De Windsor à Détroit l’abandonnée et quelques autres extrêmes

détroit windsorDe là où nous étions, la vie était douce, le temps clément, les gens agréables et la vue magnifique, on voyait Détroit de l’autre côté de la rive. Un grand lac et une rivière éponyme de la ville convoitée nous séparaient du pays voisin, nous étions à Windsor et nous allions bientôt passer la frontière.  Nous étions encore du côté canadien, mais pourtant déjà avec un pas du côté du voisin. Les gens chez qui nous logions à travers le site Couchsurfing étaient des Canadiens, mais la proximité avec la fameuse ville de l’automobile américaine marquait les habitudes. Des gens de leurs familles travaillent aux États-Unis tout en habitant au Canada et eux-mêmes vont à Détroit quelques fois par mois pour faire des courses ou pour passer du temps.

Windsor, ville d’histoire et de jumelage

Il y aurait beaucoup à dire sur Windsor, ville de l’Ontario au Canada, nous n’y avons pas passé beaucoup de temps, mais y revenir serait un plaisir. C’est d’ailleurs pourquoi, bien que Québec soit dans les premières villes à être colonisé, c’est la région des Grands Lacs qui sera la partie la plus utilisée au départ. Car un microclimat est créé par la présence des lacs et permet une température beaucoup plus clémente que dans le reste du pays. La présence de la route des vignobles le montre aussi. Beaucoup de noms français sont présents dans les rues de Windsor, les Franco-ontariens présents prouvent de la longue présence de la communauté francophone.

Les gens chez qui nous logions durant ces 2 jours avaient une petite ferme en plus de leur activité professionnelle, agréable et attentionnée, férus des histoires et mêmes intérêts politiques que nous, nous étions comme dans un cocon. Beaucoup de conseils et de choses à voir, notamment la plus grande librairie de livres usagés d’Amérique ! C’est en parlant avec eux aussi que l’on se rend compte que Windsor bien que ville Canadienne, dépend beaucoup de sa voisine économiquement parlant, une grande partie de sa population vie par ou grâce Détroit. Il était temps pour nous d’aller du côté de l’Oncle Sam !

Du côté américain

Détroit frontièreNous étions un peu stressés par le passage de la frontière, car l’Escargot nous semblait la proie idéale pour un douanier zélé ! Les peurs n’auront finalement pas été confirmées, outre l’attente d’une heure et demie afin d’avoir les papiers, l’escargot aura bien été fouillé, mais sans plus. Les clés remises dans le contact, le moteur allumé et nous voilà prêt à foncé dans la ville qui a fait faillite !

Détroit est une ville mythique, non pas grâce à Eminem, mais elle représente l’Amérique victorieuse et ayant un modèle économique faisant ses preuves. Jusqu’à 2008, lorsque les usines automobiles de Ford, GMC et Chrysler fermeront et que 400 00 emplois seront perdu : la ville demandera la faillite. La ville était florissante, de bons salaires pour les ouvriers et le plein emploi, la crise fera de Détroit une ville fantôme passant d’un million et demi d’habitants à 700 000. (voir documentaire de Michael Moore “Roger et moi” sur la ville de Flint)

détroit abandonnéC’est quasiment 9 ans après cela que l’Escargot fait ses premiers kilomètres dans la ville du Do It Ourselves. C’est dans les temps de crise qu’il faut apprendre à s’organiser. Les habitants de Détroit ne feront pas exception à cette maxime et une initiative particulièrement fera parler d’elle jusque dans le documentaire Demain comme étant un exemple : L’agriculture urbaine.

Une ville abandonnée

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L’immeuble des loges maçonniques de Détroit

Quand on arrive à Détroit depuis la frontière canadienne, on se retrouve rapidement dans le centre-ville, les gratte-ciels se battent entre eux à qui sera le plus haut et la face que nous montre la ville est bien la scène de théâtre comme quoi la finance est toujours là. Cependant, dès que l’on passe la voie du chemin de fer un boulevard, la banlieue citadine est présente et nous montre l’arrière du décor. Perdre 50% de sa population en quelques années, ce n’est pas rien et ça laisse des traces forcément, alors quand en plus cela se passe avec la crise des subprimes qui a évincés des milliers des familles à travers les États-Unis on s’imagine bien qu’une ville avec 400 00 emplois en moins doit être assez touché. On l’avait vu en image, mais le voir en vrai est autre chose. Une fois que l’on arrive dans les quartiers résidentiels de la ville, il n’y a plus  qu’un tiers des maisons qui semblent avoir âmes qui vivent.

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Les immeubles abandonnés aux côtés du sport buisness

Nous avions vu quelques documentaires qui traitaient de l’agriculture urbaine et ce qui se passe à Détroit, on se disait que ce serait bien pour le projet, ça allait en plein dedans. Nous étions loin de nous imaginer la taille de la zone dévastée. Alors que l’on pensait les trouver en déambulant, c’est un immense champ de maisons abandonnées, d’immeubles vides et d’anciennes usines sans âmes. Au milieu de tout cela se trouvent parfois des oasis de vies, mais toujours uniformes. Au final on ne les aura pas trouvés, ce sera pour une autre fois, nous avions sous estimés la grandeur du terrain de jeu de la reconstruction sociale, mais l’idée reste en tête. En discutant avec une personne de la ville nous apprendrons que dans les quartiers résidentiels où il y a des espaces vides entre les maisons correspond en fait à une maison qui a brûlé. Les pompiers essayaient au départ de lutter contre les incendies, cependant les maisons étaient forcément inhabitables par la suite et cela devenait plus des squats ou des terrains de jeux pas forcément très appréciables. détroit abandonnéOutre ces faits, c’était surtout que ces maisons devenues taudis devenaient dangereuses et que la sécurité devenait dure à garantir, car des enfants ou des gens du quartier allaient dedans. Alors pour pallier à cela, on préfère les laisser brûler au complet pour les raser et ainsi avoir un terrain vierge. L’histoire ne dit pas cependant à qui revient les terrains et les profits par la suite ni qu’est-ce qu’il adviendra quand tout aura brûlé et que la ville reprendra son essor comme elle est en train de le faire.

détroit abandonnéOn ne pouvait pas rester longtemps dans la ville, nous déambulions au travers des édifices des points d’intérêts que nous nous étions fixés au fur et à mesure que notre safari avançait. Terme péjoratif et pourtant on s’est rendu compte que l’on pouvait agir de la sorte, honte sur nous. Dans la voiture, caméra à la main pour prendre des photos, et par la suite quelques vidéos, témoignage de ce que l’on voyait sans jamais descendre, une certaine peur de l’inconnu, une peur de ce que l’on voyait indiciblement, alors que c’est pourtant ce que nous visions et pouvions côtoyer ailleurs. Cependant, il faut admettre que la misère est plus effrayante loin de chez soi, on n’a pas de replis possibles, pas de connu vers lequel se diriger. C’est alors que nous étions en train de nous diriger vers le marché, que nous nous sommes perdus une nouvelle fois dans l’aventure. Roulant tranquillement, nous avons vu au loin ce qui semblait être un terrain vague avec des installations.

De l’art militant

C’est à la fin de l’exposition, que nous arriverons par l’entrée et que nous aurons des explications. C’était en fait un terrain qui a servi d’exposition à des artistes et qui avaient été le fait de MBAD museum African Bead Gallery. Un magasin de perles africaines qui est aussi une résidence d’artistes. On aura été subjugué par les œuvres exposés, vraiment très parlante sur une certaine domination de la société.

 

détroit abandonné travailÀ la suite de notre visite, nous serons finalement en direction du marché puis sur le départ de la ville. Comme si elle avait voulu nous dire qu’elle valait le coup et que la lutte peut continuer, comme en témoigne l’histoire de la ville et certains monuments que les actuels dirigeants doivent vouloir oublier. Détroit était une ville ouvrière déchue qui se fait reconquérir par la finance, son attraction est forte, son climat est doux et les lacs à proximité. Pour la première ville américaine nous aurons passage aura été plus touristique que servant de témoignage, c’était pour nous mettre dans le bain. Mais nous y retournerons.

Notre voyage intérieur, au centre de méditation vipassana

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Salle de méditation homme

Avant de partir pour la route et voyager à travers le Canada et les USA, nous avons décidé d’aller faire un voyage intérieur au centre de méditation Vipassana à Montebello : 10 jours pour apprendre une technique de méditation qui se passe dans le silence, en ségrégation, dans un beau centre de méditation!

 

Pour commencer, voici un descriptif de la méditation Vipassana selon Wikipédia:

Vipassanā (pāli) ou vipaśyanā (विपश्यना, sanskritch 觀 guānti ལྷག་མཐོང་, lhaktong) désigne dans la tradition bouddhique la « vue profonde »1 ou « inspection »2, ainsi que les pratiques de méditation qui y sont associées. C’est la deuxième étape des pratiques de méditation dans le bouddhisme, qui est utilisée après samatha, « la pacification mentale ». Certains scientifiques étudient aujourd’hui cette méditation issue de la tradition spirituelle orientale et qui est devenue populaire en Occident au xxe siècle, notamment par l’intermédiaire de Mahasi Sayadaw3S. N. Goenka4 et Ajahn Chah5.

Et voici sur le site du cours, un peu moins neutre:

Vipassana, qui signifie voir les choses telles qu’elles sont réellement, est l’une des plus anciennes techniques de méditation de l’Inde. Elle a été redécouverte par Gotama le Bouddha il y a plus de 2500 ans et était enseignée par lui en tant que remède universel pour des maux universels ; c’est un Art de vivre. Cette technique non-sectaire a pour objectif l’éradication totale des impuretés mentales et le bonheur suprême de la libération totale qui en résulte.

Vipassana est une méthode de transformation de soi par l’observation de soi. Elle se concentre sur l’interconnexion profonde entre l’esprit et le corps, dont on peut faire l’expérience directement en portant une attention disciplinée aux sensations physiques qui constituent la vie du corps, et qui sont en interaction constante et conditionnent la vie de l’esprit. C’est ce voyage d’exploration de soi, fondé sur l’observation, pour atteindre la racine commune de l’esprit et du corps, qui dissout les impuretés mentales et résulte en un esprit équilibré plein d’amour et de compassion. Lire la suite

Il est possible d’avoir plus détails sur les possibles et interdits durant le séjour sur le site du centre de Montebello au Québec où nous avons été.
Voici l’horaire d’une journée de méditation:
4 h Réveil
4 h 30 – 6 h 30 Méditation dans votre chambre ou dans la salle de méditation
6 h 30 – 8 h Petit déjeuner et repos
  8 h – 9 h Méditation de groupe dans la salle de méditation
9 h – 11 h Méditation dans la salle ou dans votre chambre, selon les instructions de l’enseignant.
11 h – 12 h Repas
12 h – 13 h Repos et entrevues avec l’enseignant
13 h – 14 h Méditation dans la salle de méditation ou dans votre chambre
  14 h 30 – 15 h 30 Méditation de groupe dans la salle de méditation
15 h 30 – 17 h Méditation dans la salle ou dans votre chambre, selon les instructions de l’enseignant
17 h – 18 h Thé et repos
  18 h – 19 h Méditation de groupe dans la salle de méditation
  19 h – 20 h 15 Discours du professeur
  20 h 15 – 21 h Méditation de groupe dans la salle de méditation
21 h – 21 h 30 Période de questions dans la salle de méditation
21 h 30 Repos – lumières éteintes

 

Expérience d’Audrey

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Entrée principale du centre

A l’été 2014, je réalise mon premier vipassana et 5 mois plus tard, j’y retourne pour un deuxième. Je décide de servir à Noel 2015. D’ailleurs, c’est à mon retour de ce service que nous avons discuté avec Laurent de la possibilité de voyager ensemble dans la prochaine année.

Ce troisième vipassana est encore une expérience bien différente des autres fois, avec ses difficultés et ses petites victoires.

Je redécouvre le démon du sommeil qui m’agrippe pendant les 3 premiers jours. Difficile de méditer, des que je ferme les yeux, position assise en tailleur, le dos droit, cela ne dure pas très longtemps avant que mon corps devienne plus lourd et ne cesse de faire des soubresauts. Les méditations dans la chambre sont plutôt courtes et le lit m’a appelé souvent pour un dodo. Dans les méditations de groupe dans la salle, il a été difficile de garder l’esprit au travail : observer sa respiration c’est-à-dire sentir la respiration naturelle passer dans le nez.

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Salle de repas des filles vu de celle des garçons. Durant les 10 jours, les rideaux sont mis

Puis le 4e et 5e jours, c’est le démon du faire qui a pris le dessus : mon esprit m’emmenait souvent à l’extérieur du centre de méditation, dans le camion, à penser à ce qu’il reste à faire dedans. Je pensais aussi souvent à Québec, à tout ce que j’avais vécu là bas, comme une sorte de bilan et d’accueil de ce nouveau départ, tout en remerciant toutes les personnes qui m’ont accompagnées.
Mais ce n’était pas le temps de faire un bilan de ma vie, l’exercice est de se concentrer et d’observer chaque partie de son corps sans avidité, ni aversion.

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Sentiers de marche

A ce 4e jour, lorsque je commençais à garder mon esprit calme et attentif, une grosse pointe s’amusait à me chatouiller dans le dos. Ne réagis pas, je me disais…être équanime, c’est ce que nous apprenons au vipassana. Le 5e jour, je n’étais pas du tout équanime d’ailleurs. Cette grosse pointe persistait lorsque je gardais la position assise, mon esprit s’agitait en repensant à la vie à Québec, en pensant à l’avenir, en pensant à ma famille et puis comment Laurent pouvait vivre cette expérience.
Etre au même endroit, avoir le meme emploi du temps mais sans se voir pendant 10 jours, incensé! J’ai envie de m’en aller…
Je prenais une marche chaque jour, sur l’heure du midi, je regardais en direction du stationnement et je voyais tous les jours l’escargot : Laurent est toujours là, il n’a pas quitté me disais-je, un sourire au coin des lèvres.

6e et 7e jour, ca va mieux, mon esprit s’affine, je peux sentir les sensations sur mon corps, j’arrive à faire des scans plus précis de chaque partie de mon corps, cette pointe dans le dos apparaît et disparaît, elle est moins forte, elle diminue jusqu’à ne plus que sentir des picotements.
Tu te rends compte que rien n’est permanent, tout est impermanent, tout n’est que changement. Une sensation agréable sur ton corps l’heure d’avant et dix minutes plus tard, ca peut se transformer comme une sensation désagréable. C’est la vie et c’est la leçon que Bouddha a enseigné à travers cette ancienne méthode de méditation.

8e et 9e jour, j’avais le goût d’être le dimanche pour retrouver Laurent et appliquer la méditation dans ma vie quotidienne, à travers le voyage.
Le 10e jour, j’ai eu une merveilleuse méditation en matinée avant qu’on rompe le noble silence, après 9 jours de silence, nous pouvions rentrer en contact avec les autres méditants femmes et hommes : la ségrégation était finie…Un peu stressé et enthousiaste de retrouver Laurent, se parler mais sans contact physique!

L’après vipassana est teinté de très bonnes convictions et intentions de le mettre en application dans la vie quotidienne.

Expérience de Laurent

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Tout est inscrit pour ne pas avoir à parler

Depuis que je connais Audrey, j’avais entendu parler de la méditation Vipassana, ces 10 jours où l’on ne peut parler. Ça me paraissait intéressant, mais vu de loin. Quand j’ai pris connaissance de cette méditation, je venais justement de commencer la méditation transcendantale. Un membre de l’Accorderie de Québec offrait l’initiation à cette technique. Après avoir commencé cela, j’étais dans ma période ou entre 2 emplois je faisais pas mal de Yoga, de course et j’entretenais la méditation comme le veut la technique, 20 min le matin, 20 min le soir. J’en voyais les effets, dans le sens où il y a un certain repos inhérent au fait de méditer, puis c’est aussi un repos mental que l’on s’applique à s’imposer. Je voyais la pratique du matin, comme un réveil en douceur, puis celle du soir, vers 18 h, comme une coupure avec la journée passé, pour me diriger tranquillement vers les activités de soirées.

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Maison des servantes

Ça a duré environ 6 mois… ensuite j’ai commencé mon travail à L’Accorderie de Québec puis les engagements plus militants commençaient à me prendre plus de temps. Donc comme beaucoup, le temps se faisant rare, on choisit, par facilité, comme une fausse excuse, d’arrêter certaines choses. Non pas par volonté ou comme d’un choix global, mais plus par petits coups : « ce matin je suis fatigué », « ce soir, il est déjà tard », « je suis déjà en retard pour le travail », etc. Le système recommençait à s’imposer et à avoir son calendrier que je mettais en avant. Pourtant, dans mon travail, je parlais souvent du temps, puisque nous en sommes une banque, une banque de temps, qu’il est important de se rattacher aux choses importantes pour soi et non pas ce que le système impose. Mais c’était un choix assumé, mon travail me plaisait et ce n’était un assommoir au niveau temps, mais c’est la manière dont je prenais les choses, je pense. Au final la méditation a fini complètement le bord.

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Salle de repas hommes

Mais voilà… le travail maintenant quitter, quasiment 2 ans après, un voyage dans un camion sur le point de débuter ; de nouvelles cartes pour jouer. Audrey avait déjà fait 3 Vipassana et voulait en refaire un, moi lorsqu’une personne disait aller le faire ou venir de le faire je disais que c’était bien, que c’était une bonne chose de se donner ce temps, mais que moi avec le travail ce n’était pas facile. Maintenant, je n’avais plus trop d’excuses et toujours ce tâtonnement, alors quand elle m’en a parlé, je me suis dit que c’était le temps de se lancer à l’eau même si je l’appréhendais beaucoup. Une raison supplémentaire, on partait au mois de mars, et dormir dans un camion dans la fin d’hiver début de printemps nord-américain n’est pas le plus sympathique. Ce serait une extension de 2 semaines avant de passer à l’acte ;)

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Sentier de marche

C’est donc ainsi que le 15 mars nous sommes arrivés au centre Vipassana de Montebello. Un magnifique lieu de l’extérieur, en pleine campagne entourée de forêt. Le centre se trouve être dans les locaux dans l’ancienne Sendbergh, un ancien internet anglophone pour riche famille, le premier ministre Trudeau y a fait son école secondaire.

Dès l’arrivée, deux files sont créées, une pour les filles et l’autre pour les garçons. À la première étape, on signifie sa présence et on nous donne un petit livret à lire. On y explique ce qu’est la méditation Vipassana et un peu ce que représente les 10 jours à venir, mais surtout à faire comprendre que si on souhaite partir et que l’on ne sent pas capable de tenir, il vaut mieux le faire maintenant, sinon on s’engage à rester les 10 jours. Lorsqu’on s’inscrit sur internet, cette mise en garde est déjà présente une première fois, à savoir qu’il faut rester les 10 jours au complet et que les 9 premiers sont dans le silence, sans contact physique et visuel.

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Chambre garçons, anciens étudiants

La lecture faite, on procède ensuite à l’inscription finale où l’on se fait assigner sa chambre. Généralement ce serait un petit dortoir pour ceux qui le font pour les nouveaux « étudiants » et une chambre de deux personnes pour les anciens.

Arrive ensuite 18 h 30, l’heure du dernier souper pour les 10 derniers jours. C’est ensuite la première séance de méditation où seront expliquées les règles et à partir duquel le « noble silence » est imposé.

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Résidences hommes

Se passeront ensuite les 10 jours, avec une pause au neuvième, lorsque le noble silence est brisé et que l’on peut se parler et que durant l’après-midi le contact avec les filles est possible de nouveau. Je ne reviendrais pas sur le point technique, ni sur les conditions, qui sont bien décrites dans les sites comme sur la page Wikipédia ou alors celle des centres de méditations. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille d’aller directement sur celui du centre Montebello qui regorge d’information et de liens connexes.

Restent les impressions. Que dire sur ces 10 jours… Bien que content que de les faire, il y avait tout de même une certaine appréhension qui existait. De 6 h à 21 h sans pouvoir lire, écrire, aller faire de longues marches ; juste avoir la possibilité de méditer. Qu’est-ce que j’allais faire lors des moments de soleil dehors ?

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Chemin pour venir au centre

Outre la journée d’arrivée qui ne compte, mais la journée 1 et 2 du cycle de 10, sont passées très rapidement, j’ai quasiment dormis les deux jours entier. J’ai bien essayé de me lever à 4 h 30 pour aller méditer, mais je ne connus pas grand succès. Je me suis réveillé, le premier jour, j’ai essayé, mais je me suis endormi, puis le deuxième jour j’ai pu m’installer, mais je me suis endormi avant de commencer. C’est assez fou la fatigue que l’on peut cumuler dans le corps avec le temps. Les quelques mois d’aménagement du camion puis de préparation du voyage n’auront finalement pas été de repos. Nous n’avons jamais pris une journée de congé pour faire autre chose, le corps me le rappelle. C’est en constatant cela que je me suis dit que l’idée de commencer le voyage par cette étape semblait être une bonne chose.

vipassana québec montebello méditationLes 8 autres jours, auront été une alternance entre un grand énervement et une résilience à la situation face laquelle j’étais. Le matin était toujours une belle routine, car les moments s’enchainaient assez rapidement entre le levé, l’heure du petit déjeuner, de la méditation de groupe, du moment de détente puis du dîner. Arrivait cependant par la suite l’après-midi, long et qui se trouve à la fin de la journée. Le principe du cycle des 10 jours de méditations est de laisser à l’étudiant l’entièreté du temps à penser à soi. C’est pour cela qu’il y a la possibilité pour d’autres de venir au centre de Vipassana comme « servant » le temps d’un cycle, afin de servir ; s’occuper des repas, laver et faire certaines tâches quotidiennes. Lorsque l’on est étudiant, durant les 10 jours nous n’avons rien à faire à part de se consacrer entièrement à la méditation. Essayer de concentrer son esprit sur la technique, la technique de méditation propre à la méthode Vipassana. C’est aussi pour cela que l’on ne peut pas se parler, lire ou écrire, il ne faut pas que l’esprit puisse subir un stimulus externe qui l’active.

Même sans stimuli externes, juste le fait de ne pouvoir faire aucune activité vous pousse à être avec vous-même et ce qu’il y a déjà dedans, c’est là que l’on se rend compte que c’est déjà pas mal plein.

vipassana québec montebello méditationLa méditation au cours des 8 jours suivants n’aura pas été des plus facile, car beaucoup de choses se passent dans la tête quand on n’a rien d’autre à faire que d’être confronté avec toutes ses pensées. Un exercice intéressant en début de voyage, mais pas des plus reposant. Entre toutes les jours que l’on commence que l’on doit faire et le fait de se vider la tête pour laisser pleinement l’exercice méditatif prendre sa place. Le principe de la méditation Vipassana est basé sur la respiration et le ressentit des sensations dans son corps. L’esprit n’a pas toujours été le meilleur allié dans ce ressenti. Heureusement qu’il y avait les aires de marche entre les méditations collectives obligatoires pour pouvoir se laisser aller.

Finalement le processus n’aura pas été si facile, l’appréhension de départ sur le fait que ce ne sera pas facile s’est vérifiée, mais au bout de ces 10 jours, c’est tout de même content que j’en suis sorti. C’est un bon départ pour le voyage qui s’annonce. Il ne reste qu’à mettre en pratique au quotidien ce que l’on aura pu faire durant ce temps passé dans le temple.

Ce que Québec pourrait prendre d’Ottawa

ottawa transition quebecVoyager à l’avantage de faire découvrir de nouvelles choses. Même si le projet Horizon Transition a pour vocation de se déplacer au sein des différentes initiatives de transition ou de projets alternatifs, nous ne nous refuserons pas l’occasion de prendre de ce qui se fait déjà de manière institutionnelle.

Partant de Québec et y ayant vécu au cours des 6 dernières années, c’est un peu notre point de comparaison par rapport à ce que nous visitons et visiterons pour le moment. Québec est une ville où de plus en plus de nouveaux projets citoyens voient le jour, alors pourquoi ne pas inspirer la municipalité par ce que d’autres font déjà ?

Pour ce premier exemple, nous prendrons Ottawa qui est certainement un excellent comparatif quant aux statuts des deux villes, mais aussi pour la population présente. Alors voici quelques petites idées que la ville de Québec, et d’autres bien sûr, pourrait se nourrir !

Poubelles : ordures, recyclageS ET compostage

Après les dernières réussites de l’administration Labeaume, parler de poubelles n’est pas le malvenu ! On ne parlera toutefois pas heures de passages, mais bien des différentes poubelles qu’un citoyen doit avoir chez lui. On peut compter 4 poubelles dans la maison d’un habitant de la ville d’Ottawa.

Il y aura bien sûr la traditionnelle et encore existante poubelle à ordure, ce n’est pas demain la veille que nous aurons la chance de pouvoir habiter dans des villes interdisant le suremballage, le gaspillage alimentaire et les mauvaises habitudes de consommation. Celle-ci est donc présente tout comme dans la ville de Québec.

La première différence, qui n’est pourtant pas si peu commune, c’est la présence de poubelles pour le compost. Retourner à la terre ce qui vient de la terre, que le cycle de consommation puisse continuer. C’est toutefois un compost industriel, le sort qui est réservé à celui-ci n’est peut-être pas le meilleur, on pourra cependant y mettre les produits impossibles dans son compost personnel comme la viande. Québec n’a toujours pas de compost, malgré l’importance que celui-ci peut revêtir pour la nature. En faisant le comparatif avec Ottawa, on ne pourra pas dire que c’est une question de coût, les deux villes ayant une population équivalente. C’est un choix politique, un choix qui doit changer. Si l’on va de l’autre côté du fleuve, la ville de Lévis a aussi cette poubelle ; Montréal l’a également, c’est pour dire !

Les poubelles dans la rue proposent aussi ce triLa deuxième différence, et c’est la première fois que nous l’a croisons sur le chemin, il y a deux bacs à recyclage ! Il en existe un pour le verre, papier et carton neuf, puis un autre pour ces mêmes matières souillées ! Le recyclage n’est pas système le plus performant dans beaucoup de villes, nombreuses ont le bac sans toutefois correctement l’appliquer. De plus, le recyclage est souvent plus difficile, car les matières sont mélangées et parfois impropres. C’est donc un grand plus que d’avoir deux bacs de recyclage différents. Cela peut le rendre plus efficace de façon simple, faire le tri à la base. Que le citoyen le fasse. Nous sommes encore loin de la ville de Nara au Japon qui a 8 bacs différents, mais c’est un bon début.

Une police de proximité

ottawa transition quebecLes services de police sont souvent mal aimés par une bonne tranche de la population et souvent pour cause ! Le devoir de la défense de la veuve et l’orphelin ne semble plus être la priorité de ces agents de la loi, que celle-ci semble plus les poussés à protéger les acquis de certains.

La police est souvent vue comme une arme de dissuasion ou en action pour punir, le travail en amont est lui pour le travailleur social, la police n’a pas à parler avec la population. Il n’y a qu’à voir lors d’intervention policière quand on se fait crier de circuler alors que la loi n’interdit en rien aux citoyens de surveiller les surveillants.

Il y a cependant beaucoup de cas existant dans le monde, d’une police de proximité, d’une police communautaire qui essaye de venir agir en amont, avant qu’il y ait des problèmes. De personnes étant chargées de la sécurité d’un quartier, mais qui ont aussi pour mission de connaître ses habitants et les gens le fréquentant. Ce n’est pas l’idéal, mais la police d’Ottawa a tout de même mis en place une police communautaire qui a pour mission d’être à l’écoute des gens et d’être en relation avec les organismes du coin. C’est en allant dans un centre communautaire que nous sommes tombés sur un bureau qui disait « poste de police » ; interloqués nous sommes allés parler avec ses occupants et avons pu en apprendre plus.

Nous étions en fait dans le seul poste de police se trouvant dans un centre communautaire, tous les autres postes de police de proximité se trouvant soit dans immeubles ou dans locaux ayant pignon sur rue. Le rôle de l’agent de police travaillant pour ce service à pour mission de faire les mêmes tâches qu’un autre de ses collègues, mais en priorisant l’écoute des citoyens, en allant aux réunions des organismes sous sa juridiction, d’être le premier intervenant pour des délits mineurs qui pourraient se régler autrement que par des punitions. Favoriser le dialogue.

Une belle idée que la ville de Québec pourrait mettre en place afin favoriser les bonnes vies de quartier !

Le concept de « complete street », une idée en vogue dans l’air du temps

ottawa transition quebecAlors que nous discutions avec notre hôte des voies cyclables, elle nous a dit que Main Street avait récemment été refaite, de gros travaux de 2 ans, afin de s’aménager dans le concept de « complete street » ; une rue qui soit aménagée afin de convenir et être accessible à tout type de moyen de transport : piétons, vélos, transports publics, automobiles, livraison de marchandise, commerces, etc.

ottawa transition quebecLa rue en question est finalisée depuis peu et c’est beaucoup de construction qui se font autour en conséquence de l’importance que prendra celle-ci. Ce sont de larges trottoirs, des pistes cyclables sur ceux-ci, des arrêts d’autobus, mais une rue centrale aussi pour les automobilistes. Difficile d’imaginer celle-ci en plein Saint-Roch, à Québec, mais pourquoi pas. Le concept de rue complète semble de plus en plus courant dans le Canada anglophone, plusieurs villes semblent avoir adopté certaines de ces rues pour ce qui est des artères commerçantes. Beaucoup de citoyens de la ville de Québec n’osent pas se déplacer en vélo compte tenu de la dangerosité des rues et des automobilistes menaçants. Ce n’est pas parce qu’il y a peu d’usagers de transport actif qu’il ne faut pas favoriser ces transports, c’est justement le contraire, c’est en favorisant ces modes de transports que le nombre d’usagers augmentera.

Complete Streets is a transportation policy and design approach that requires streets to be planned, designed, operated, and maintained to enable safe, convenient and comfortable travel and access for users of all ages and abilities regardless of their mode of transportation. Complete Streets allow for safe travel by those walkingcycling, driving automobiles, riding public transportation, or delivering goods.[1]

The term is often used by transportation advocates, urban planners, traffic and highway engineers, public health practitioners, and community members in the United States and Canada.

Complete Streets are promoted as offering improved safety, health, economic, and environmental outcomes. Complete Streets emphasize the importance of safe access for all users, not just automobiles. Related concepts include living streetsWoonerf, and home zones.

Source Wikipédia

ottawa transition quebecDepuis notre arrivée en Ontario nous voyons beaucoup d’indications de « Car pool » aux alentours des villes. Ceux-ci sont des stationnements pour automobiles à des terminus d’autobus. Cela permet ainsi aux habitants extérieurs des centres-villes de s’y rendre par transport en commun tout en n’en ayant pas un autobus passant devant chez eux. Cela leur coûtera moins cher de frais de stationnement en ville, et un temps précieux perdu dans les embouteillages pourra être utilisé à lire toute autre activité personnelle.

Station de réparation de vélo

ottawa transition quebecUn petit clin d’œil à l’organisme sans but lucratif de la ville de Québec, Vélocentrix, nous avons vu une station comme celle qu’ils proposent devant leur local. Celui-ci était toutefois géré par le centre voisin, issu de la municipalité. Encore une fois, faciliter l’usage afin d’augmenter les usagers. Une règle simple et efficace.

Nuit relaxante à Kabania

kabania horizon transitionNous avons quitté Québec le dimanche, c’était le jour de notre déménagement, à partir de ce moment-là, le choix était assumé, notre maison était l’escargot. Une maison roulante pour pouvoir aller à l’aventure. Nous nous sommes inscrits à un Vipassana du 15 au 26 mars pour bien débuter le voyage. Nous y reviendrons plus tard, cela nous laissait 3 jours. 

Le toit de l’escargot à fier allure!

3 jours à Montréal, pour décrocher et faire la coupure afin de nous retrouver avec l’escargot et mettre fin à ses dernières semaines qui n’auront pas été les plus faciles. Beaucoup de travail pour finir le camion, préparer le déménagement, dire au revoir à tout le monde, etc. 

Une semaine avant notre déménagement nous avons réservé une nuit dans un hébergement insolite, cadeau de noel des parents d’Audrey, pour le mardi 14 mars. Le concept chez Kabania nous a plu, nous irons dormir dans une cabane perchée dans un arbre, en pleine forêt, idéal pour se préparer à un 10 jours de méditation et laisser la ville de côté !

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Une belle visibilité…

Nous avons donc quitté Québec le dimanche soir 12 mars dans un début de tempête, des vents violents ont mis à l’épreuve des conducteurs fatigués qui n’avaient qu’une envie de se reposer. En nous en allant le mardi nous avons remis cela avec une tempête de neige encore plus violente. La destination était bien choisie, au nord de Trois-Rivières, dans la forêt, un lieu qui n’était pas la priorité des déneigeuses. Avoir acheté un véhicule en été avec des pneus cloutés n’était finalement pas une mauvaise idée ! Ce fut un bon test pour l’escargot pour savoir s’il tenait la route !

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Une pierre pour indiquer la météo, si elle est mouillée, il pleut 😉

Après quelques heures de route, nous sommes arrivés à destination, une plongée profonde dans la forêt. Arrivés au stationnement 3 voitures présentes et une petite cabane éclairée. Nous sommes rentrées à l’intérieur et il y avait un tableau avec notre nom qui contenait les indications pour nous rendre à notre cabane. Une luge était également mise à disposition afin de nous y rendre par les sentiers allant dans la forêt.

Dix minutes de marche plus tard, nous voici arrivés à notre Kabane, bien perché et proche de la maison commune. Arrivés vers 18 h, il faisait déjà pénombre, nous avons démarré le feu et puis nous nous sommes rendus dans la maison centrale. Kabania est de ces lieux où des espaces sont mis en communs. Pourquoi aurions nous chacun une cuisine, alors qu’un lieu un peu plus grand et partagé permettrait à tous de cuisiner ?kabania transition

La maison commune est réellement magnifique, tout en bois et vitré au maximum. À l’intérieur se trouve la cuisine, les salles de bains et une grande salle pour manger, jouer, relaxer ou faire la fête 😉 Il devait y avoir seulement 3 ou 4 autres cabanes de louer, car la salle n’avait pas beaucoup de monde et une ambiance relaxante y régnait déjà. C’était une soirée qui nous a permis de relaxer et de nous préparer pour les 10 prochains jours.

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L’intérieur de la Kabana, côté poêle

Pendant notre temps à cuisiner et relaxer dans la salle commune, le feu se consumait tranquillement dans le poêle de la cabane. Laurent y allait remettre des bûches aux 1 h 30 à peu près.   Il y avait une indication sur le poêle, comme quoi, il fallait faire attention, car il chauffait beaucoup. C’est effectivement vrai… en arrivant pour se coucher, la cabane avait eu le temps de se réchauffer et le feu encore agissant, c’était un vrai fourneau ! C’est fou de voir comment un petit poêle peut réchauffer autant !

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Intérieur de la Kabane, côté lit et avec la mezzanine

Arrivés tard et levés tard, nous n’avons pas profité des sentiers du parc régional de la forêt Ouareau mais le peu que nous avons vu mérite le détour. 

Kabania est un petit luxe, sympathique à s’offrir, c’est un petit budget, mais c’est une destination où il est possible de profiter de pas mal de choses à faire avec la nature si on se donne le temps d’arriver tôt et de se lever tôt. Petite idée que nous avons trouvé sur place, il est possible de louer toutes les cabanes avec un groupe d’amis et de profiter du lieu, le temps d’une fin de semaine, entouré de gens proches. 

Acheter un camion lors d’un encan, notre expérience

Nous en avions entendu parler par une connaissance, mais il est possible de faire une affaire en allant aux encans du gouvernement. Aux deux mois, le gouvernement du Québec organise un encan pour vendre diverses choses qui ne sont plus utilisées. Que ce soit par désuétude ou tout simplement parce qu’il y a un règlement par exemple qui fait qu’un autobus scolaire n’est plus sur le « marché » après 10 ans de vie, même si encore fonctionnel. C’est sur ces bases que nous nous sommes rendus à un encan le 17 septembre à Montréal, ce qui sera finalement le moment de l’achat de notre véhicule.

Un encan est un moment ou des biens sont mis à dispositions au plus offrant. Il est possible d’y faire des affaires comme de s’y faire avoir. Les encans du gouvernement du Québec se tiennent aux deux mois et le lieu est en alternance entre Québec et Montréal. En allant sur le site, vous pourrez y trouver une liste PDF des derniers encans avec le prix de vente des biens et une liste PDF des choses qui se trouveront aux prochains encans.

Il y toutefois des choses à savoir

Il est tout à fait possible d’y faire une affaire, mais vous ne serez pas seul à le savoir. Nous avons été étonnés du nombre de personnes qui étaient là lors de l’encan. Il est vrai que nous étions à Montréal, il paraît qu’il y a moins de gens à Québec. C’est cependant une masse de personnes qui sont souvent expertes ou travaillant dans le domaine qui sont présentes. Il était étonnant de voir la prédominance masculine, tout du moins lorsque nous étions dans la section camion. La journée d’avant l’encan, vous pouvez venir voir les biens mis en vente et pour ce qui est des véhicules, les démarrer pour tester le tout. C’est assez fou de voir que 3 véhicules se déplacent en permanence, toute la journée, afin de booster les véhicules. Côté décroissance, il y aurait à revoir.

Le test de ces véhicules n’est cependant pas anodin, car il vous permettra de voir si le véhicule convient ou pas, si une anomalie peut être présente.

Vérifiez le statut du véhicule

Nous ne sommes pas de conducteurs chevronnés, ni adepte de l’utilisation de moteur à essence, mais la décision du voyage nous mène à acheter un camion. Il y a des choses que nous aurions pu savoir auxquels nous n’avons pas prêté attention et qui ont un peu fait mal.

Nous avons acheté notre véhicule 1900 dollars, ce qui a finalement couté 2100 lors de paiement, car il faut payer une taxe à ce moment. Alors que nous nous attendions à pouvoir le sortir, nous n’avions pas fait attention qu’il avait la mention de « inspection obligatoire », ce qui signifie qu’il doit d’abord passer dans un garage spécialisé dans le contrôle technique pour la SAAQ. On ne pouvait donc pas rouler avec… Il a fallu le remorquer jusqu’au garage en question afin de le faire vérifier. Chance ou pas, le garage était voisin d’un garage mécanique, et lors du remorquage on a pu voir que la courroie de l’alternateur s’était brisé il fallait donc la réparer. Un des mécaniciens de ce garage était auparavant employé du garage voisin et savait ce qu’ils avaient vérifié. On a donc fait les réparations nécessaires. C’était des choses communes qu’il faut de toute façon faire de temps en temps.

Une fois le test passé, le verdict, on coule. Il y a plusieurs choses à faire encore et surtout une compliqué, un voyant sur le tableau de bord ne s’allume pas et c’est celui de l’airbag… On aura beau chercher une solution, n’étant pas de la ville et sans connaissance, il faudra passer par le concessionnaire pour avoir la pièce électronique défaillante. Il faut savoir que les véhicules depuis une certaine date ont l’obligation d’avoir cette pièce. La pièce, bien que n’important pas sur le fonctionnement mécanique du véhicule coûte plus de 500 $, joie.. Il a donc fallu remorquer le véhicule au concessionnaire pour qu’il l’a commande et la programme. Le garage où nous étions ne pouvant le faire n’ayant accès à la programmation. Et il parait que ce genre de pièce à l’occasion ne fonctionne pas toujours. C’est bien entendu une fois arrivé à Québec et en racontant l’histoire que nous avons eu des personnes nous racontant qu’ils auraient eu quelqu’un pour la bidouiller.

Aurions-nous acheté ce véhicule sachant ce défaut lors de l’essai de la veille de l’encan ? La question se pose. La question se poserait-elle si nous avions été entourés de personne connaissant la mécanique autour de nous lors de l’achat ? Ce n’était qu’un simple voyant à voir sur le tableau de bord, un simple statut de véhicule à savoir. C’est bon à prendre en compte lorsque vous miserez. 

Les pneus encore bons ?

Un pneu à lui seul peut valoir une bonne centaine de dollars, alors si vous allez à l’encan pour économiser autant savoir s’ils sont encore bons. On nous a donné un bon truc, il semble qu’il faille mettre une pièce de 25 cents dans une craque du pneu, si le nez du caribou est encore visible, c’est bon, sinon, il est fini. Vérifiez aussi quel type de pneu c’est par rapport à la saison où vous l’achetez. Nous avons acheté un véhicule avec des pneus d’hiver sans le savoir, au moins nous sommes encore là en hiver et n’avons pas à les changer, mais si nous avions prévu partir plus tôt ça aurait été dommageable pour rien.

Bien vérifier la rouille

Au Québec c’est un ennemi des véhicules, avant de vous lancer à miser pour votre futur moyen de locomotion, il est important de bien vérifier la rouille ! Nous avions vérifié, l’état général du véhicule était relativement correct, mais cela ne nous a pas empêchés d’avoir quelques surprises. 

Savoir ce que vous voudrez en faire et en évaluer le travail.

C’est plus particulier pour acheter un camion, mais lors d’un encan c’est important de savoir ce que vous voudrez en faire. Notre véhicule nous a coûté 1900$ et 20 minutes avant c’était un autobus scolaire qui partait pour 2000 $. Après notre victoire à la mise, c’est 5 véhicules plus tard, un des choix possibles que nous avions pris, qui partait pour 700 $. Il est important de savoir ce que vous allez vouloir. Les deux véhicules que nous n’avons pas auraient pu être intéressants. L’autobus scolaire, un luxe de place irremplaçable, mais le coût pour rouler avec et si jamais une pièce casse, ça devient plus compliquer. C’est pourtant un couple ayant fait le voyage en autobus avec leurs enfants qui nous avait inspirés. La voiture à 700 $ était aussi plus haute que la nôtre, mais elle avait appartenu au service d’entretien de la ville. Le prix d’un toit rehaussé est plus cher que le prix auquel le véhicule est parti. Il était également rempli de rangement en métal, donc un coût de plus valut importante pour une personne qui pourrait avoir le temps et le savoir de tout bien séparé.

Au final, nous ne sommes pas si sûrs d’avoir fait une affaire en passant par un encan, il y a trop de choses auquel nous n’avons pas fait attention. Comme nous sommes maintenant avec l’escargot et que les travaux nous en sommes content et nous allons faire un bout avec, mais on se promet d’être plus vigilant à l’avenir !

Horizon transition, et si on allait voir aut’part, aut’chose?

C’est le premier pas vers le lancement de l’aventure! Bienvenue sur Horizon transition, un site qui va relater un voyage à venir, dans d’autres contrées à la découvertes de manières de faire différentes. Apprendre et partager, deux valeurs que nous souhaitons partager via ce site et les médias que nous utiliserons.

Horizon transition, c’est un projet à deux, un projet nouveau pour nous, un essai hors de ce qui nous est connu; à commencer par le monde des automobiles.

– Voyager, oui, mais loin et puis pour faire découvrir non?
– Voyager longtemps?
– Voyager écolo!
– Avec un peu de confort tout de même, non? Oui, mais comment?
– On pourrait y aller en vélo?
– … Achetons un camion!
– Oui bonne idée!

C’est après un dialogue proche de celui-ci, sur plusieurs mois, que l’idée d’acheter un camion nous est parvenu comme étant un choix qui irait bien avec le genre de projet que nous souhaiterions mener. Le site racontera également l’histoire de ce camion, humblement appeler L’escargot, pour l’emblème de la décroissance et de lenteur que cet animal évoque.

Le but du voyage, les apprentissages, la modification du camion, les bons et les mauvais coups, tout cela sera sur le site; une sorte de journal intime des temps modernes, mais avec une finalité que nous voyons déjà comme but; aller au devant des différentes initiatives menant à la transition et vous les partager. Dans nos expériences ici, à Québec, nous avons déjà pu constater qu’il existe beaucoup de choses, que beaucoup de personnes veulent faire,mais que les initiatives et les gens ne sont pas souvent en relation par manque d’information.