Géconomicus est un jeu qui vaut vraiment la peine d’être testé, il faut pouvoir lui réserver un peu de temps, mais l’expérience est enrichissante. Que l’on soit intéressé ou pas par le concept de monnaie, celui-ci peut très bien être vu comme un simple jeu si l’on ne veut pas aller plus loin, mais aussi comme une explication empirique du fonctionnement de la création monétaire. C’est également une première explication pratique au concept de monnaie libre, du revenu de base.

Toilette à compost

When starting a project like this, considering the amount of fuel that we would consume, it makes the word “transition” fade a bit. However, through lots of reading and thinking about life in a truck, we gradually got the idea that, besides fuel, our way of life was greener than the one in an apartment. We will be able to produce enough electricity for our needs. The hardest thing to imagine, when one is sedentary, living in the city, is that we will no longer live “with water”.

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A seat…

With the population concentration in the boroughs, a health issue arose. While in the countryside, on can do one’s needs in a corner without producing an enormous amount, the boroughs quickly found themselves with exceeding amounts of excrement. Do you know where the word cul-de-sac (which means dead end street in French) comes from? It was an open-air toilet. Do you know why hats and boots have become a dress code in major cities? The boilers, which contained the deeds of the night, were thrown out of the windows. Therefore, in the cities, excrements was very present. Sewages were later installed.

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A toilet!

The sewer was a solution to the sanitary problems caused by excrements. Where a small amount of caca can follow a normal decomposition cycle and become compost, a bigger concentration can become poison and a soil contaminant. What is now called the sewerage, or “tout-à-égout” and “tout-à-l’eau” (both French expressions) is this modern phenomenon where we put a variety of things “in the water”. The food that you eat will eventually go there, with the medicines and the chemicals that we ingest. Many also use the toilet as a garbage can that makes everything disappear. The result being that our water is contaminated and needs to be chemically treated and decontaminated.

toilette sèche camion

A simple bucket will do the trick!

Dry toilets are a solution to this problem. You go in a bucket, where you mix brown with a dry product, such as sawdust, limestone, dirt, a mixture, to name a few. Then magic happens! Once your container is full, you simply put it in a compost bin and you let nature work. In a few months, you will have fertilizer for your plants, or mix it with soil and put it back in the ground. If the mixture is well done, there should be no smell. When you go to the toilet, there is a nauseating oder that intensify because it is in the water and ferments. Poop that was never in water, and is dry doesn’t smell. The only thing you need is to have the right amount for the mixture.

Having a dry toilet in the city is not the easiest. Everything is already installed to be connected to the sewers and not everybody has access to composters. The city legislations are not helping either, mostly being non –permissive. In short, it is not easy to use this system. In the communal garden where we were members, there was previously a dry toilet that had to be removed as a result of a neighbor’s complaint, stating that “it could have been dangerous for children who might fall in” … Since then, instead, a beautiful chemical toilet was installed, full of an obscure liquid. Also, we have to call a company to empty it, whereas before, it was simply going back to the earth ….

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To the left: sawdust; to the right: the toilet

That’s why we made our own portable dry toilet, which will be placed in the truck! So yes, it’s not a necessity: you can always go to public places. Except we thought that, if we were forced to sleep in the city, it could always be practical. Either on the road or in the middle of nature, or if there is a storm, we will always be organized. This small piece of furniture is simple. When closed, it can be used as a bench. Once opened, it has a space to store sawdust and another compartment where a bucket is ready to welcome our gifts! We can go to the toilet, we can cover it with sawdust, and we can shut it close. Once full, we will find a place to make compost. We will no longer participate (or at least participate less) in the sewer system. We will have a smaller ecological footprint and we are very happy about it!

Dumpster diving, déchétarisme; éviter le gaspillage

À Montréal pour quelques jours et en train de penser aux projets que nous allons mener dans les mois à venir, j’avais pour mission d’aller chercher de la farine pour faire le pain ce soir. Je me promenais dans Villeray en direction de l’épicerie zéro déchet tout en me disant que je pourrais peut-être faire les ruelles en m’y rendant, passer derrière les commerces voir ce que je pourrais y trouver. Bonne pioche! 1 coin de rue avant ladite épicerie, une boulangerie à fait mon bonheur. J’y ai trouvé des caisses d’une tartinade aux noisettes qui fera le bonheur d’une demoiselle, mais aussi une quantité astronomique de pain! Puis soulevant le tout, j’y ai trouvé une poubelle remplie de légumes frais.

Des caisses de tartinades aux noisettes… la poubelle verte à droite en était remplie également

J’en ai rempli une caisse et me suis doucement dirigé vers l’appartement en me faisant une liste de ce que j’avais encore besoin pour ce soir. Tout d’abord, primordiale, du vinaigre blanc afin de laver les légumes, on en mélange un peu avec de l’eau et plein de légumes que l’on pensait impropres à la consommation sont comme neuf pour votre assiette! Il nous faudra des fruits également, il n’y en a plus. 

Du pain pour la semaine! On remet un peu d’eau dessus et au four!

 

 

 

J’ai déposé les légumes à l’appartement et me suis dirigé au Provigo à quelques rues d’ici. Afin de continuer sur ma lancée, je suis passé par-derrière voir si les poubelles étaient accessibles. Pas de chance un compacteur à déchets… Je passe mon chemin, mais juste derrière je vois une poubelle avec des chaines. On peut soulever un peu et là…. une mine d’or 🙂 Je n’aurais finalement que du vinaigre et de la confiture à acheter. 

Dumpster diving en anglais, déchétarisme en français

dumpster diving, poubelle légume

Une poubelle de supermarché, triste…

Le gaspillage alimentaire est une des grosses problématiques de notre mode de consommation, il est plus avantageux pour un magasin de jeter que de donner. Nous produisons tellement qu’il y a un surplus d’invendus qui finisse dans les poubelles. Depuis des années maintenant, dans les milieux urbains surtout, de plus en plus de monde profite de tout ce gaspillage pour se nourrir gratuitement. Une revendication politique, pourquoi consommerions-nous alors que vous gaspillez? Nous le faisions parfois à Québec, il y a quelques magasins, quelques supermarchés qui ont les poubelles accessibles, il faut en profiter. Cela peut rebuter, car ça vient des poubelles, mais une fois lavé, il n’y a pas à s’en faire. Il faut toutefois rester vigilant, car des magasins mal intentionnés ont la fâcheuse manie de mettre de l’eau de javel dessus afin que personne ne puisse les consommer. 

45 % de ce qui est produit au Canada sera destiné à finir dans une poubelle

Alors que dans les pays pauvres et en voie de développement le gaspillage est souvent à la source, dans les pays riches, c’est au niveau des consommateurs que se trouve le gaspillage. Notre mode de consommation nous pousse parfois à tellement accumuler que nous ne savons plus ce que nous avons et des choses peuvent arriver à pourrir. 

Glanage et grappillage

Ce n’est pas un phénomène nouveau, même si lorsque l’on parle de “dumpster”, c’est l’image plus urbaine qui nous vient. Il existe même deux mots bien distincts en français pour parler de cela. On fait du glanage lorsque l’on ramasse les légumes laissés par les agriculteurs dans leurs champs et on parle de grappillage quand on va cueillir les fruits restant sur les arbres. Alors que l’on s’occupe de ce que l’agriculteur a laissé sans forcément le vouloir, c’était quelque chose d’apprécié, car le glanage permettait de nettoyer le champ avant de pouvoir ressemer.  Agnes Varda en a fait un excellent documentaire : Les glaneurs et la glaneuse.

Glaner sa nourriture dans les poubelles ce peut être pour des raisons économiques, mais ce peut aussi être comme un acte politique. Voir la montagne d’aliments jetés peut parfois donner la nausée quand on sait le nombre de personnes qui souffrent de maltrunition ou alors qui n’arrive pas à se nourrir correctement. Chaque tomate prise dans une poubelle, c’est comme une petite victoire, encore une qui aura une chance de faire du compost!

Un groupe d’étudiant de l’université Laval se réunit une fois par semaine pour faire les poubelles dans Québec et cuisiner ensemble. Cela afin d’offrir gratuitement un repas aux étudiants. C’est environ 60 à 80 étudiants qui peuvent ainsi profiter d’un bon repas. Pour plus d’infos, allez voir la page du Collectif de minuit.

L’escargot et Horizon iront voir dans les autres villes si la pratique du dumpster est aussi courante que cela et quelles sont les facilités pour. Ce pourra surement être une bonne entrée en matière pour découvrir de nouveaux projets de transition.